Le 9 février 2004 -
Jacques Chirac à son plus bas niveau de confiance depuis la dissolution de mai
1997 (39%), la confiance des Français envers Jean-Pierre Raffarin stabilisée,
mais à un faible niveau (33%), fortes inquiétudes sur le front du chômage et du
pouvoir d'achat, un pessimisme qui reste très fort : tels sont les principaux
enseignements de la dernière vague de notre baromètre réalisé pour Le Figaro
Magazine.
Jacques Chirac à son plus bas
niveau depuis mai 1997
Avec 39% (-4) de jugements positifs,
contre 59% (+4), la confiance que les Français accordent à Jacques Chirac pour
résoudre les problèmes qui se posent en France actuellement est à son plus bas
niveau depuis mai 1997, c'est-à-dire la dissolution de l'Assemblée nationale.
C'est parmi les 25-34 ans (34%, -9), les 50-64 ans (39%, -9) et les sympathisants
de gauche (19%, -7) que les baisses sont les plus fortes.
Stabilisation de Jean-Pierre Raffarin
Après la défiance continue de l'opinion
à l'égard de Jean-Pierre Raffarin que l'on observait depuis la fin du printemps
2003, l'opinion stabilise ce mois-ci ses jugements : un tiers des Français
(-1) lui fait confiance, contre 64% (+1) qui ne lui font pas confiance.
Sympathisants de gauche (11%, -4),
ouvriers (18%, -6), employés (23%, -3) et 25-34 ans (26%, -9) sont les catégories
qui marquent la plus forte défiance envers le Premier ministre. Inversement, on
note un renforcement de ses positions auprès des catégories qui lui sont plus
traditionnellement favorables : les plus de 65 ans (48%, +5) et les sympathisants
de droite (64%, +4).
Alain Juppé en baisse avant le
jugement de Nanterre et sa prestation sur TF1
A droite, Nicolas Sarkozy (50%,
-1) devance de loin ses trois principaux challengers : François Bayrou (34%,
-2), Jean-Pierre Raffarin (32%, +1) et Michèle Alliot-Marie (30%, +3). A noter :
la forte baisse de Nicolas Sarkozy parmi les sympathisants de gauche (32%, -8),
qui lui préfèrent désormais le président de l'UDF (34%, +3).
Parmi les fortes hausses ce mois-ci,
signalons celles de Dominique Perben (+4) et de François Fillon (+3), même si
leurs niveaux demeurent modestes (respectivement 20 et 22%). Enfin, notre étude
atteste d'une baisse de la cote d'avenir d'Alain Juppé (22%, -3), mais sa réalisation
est antérieure à sa condamnation par le tribunal de Nanterre et sa prestation
sur TF1. Il faudra donc attendre la prochaine vague pour en savoir plus.
A gauche, Bernard Kouchner (52%,
+2) et Bertrand Delanoë (46%, +5) devancent Jack Lang (43%, -3) et Ségolène Royal
(37%, +1). A noter ce mois-ci un fort regain de popularité du maire de Paris auprès
des sympathisants de gauche (67%, +11) qui le placent désormais devant l'ancien
ministre de la Santé de Lionel Jospin (64%, +8) auprès de cette catégorie.
Regain de la popularité des partis
de gouvernement
Avec 36% d'opinions favorables,
l'UMP gagne ce mois-ci 3 points. Son partenaire de l'UDF, avec 40% de jugements
positifs, en gagne 4. Autre phénomène à relever ce mois-ci : la diminution
du niveau des jugements négatifs, de 2 points chacun. Mais le différentiel d'opinion
reste négatif pour chacune des deux formations (-7 pour l'UDF, -16 pour l'UMP)
A gauche, on assiste à un moindre
regain de popularité : avec 47% de bonnes opinions (+2), les Verts restent
en tête. Quant au PS, avec 46% de jugements positifs (+1), il reste quasiment
stable par rapport au mois dernier. A l'inverse des partis de la majorité, le
solde d'opinion est positif : +2 pour le PS et +3 pour les Verts.
Le PC et le FN voient, quant à eux,
leur cote diminuer de, respectivement, 3 et 2 points.
Fortes inquiétudes sur le front
du chômage et du pouvoir d'achat
Comme priorité d'action gouvernementale,
la lutte contre le chômage domine fortement (47%, +2) dans l'opinion. Elle devance
de loin la lutte contre la violence et la criminalité (19%, -6) - soit le niveau
de préoccupation le plus bas depuis janvier 1999.
Autre fait marquant ce mois-ci :
12% des Français assignent comme priorité d'action au gouvernement le maintien
du pouvoir d'achat. Un niveau modeste, certes, mais en hausse de 5 points par
rapport à la dernière vague et qui atteint un niveau jamais enregistré par notre
baromètre depuis 1989. Les employés (16%), les 25-34 ans (14%), les 35-49 ans
(13%) et les sympathisants de gauche (13%) sont les catégories les plus sensibles
à la question du pouvoir d'achat.
Dans ce contexte, 87% des personnes
interrogées, contre 9%, jugent inefficace l'action du gouvernement en matière
de lutte contre la hausse des prix, soit le niveau le plus haut depuis que Jean-Pierre
Raffarin est entré à Matignon.
Pessimisme très élevé
De manière générale, un peu moins
de 3 Français sur 4 (71%, +1) ont l'impression que les choses ont tendance à aller
plus mal, contre 15% (-1). Principales catégories qui broient du noir : les
ouvriers (82%), les 35-49 ans (78%) et les 18-24 ans (75%, un jugement en hausse
spectaculaire de 15 points par rapport à la dernière vague).
Pour autant, après une aggravation
continue du pessimisme tout au long de l'année 2003, on assiste depuis deux mois
à une légère diminution du niveau des jugements pessimistes depuis deux mois (-5
points par rapport à décembre).
Sylvain LEFORT