Le 8 décembre 2003 - La dernière vague de notre baromètre mensuel réalisé pour Le Figaro Magazine enregistre une nouvelle chute de confiance de l'opinion à l'égard de Jean-Pierre Raffarin : en lui accordant 29% (-4) de confiance, contre 69% (+5), l'opinion se détourne franchement du Premier ministre. A l'inverse du mois dernier, ce mouvement baissier n'affecte pas ce mois-ci Jacques Chirac : avec 40% de jugements positifs (=), contre 58% (-1), la cote de confiance de Jacques Chirac se stabilise à un niveau proche de celui enregistré le mois dernier, qui correspond néanmoins à son plus bas niveau depuis sa réélection. Outre les ministres, Alain Juppé plus que tout autre subit de plein fouet cette tendance baissière (18%, -6) et atteint son plus bas niveau depuis plus de 10 ans (janvier 1992). Enfin, si le pessimisme de l'opinion semble enrayé, il demeure élevé, plus de 3 Français sur 4 (76%) ayant l'impression que les choses ont tendance à aller plus mal, contre 11%.

Stabilisation de Jacques Chirac à son plus bas niveau depuis sa réélection

La vague de décembre de notre baromètre ne traduit pas d'évolution notable dans l'opinion à l'égard de Jacques Chirac. Avec 40% (=) de jugements positifs, contre 58% (-1), la confiance que lui accordent les Français est stable par rapport au mois dernier. Il s'agit tout de même là de son plus bas niveau depuis sa réélection.

Hormis les sympathisants de gauche (23%), les ouvriers (28%), les 25-34 ans (30%), les 18-24 ans (31%), et les employés (33%) sont les catégories qui accordent la plus faible confiance envers le locataire de l'Elysée.

Glissade de Jean-Pierre Raffarin

En lui accordant 29% (-4) de confiance, contre 69% (+5), l'opinion confirme son dépit à l'égard de Jean-Pierre Raffarin. Elle s'en détourne à un rythme accéléré : depuis le début de l'année, la cote de confiance du Premier ministre a ainsi perdu 29 points, dont près de la moitié (13) depuis la rentrée.

Avec 29% de confiance, Jean-Pierre Raffarin se rapproche des scores atteints par Alain Juppé (27%, octobre 1996), Edith Cresson (26%, décembre 1991), Pierre Mauroy (29%, février 1984) et Raymond Barre (25%, mars 1981) réalisés pour la plupart d'entre eux à la fin de leur parcours à Matignon.

Toutes les catégories se détournent ce mois-ci du Premier ministre. Et plus spectaculairement deux catégories qui lui faisaient traditionnellement office de soutien : les commerçants et chefs d'entreprise (24%, -28 points) et les sympathisants de droite (59%, -12 points), seule catégorie à lui accorder un solde de confiance positif ce mois-ci.

Les ministres à la baisse

Ce mois-ci, mis à part Nicolas Sarkozy (55%, +1), tous les ministres voient leur cote d'avenir diminuer : Jean-Pierre Raffarin (31%, -2), Michèle Alliot-Marie (27%, -3), Luc Ferry (27%, -4) Dominique de Villepin (26%, -5), Dominique Perben (17%, -3). Un mouvement qui affecte également les principales personnalités de la majorité, et plus singulièrement Alain Juppé : avec 18% de popularité, il baisse de 6 points par rapport au mois dernier et atteint un niveau qu'il n'avait pas enregistré depuis janvier 1992.

Le mouvement baissier qui affecte les personnalités de la majorité ne semble pas profiter à l'opposition. Bertrand Delanoë (44%, +1) et Dominique Voynet (26%, +3) mis à part, toutes les personnalités baissent, ou au mieux restent stables. Les plus forts mouvements sont enregistrés par Jean-Pierre Chevènement (16%, -5) et Martine Aubry (29%, -4). Enfin, la récente exposition médiatique de Laurent Fabius - due à la publication de son ouvrage - ne semble pas lui profiter en termes de popularité (34%, -1).

Dégradation de la popularité des partis de la majorité

Avec 31% d'opinions favorables, l'UMP perd ce mois-ci 4 points et atteint le niveau le plus bas depuis sa création en novembre 2002. Son partenaire de l'UDF, avec 36% de jugements positifs (-4), ne parvient pas à engranger les bénéfices de son positionnement politique.

A gauche, la situation est plus contrastée : avec 48% de bonnes opinions (+2), les Verts retrouvent des couleurs - leur meilleur score depuis mai 2002. Quant au PS, avec 46% de jugements positifs, il reste stable par rapport au mois dernier, mais les jugements négatifs régressent de 3 points. Le Parti communiste s'effondre un peu plus (18%, -2) et retrouve son niveau de septembre 1994.

Le Front national reste stable, avec 10% de bonnes opinions.

Stabilisation du pessimisme général à un niveau élevé

De manière générale, un peu plus de 3 Français sur 4 (76%, -1) ont l'impression que les choses ont tendance à aller plus mal, contre 10% (-1). Après une aggravation du pessimisme, on assiste depuis trois mois à une relative stabilité. Au global, il s'agit d'un niveau particulièrement élevé, jamais atteint depuis décembre 1996, mis à part le cas particulier de mai 2002.

Principales catégories qui broient du noir : les ouvriers (88%), les employés (86%), les sympathisants de gauche (82%), les 25-34 ans (82%), les 18-24 ans (80%) et les femmes (80%).

Fortes inquiétudes sur le front du chômage

Comme priorité d'action gouvernementale, la lutte contre le chômage domine fortement (48%, +1) dans l'opinion, devant la lutte contre la violence et la criminalité (23%, +1). Une préoccupation qui progresse auprès de l'ensemble des catégories, et qui reste particulièrement prégnante chez les jeunes (57%, +6), les sympathisants de gauche (54%, =) et les cadres et professions intellectuelles (54%, -4). Dans ce contexte, 87% des personnes interrogées, contre 11%, jugent inefficace l'action du gouvernement en matière de lutte contre le chômage.





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