Le 7 septembre 2002 - Fini, l'été de grâce ! L'euphorie estivale observée le mois dernier dans l'opinion semble dépassée. Certes, la plupart de nos indicateurs retrouvent leurs niveaux pré-estivaux de juin et juillet - et ce de manière flagrante pour ce qui est du pronostic sur le climat général. Dans le même temps, les premiers signes d'inquiétude pointent, que ce soit en matière de lutte contre la hausse des prix ou de pronostic sur les conflits sociaux. Ce mois-ci, de manière symbolique, la lutte contre le chômage devance la lutte contre la violence parmi les domaines d'action gouvernementale que l'opinion juge prioritaires, - et ce pour la première fois depuis décembre 2000. Dans ce contexte, l'indice de confiance de Jacques Chirac - même s'il retrouve son niveau de juillet - affiche un solde négatif, tandis que la cote de confiance de Jean-Pierre Raffarin chute de 9 points. Enfin, aucun parti politique ce mois-ci n'échappe à la défiance de l'opinion. Tels sont les principaux enseignements de la vague de rentrée 2002 de notre baromètre mensuel réalisé pour Le Figaro Magazine.

Pronostic réservé sur le climat général

Le pronostic de l'opinion sur le climat général demeure réservé : 60% des personnes interrogées estiment que le climat se dégrade, contre 17%. Certes, on note ce mois-ci une forte diminution des optimistes (-12 par rapport à la dernière vague) ; mais il retrouve un niveau proche de celui enregistré en juin et juillet (respectivement, 19% et 18%) lors de l'installation du gouvernement Raffarin. Fait notable : l'inquiétude quant à l'évolution de la France et des Français décroît avec l'âge, les jeunes (68%) versant davantage dans le pessimisme que les personnes âgées (50%). Autres catégories qui se montrent particulièrement pessimistes : les employés (75%) et les ouvriers (74%).

A ce pessimisme relatif sur l'évolution du pays s'ajoute une inquiétude manifeste sur le front social : 67% des personnes interrogées pronostiquent qu'il y aura beaucoup de conflits sociaux dans les mois à venir, contre 24%. Certes, ce niveau correspond également à celui enregistré en juin et juillet (respectivement, 65% et 66%). Toujours est-il que le bond observé les années précédentes en cette période de rentrée est le plus important depuis deux ans : + 4 points en septembre 2000, +5 points en septembre 2001, +7 points cette année.

La lutte contre le chômage, de nouveau domaine d'action prioritaire du gouvernement

Autre inquiétude qu'on observe dans notre baromètre : la dégradation de l'opinion à l'égard de l'action du gouvernement dans le domaine économique et social. En matière de chômage, près de trois Français sur quatre (73%) estiment que l'action du gouvernement n'est pas efficace - ils étaient 68% en août, mais 71% en juillet. Le constat est plus frappant en matière de lutte contre la hausse des prix : 84% des personnes interrogées estiment que l'action du gouvernement n'est pas efficace en la matière, pour 76% en août et 67% en juillet. Signe d'une fébrilité qui peut s'expliquer par le débat sur les effets de l'euro sur la hausse des prix à la consommation, tel qu'il a été engagé cet été.

Autre signal d'alarme perceptible dans notre baromètre : pour la première fois depuis décembre 2000, la lutte contre le chômage redevient pour les Français le domaine d'action prioritaire assigné au gouvernement (37%), tout juste devant la lutte contre la violence (36%). Principales catégories qui se montrent le plus affectées : les jeunes (18-24 ans, 51%, 25-34 ans, 41%), les cadres et professions intellectuelles (47%), les professions intermédiaires (44%), les sympathisants de gauche (44%) et les hommes (39%). La remontée du chômage et les incertitudes liées à la conjoncture économique semblent peser particulièrement peser dans l'opinion ce mois-ci.

Fortes baisses de la popularité de Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin

Avec 47% d'opinions positives, contre 51%, Jacques Chirac retrouve certes son niveau de juillet. Mais il perd 7 points en confiance par rapport à la dernière vague. Ses soutiens se recrutent parmi les catégories traditionnellement acquises à la droite : outre les sympathisants de droite (77%), les commerçants et artisans (64%), les personnes âgées (59%) et les femmes (48%). Comme le mesuraient nos précédentes vagues depuis sa réélection le 5 mai dernier, Jacques Chirac n'aura pas bénéficié d'état de grâce dans l'opinion.

Avec 55% d'opinions positives, son Premier ministre Jean-Pierre Raffarin conserve une majorité de Français acquis à son action. Il perd cependant 9 points par rapport à la vague du mois d'août, et sa cote de défiance augmente de 3 points sur la même période. Il obtient là son plus mauvais résultat depuis son entrée dans notre baromètre. L'état de grâce semble s'achever pour le Premier ministre. Parmi les catégories qui lui ont fait défaut ce mois-ci, on relève les ouvriers (45% d'opinions positives, -19), les 50-64 ans (60%, -13) et les plus de 65 ans (60%, -10), les hommes (55%, -10) et les jeunes (42%, -9).

Personnalités politiques : un été meurtrier

Certes, par rapport à la vague du mois d'août - à l'exception de François Hollande, Jack Lang et Jean-Marie Le Pen, -, toutes les personnalités sont à la baisse ce mois-ci. Phénomène plus inquiétant pour la majorité gouvernementale : c'est pour retrouver des niveaux inférieurs à ceux enregistrés avant l'été. Jean-Pierre Raffarin conserve la cote d'avenir la plus élevée (54%), devant Nicolas Sarkozy (42%). Les plus fortes baisses sont enregistrées par François Bayrou (38%) et Jean-Louis Debré (21%), 8 points chacun par rapport à juillet, suivis par Alain Juppé (29%, -5) Jean-Pierre Raffarin (54%, -4), Luc Ferry (25%, -4) et Jean-Marie Le Pen (12%, -4). Seul Michèle Alliot-Marie (32%) et Dominique Perben (13%) voient leurs crédits de popularité respectifs augmenter légèrement par rapport à juillet, +1 point.

A gauche, Bernard Kouchner (50%), Jack Lang (42%) et Ségolène Royal (39%) forment le trio de tête le plus populaire dans l'opinion. Mais le constat n'est guère plus brillant : toutes les personnalités sont à la baisse par rapport à juillet. Seul Martine Aubry (31%, +2), Marie-George Buffet (33%, +2) et Bertrand Delanoë (37%, +1) voient leur capital de sympathie augmenter dans l'opinion.

Enfin, du côté des partis politiques, c'est la première fois que l'ensemble des partis recueillent davantage d'opinions négatives que positives. Symbole de cette évolution : le Parti socialiste. Avec 45% d'opinions positives, contre 46%, il obtient ce mois-ci son plus mauvais résultat depuis mars 1997.

Sylvain LEFORT


Plus d'informations :
Brice Teinturier
Département Politique et Opinion
Tél : 33 (0)1 40 92 47 70
Fax : 33 (0)1 40 92 46 60
Politique&Opinion@tns-sofres.com
Voir aussi...

Politique & Opinion

 


Nom expéditeur :

Email expéditeur :

Nom destinataire :

Email destinataire :


Newsletter



Toutes les enquêtes sur le thème :


Les 10 dernières enquêtes


L'ensemble des analyses et des résultats par thème
et par cible






L'Evolution de la cote de popularité de :

  Jacques
CHIRAC

(Depuis juin 1995)
  Jean-Pierre
RAFFARIN

(Depuis juin 2002)
Personnalités
Politiques

(Depuis 1981)
Partis
Politiques

(Depuis 1974)



© TNS