Baromètre des PME et TPE
vague 4



Le 7 juin 2007 - La 4e vague de notre baromètre réalisé pour le Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables auprès de 800 dirigeants de PME (20 à 249 salariés) et TPE (0 à 19 salariés), comporte deux parties distinctes : une partie barométrique comportant des indicateurs précis et détaillés destinés à suivre l’évolution passée et projetée des PME et TPE ; une partie plus conjoncturelle, permettant de saisir l’appréciation des chefs d’entreprise sur des mesures, projets ou situations relevant de l’actualité immédiate ou très proche.

Principal enseignement : cette vague met en évidence une amélioration du moral et de la confiance des dirigeants de TPE et de PME. Cette amélioration, qui s’amorçait en mars, est amplifiée sous l’effet de la nouvelle donne politique française, dont les patrons attendent beaucoup. Elle demande cependant à être confirmée dans les mois à venir.

L’amélioration globale du moral des patrons de TPE et PME se répercute en partie
sur leur optimisme pour l’entreprise

La perception de la situation économique et sociale nationale s’éclaircit. En mai, le regard que portent les chefs d’entreprise sur la situation économique et sociale de la France se fait beaucoup moins pessimiste que lors des vagues précédentes.

L’embellie déjà perceptible en mars chez les dirigeants de PME se confirme et s’amplifie : ils sont désormais 22% à estimer que la situation de la France va en s’améliorant (+7 points depuis mars, +12 depuis novembre 2006), tandis que le nombre de ceux qui pensent qu’elle a tendance à aller plus mal décroît fortement (-20 à 36%). 39% ne voient pas de changements.

L’amélioration est également sensible chez les dirigeants de TPE, qui restent cependant plus critiques : 13% pensent que la situation s’améliore (+5), 53% qu’elle a tendance à aller plus mal (-20).

Comme les questions d’actualité le confirment (voir dernière partie), la nouvelle situation politique consécutive à l’élection présidentielle joue un rôle déterminant dans cette amélioration du moral des chefs d’entreprise, qui fait écho à celle constatée dans la population française dans son ensemble : fin mai, 20% des Français estiment que les choses en France vont en s’améliorant (+11), 59% (-16) qu’elles ont tendance à aller plus mal (Baromètre TNS Sofres / Figaro Magazine de juin 2007).

Une conjoncture perçue comme plus favorable

L’amélioration du moral des chefs d’entreprise les incite à se montrer plus optimistes, tant sur la situation générale de leur secteur d’activité que sur celle de leur entreprise. Les dirigeants de PME restent plus confiants que les dirigeants de TPE, cependant la progression de la confiance est plus sensible chez ces derniers.

Après une forte augmentation des inquiétudes des TPE quant à la situation économique de leur secteur d’activité en janvier, la confiance revient progressivement et est désormais clairement majoritaire (55% se disent optimistes, +5 points depuis mars, +14 depuis janvier). Seules les entreprises sans salariés continuent à faire preuve d’une certaine circonspection (50% se disent optimistes, 50% pessimistes).

La taille de l’entreprise influence en effet fortement la confiance des patrons. Ainsi, ceux qui dirigent une PME, déjà très majoritairement optimistes en mars, voient leur confiance progresser encore (+4 à 69%).

La confiance pour l’avenir de sa propre entreprise se renforce également. Ainsi, l’optimisme au sujet des perspectives à un an de l’entreprise, globalement stable entre novembre et mars, progresse en mai. Il reste particulièrement élevé dans les PME (+4 à 81%), mais l’amélioration est encore surtout sensible dans les TPE (67% se disent désormais optimistes pour les perspectives à un an de leur entreprise, +9).

Cette amélioration des perspectives des TPE s’ancre dans la satisfaction croissante que ces entreprises tirent d’un certain nombre d’indicateurs. Ainsi, 67% (+4) jugent la situation de leur entreprise satisfaisante en ce qui concerne leur carnet de commande ou le volume de leur clientèle, 58% (+4) pour la trésorerie et 54% (+4) la rentabilité.

Comme lors des vagues précédentes, les dirigeants de PME se montrent plus satisfaits encore, principalement de leur carnet de commande (à 81%, soit un retour à un niveau proche de celui de novembre et janvier, après la forte dégradation de cet indicateur en mars). Les jugements sur la situation de leur trésorerie (68%) ou de leur rentabilité (61%) sont quant à eux globalement stables.

Malgré une année écoulée peu dynamique, les perspectives à court terme témoignent d’un regain de confiance – qui reste timide dans les TPE

L’amélioration de leur moral n’empêche pas les chefs d’entreprise de porter un regard peu enthousiaste sur l’année écoulée. Invités à comparer la situation de leur entreprise avec ce qu’elle était à la même période l’année précédente, ils mettent en avant l’absence d’évolution, dans les TPE (à 51%) comme dans les PME (44%). Comme en mars, les TPE qui perçoivent une évolution la voient à la baisse plus qu’à la hausse (26% estiment que leur situation est devenue plutôt moins bonne, 20% plutôt meilleure). Tandis que les PME continuent à distinguer une amélioration (34%, -6 points) plus qu’une dégradation (22%, stable), mais de manière moins marquée que lors de la dernière vague.

L’analyse de la situation de leur entreprise à court terme les incite cependant à plus d’optimiste : le bilan des trois mois écoulés, tout comme les prévisions pour les trois mois à venir, font avant tout la part belle à la stabilité, dans les PME (59% estiment que la situation de leur entreprise est restée stable au cours des trois derniers mois, 61% qu’elle restera stable au cours des trois prochains mois) comme dans les TPE (61% et 63%). Cependant, tout en restant timide, l’embellie amorcée en mars se maintient. Lors de la vague précédente, les PME et plus encore les TPE voyaient leurs prévisions pour le futur proche s’améliorer. Ce mouvement se poursuit en mai dans les TPE (25% prévoient désormais une amélioration, +2), tandis que les prévisions des PME se sont stabilisées (à 30%). Et de fait, le bilan de la période récente écoulée se fait plus positif dans les TPE (19% perçoivent une amélioration, +6, soit désormais autant que ceux qui perçoivent une dégradation), tandis que la progression amorcée en mars se maintient dans les PME (30%, +1, +4 depuis janvier).

Mais c’est la prudence qui continue à dominer, principalement dans les TPE, comme le montrent les prévisions des chefs d’entreprise sur un certain nombre d’indicateurs concrets : dans les TPE, les pronostics s’orientent avant tout vers l’absence d’évolution, tant du chiffre d’affaires (53%) que de la trésorerie (56%). Comme en mars, ceux qui prévoient une évolution l’anticipent plutôt à la hausse (28% contre 15% de baisse pour le chiffre d’affaires, 23% contre 17% pour la trésorerie). Enfin, les projets d’investissement restent limités (24%). Les dirigeants de PME sont plus optimistes en ce qui concerne leur chiffre d’affaires (43% s’attendent à ce qu’il augmente dans les trois mois à venir) et leurs projets d’investissement progressent (57% +6). En revanche ils anticipent une stabilité de leur trésorerie (56%).

Des critères clivants

Comme lors des vagues précédentes, les dirigeants de PME témoignent d’une satisfaction et d’une confiance supérieures à celles des dirigeants de TPE. D’autres critères influencent également le regard porté l’avenir.

L’âge du dirigeant et celui de l’entreprise : tout comme en mars, les dirigeants de moins de 50 ans et ceux d’entreprises créées depuis moins de 10 ans se montrent plus optimistes que la moyenne.

Le secteur d’activité : le secteur des services aux entreprises se montre globalement plus confiant pour l’avenir ; l’hôtellerie - restauration est plutôt négative sur la situation actuelle et le bilan de l’année écoulée, mais anticipe plus que la moyenne une amélioration au cours des trois mois à venir – probablement dans l’attente de la saison touristique à venir ; les entreprises travaillant dans le commerce et la réparation portent un regard plutôt sombre sur le futur, mais aussi sur leur situation actuelle.

Des perspectives pour l’emploi semblent s’ouvrir, principalement dans les PME

La légère embellie au sujet de l’emploi, déjà perceptible en mars, est confirmée lors de cette vague par plusieurs indicateurs.

Tout d’abord, chez les dirigeants de PME qui prévoient une augmentation de leur chiffre d’affaires dans les trois mois à venir, la possibilité de recourir à des recrutement pour faire face à ce surcroît d’activité s’impose progressivement (51% l’envisagent, +19 points depuis janvier).

En outre, en mai 2007 comme lors des vagues précédentes, une large majorité des entreprises avec salariés estime que son effectif salarié sera sans changement au cours des trois mois à venir. Cependant, la progression des anticipations à la hausse amorcée en mars se poursuit dans les PME (+5 à 30% contre 7% qui anticipent une baisse). En revanche, les dirigeants de TPE s’attendent très majoritairement à une stabilité (78%, +2), 14% seulement (-2) prédisant une augmentation.

Les perspectives d’embauches dépendent en effet de la taille de l’entreprise, mais aussi de leur ancienneté (31% des entreprises créées depuis moins de 10 ans prévoient une hausse de leur effectif, 10% seulement de celles de plus de 30 ans).

Enfin, les entreprises sans salariés continuent à déclarer de manière presque unanime qu’elles n’envisagent pas d’embaucher des collaborateurs salariés dans les trois mois qui viennent (94%). Néanmoins, elles sont désormais 5% à envisager cette possibilité, soit une augmentation régulière (+3 points) depuis novembre 2006.

L’amélioration du climat et de la confiance des chefs d’entreprise les incite désormais à porter un jugement plus positif sur l’effet que peuvent avoir les différents facteurs externes testés sur l’emploi – même si la majorité de ces facteurs reste considérée comme peu propice à la création d’emplois, que ce soit par les dirigeants de PME ou de TPE.

Plus encore que lors des vagues précédentes, les patrons de PME et TPE estiment que l’exonération de charges sociales peut avoir un effet positif sur la création d’emploi (56%, +11), alors qu’ils sont toujours unanimes à regretter l’effet néfaste du niveau actuel de ces charges.

Le niveau de la croissance est désormais également considéré comme pouvant favoriser la création d’emploi (46%, +18), même si une importante minorité (31%) continue à penser que l’effet est plus négatif que positif.

Une nouvelle donne politique jugée prometteuse

La situation politique issue de l’élection présidentielle est majoritairement considérée comme positive par les dirigeants de TPE et PME. Elle contribue ainsi fortement à la progression de leur optimisme, venant amplifier une embellie déjà perceptible en mars.

Les chefs d’entreprise estiment en effet largement que la nouvelle situation politique en France aura des conséquences positives pour les entreprises comme la leur, que ce soit les TPE (56%) ou plus encore les PME (65%). 30% environ pensent qu’elle n’aura pas de conséquences, et rares sont ceux qui anticipent des conséquences négatives (1% des PME et 6% des TPE).

Les entreprises sans salariés sont un peu moins convaincues (49% anticipent des conséquences positives), tout comme celles qui travaillent dans l’éducation, la santé et l’action sociale, dont les craintes – bien que très limitées – sont un peu plus prononcées (43% s’attendent à des conséquences positives, 17% à des conséquences négatives).

Concrètement, les dirigeants de TPE et de PME se félicitent de la recomposition gouvernementale et du rattachement des PME au grand Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, qui aura à leurs yeux des conséquences bénéfiques, tant pour la situation de l’emploi en France (aux yeux de 77% d’entre eux), que pour la prise en compte des intérêts des TPE et PME (72%). Les plus enthousiastes étant les entreprises travaillant dans l’hôtellerie et la restauration.

L’exonération de charges sociales des heures supplémentaires :
une mesure plébiscitée

Figurant parmi les mesures phares du nouveau président, l’exonération de charges sociales et la défiscalisation des heures supplémentaires est plébiscitée par les chefs d’entreprises. Cependant, s’ils ne doutent pas que cette mesure aura des conséquences positives pour leur entreprise, les effets en termes d’emploi semblent plus incertains.

Les chefs d’entreprise, quelles que soient leurs caractéristiques, soutiennent unanimement l’exonération de charges sociales et la défiscalisation des heures supplémentaires : 83% approuvent la mesure, dont 56% tout à fait.

Cependant, ils sont partagés sur la question de savoir si cette mesure les incitera à modifier leur comportement actuel : 50% pensent qu’elle les poussera à augmenter le volume d’heures supplémentaires dans leur entreprise (principalement dans les PME : 59%, dans l’industrie : 58% et la construction : 60%), contre 49% pour qui cela ne changera pas leur volume d’heures supplémentaires (64% dans le secteur du service aux entreprises) ; 50% estiment qu’elle les incitera à privilégier le recours aux heures supplémentaires plutôt qu’à de nouvelles embauches, contre 47%.

Il est à noter que la grande majorité de ceux qui envisagent de recourir davantage aux heures supplémentaires en raison de leur détaxation disent que cela se fera probablement au détriment de nouvelles embauches.


Fiche technique : La 4e vague du baromètre a été réalisée du 22 au 29 mai 2007 par téléphone auprès d’un échantillon national de 800 dirigeants de TPE (entreprises de 0 à 19 salariés) et de PME (entreprises de 20 à 249 salariés) représentatif des entreprises de 0 à 249 salariés, selon la méthode des quotas (taille d’entreprise croisée par le secteur d’activité, région). L’échantillon a été raisonné pour disposer d’environ 400 dirigeants de TPE et 400 dirigeants de PME. Lors du traitement informatique des résultats, chaque catégorie a été remise à son poids réel afin d’assurer la représentativité des résultats, au regard des critères de la taille de l’entreprise, du secteur d’activité et du découpage géographique par région.


Plus d'informations :
Emmanuel Rivière / Mathilde Tommy-Martin
Département Stratégies d'Opinion
Tél : 33 (0)1 40 92 45 37 / 44 30
Fax : 33 (0)1 40 92 47 57
Politique&Opinion@tns-sofres.com
Expertise sectorielle

Étude en souscription
Voir aussi
Vague précédente
» Vague 3 (avr 2007)
» Vague 2 (jan 2007)
» Vague 1 (déc 2006)

Archives
» Économie & Finances
» Nos études récentes
» Nos études par cible


Newsletter


© TNS