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Les
Français face au cambriolage
Le 7 mars
2001 - Dans le cadre
de l'Observatoire de la Sécurité ASSA
ABLOY, la SOFRES a réalisé un
sondage auprès des Français sur leur vécu
et leur perception du phénomène du cambriolage,
en se concentrant particulièrement sur ses conséquences
en terme de sentiment d'insécurité en général.
Ce sondage fait suite à une première enquête
menée en mars 2000 dans le cadre de l'Observatoire,
sur les comportements de protection face à l'insécurité
à domicile.
L'inquiétude
face au risque de cambriolage
Le cambriolage est perçu
par les Français comme un phénomène courant,
et cette perception tend à se répandre dans
l'opinion. Ils sont
en effet 85% à estimer que les cambriolages sont fréquents,
28% les estimant même très fréquents,
contre 14% qui les estiment plutôt rares. Au delà
cette donnée d'ensemble, deux éléments
sont à souligner. Tout d'abord, ce sentiment d'exposition
à un risque véritable, s'il traverse l'ensemble
de la population, est plus marqué encore dans certaines
catégories : il croît avec l'âge (de
76% chez les 18-24 ans à 91% chez les 65 ans et plus)
et est plus prononcé chez ceux qui habitent un logement
individuel et chez ceux qui ont déjà subi un
cambriolage. Mais surtout, la perception de la fréquence
des cambriolages s'est accrue depuis un an, puisqu'au
mois de mars 2000 ils étaient 82% (contre 17%) à
juger les cambriolages fréquents, la proportion
de ceux qui les perçoivent comme " très
fréquents " étant en hausse de 7 points.
La
perception de la fréquence des cambriolages

Cette augmentation significative
reflète la préoccupation croissante des Français à
l'égard de la question de la sécurité sous toutes ses formes,
constatée dans l'ensemble des enquêtes d'opinion. Elle révèle
ainsi que le phénomène du cambriolage participe au sentiment
d'insécurité en France, ce qui signifie que ce sentiment ne
se joue pas seulement dans les lieux public, mais est aussi un enjeu au domicile
des personnes.
Le risque de cambriolage est
en effet générateur d'inquiétude, notamment
parce que les Français n'ont pas de certitudes sur
les comportements à adopter en terme de prévention.
Certes, 57% d'entre eux estiment que les gens savent de
mieux en mieux ce qu'il faut faire pour se protéger
du cambriolage, mais ils sont à l'inverse 42% à
reconnaître ne pas avoir reçu d'information particulière
en la matière - la majorité des 18-34 ans, des
locataires (53%) et des personnes qui s'estiment mal équipées
en matière de serrurerie se déclarant dans ce
cas.
Un sentiment
d'information
sur la prévention
du cambriolage très inégal
(% estimant que
" les gens comme vous ne sont pas mieux informés
qu'auparavant ")

De même, ils ne sont
que 14% à juger leur domicile très bien équipé contre
les infractions (et 47% assez bien), tandis 38% jugent le leur assez ou très
mal équipé (une opinion qu'affichent 45% de ceux qui louent leur
logement). La relative sérénité qu'affiche ici la majorité
doit être relativisée par le fait que les interviewés ont
toujours une réticence à reconnaître une insuffisance en matière
de comportement de prévention.
Or la conjonction d'un phénomène
- le cambriolage - perçu de façon croissante comme fréquent,
et d'un sentiment de ne pas être réellement bien informé sur
la façon de s'en protéger, contribue à nourrir des inquiétudes
bien réelles dans des situations de vie à domicile. Ainsi, une
nette majorité des Français (61% contre 38%) ressentiraient de l'inquiétude
s'ils se trouvaient seuls dans une maison isolée, et cette peur
s'élève à 76% chez les femmes ; et ce sentiment
d'insécurité est fort, puisque plus du quart de la population (27%)
et 42% des femmes ressentiraient même " beaucoup d'inquiétude "
dans une telle situation.
De même, 13% éprouvent
beaucoup d'inquiétude et 44% un peu lorsqu'ils laissent
leur domicile vide le temps d'un week-end ou des vacances
- ceux qui ont déjà vécu l'expérience
du cambriolage et ceux qui s'estiment mal équipés
ressentant plus encore cette appréhension. Enfin,
si 27% des Français avouent de l'inquiétude
à être seuls le soir chez eux, cette crainte
est partagée par 36% des femmes (contre 17% des hommes).
Au total, il est clair que le domicile ne constitue pas forcément
le sanctuaire de sécurité que l'on imagine souvent.
Les inquiétudes à
domicile
Question : Dans chacune
des situations suivantes ressentiriez-vous
beaucoup d'inquiétude,
un peu d'inquiétude ou aucune inquiétude ?

Si le cambriolage est ainsi
bien présent à l'esprit des Français, c'est avant tout parce
qu'il constitue une réalité à laquelle la plupart ont été
confrontés, que ce soit directement ou par l'intermédiaire de leurs
proches. En effet, plus du quart des répondants (26%) déclarent
avoir été victimes d'une (16%) ou plusieurs (10%) tentatives de
cambriolage. Le vécu du cambriolage est même plus fréquent
encore chez les plus âgés (65 ans et plus), dont pratiquement
un tiers (32%) a subi au moins une tentative, et surtout chez les habitants
des grandes villes et en particulier de l'agglomération parisienne, dont
40% ont été confronté à l'effraction de leur domicile.

Parce qu'il participe d'un certain
climat d'inquiétude pour les personnes et les biens,
parce que l'on se sent plutôt fragile face à
lui et parce qu'il est une réalité perçue
et vécue comme relativement fréquente, le cambriolage
est au total un des facteurs qui contribuent à l'insécurisation
de la population dans son ensemble. Or, si son impact est
tel, c'est qu'il fait figure aux yeux des Français,
même pour ceux qui ne l'ont pas vécu, d'agression
traumatisante à plusieurs égards et non de simple
effraction.
Le
cambriolage comme agression traumatisante
"Témoins privilégiés",
les Français qui ont déjà subi un cambriolage attestent en
premier lieu que c'est une expérience qui n'appartient pas au passé
mais est au contraire génératrice d'inquiétude pour l'avenir.
Certes, la plupart d'entre eux ont réagi en améliorant la sécurisation
de leur domicile, essentiellement par la pause d'une nouvelle serrure plus perfectionnée
sur leur porte d'entrée (46%). Notons au passage que l'on retrouve
ici l'importance de la sécurisation de la porte d'entrée relevée
dans la 1ère vague du Baromètre Observatoire de la Sécurité
(mars 2000), puisque 41% des Français ayant subi une tentative d'effraction
de leur domicile déclaraient que les cambrioleurs avaient tenté
prioritairement de s'introduire par la porte d'entrée.
Mais à l'inverse, 29%
des personnes dont le domicile a été cambriolé n'ont apporté
aucune amélioration à sa protection contre les infractions,
essentiellement pour des motifs de méconnaissance des avancées
technologiques en matière de serrurerie.

Cependant, les inquiétudes
suscitées par la violation du domicile persistent.
66% des Français cambriolés (contre 34%) s'avouent
plus soucieux de la protection de leur domicile et de leurs
biens. Plus encore, 55% (contre 44%) se disent plus
inquiets qu'avant pour leur sécurité personnelle
et celle de leurs proches, un sentiment particulièrement
prononcé chez ceux qui habitent dans des maisons individuelles
(60%) et chez ceux qui ont des enfants dans leur foyer
(62%) : le cambriolage porte donc bien au-delà
des biens qu'il touche et contribue à fragiliser personnellement
la victime. Enfin, une majorité (54% contre 45%) ressent
plus d'inquiétude lorsqu'elle quitte son domicile
pour une période prolongée, là encore
de façon plus marquée dans les petites villes
et chez les locataires. Il faut souligner également
qu'ils sont systématiquement un quart environ à
se dire " beaucoup plus " soucieux ou
inquiets qu'auparavant. (cf. graphique page suivante).
Le cambriolage,
facteur d'inquiétude
multiforme chez ceux qui l'ont subi

Les Français dans leur
ensemble, qu'ils aient subi ou non un cambriolage, affichent
une sensibilité plus marquée encore à
la signification et à l'impact qu'un tel évènement
peut avoir pour la victime. Ils sont ainsi unanimes à
estimer que le cambriolage constitue pleinement une agression
pour celui qui le subit (91%) et non une simple infraction
(8%).

Une opinion aussi forte s'explique
par les aspects que les Français retiennent d'un cambriolage, dont la hiérarchie
montre que l'on a généralement une perception incomplète
de ce phénomène car trop centrée sur la dimension matérielle.
La conséquence la plus
traumatisante du cambriolage est de très loin la perte
des objets à valeur sentimentale, par définition
irremplaçables (68%), et à un second rang
les angoisses que cela peut susciter a posteriori (36%),
la crainte de la récidive (35%, et 40% chez
ceux qui ont subi un cambriolage) et le fait de savoir
que des inconnus sont rentrés chez soi (35%). De
façon très significative, les dégats
causés par les intrus (23%) et le vol des objets de
valeur ou de liquidités (16%) arrivent au dernier rang
des traumatismes que peut susciter, dans l'esprit des Français,
la violation de domicile.

Il y a bien là le signe que
le cambriolage est vécu comme une atteinte à la personne et non
seulement aux biens, et que partant, sa prévention est un véritable
enjeu dans la lutte contre l'insécurité et l'inquiétude
qu'elle nourrit.
C'est sans doute à ce
niveau qu'un travail de prise de conscience des solutions possibles reste à
faire. En effet, les Français affichent clairement leur appréhension
envers le cambriolage et ses conséquences. Mais cette conscience du
risque contraste avec un manque de réactivité en matière
d'équipement de leur domicile, et une certaine méconnaissance des
multiples possibilités qu'offre aujourd'hui la serrurerie. Des lacunes
qui sont autant de pistes d'action pour inciter chacun à mieux protéger
sa maison ou son appartement, et ainsi faire reculer le sentiment d'insécurité
à domicile.
Gilles Corman

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