Le 7 octobre
2004 - Notre étude
réalisée pour l'Association des Maires
des Grandes villes de France (AMGVF) permet de
dresser un état des lieux des rapports qu'entretiennent
les Français à la ville et à l'urbain,
qu'ils vivent ou non en ville. Principal enseignement :
les Français sont aujourd'hui globalement satisfaits
de leur ville ou commune (88%), mais également
pessimistes quant à l'avenir des grandes villes,
plus d'un Français sur 2 (53%) estimant qu'on y
vivra moins bien dans 10 ans.
Les Français sont satisfaits
de leurs villes,
avec des variations selon les degrés d'urbanité.
88% des Français
se déclarent satisfaits de la commune où
ils vivent (50% se disent même " très
satisfaits "), contre 12% qui se déclarent
peu ou pas du tout satisfaits. La satisfaction croît
avec l'âge (plus on est âgé, plus on
est satisfait), avec la catégorie sociale (les
foyers cadres sont nettement plus satisfaits que les foyers
ouvriers), et avec l'ancienneté de résidence.
Elle est
également très fortement liée au
degré d'urbanité de son environnement. Ainsi,
les plus satisfaits des Français sont les habitants
des zones rurales sous influence urbaine (58% de " très
satisfaits ", alors que ce n'est le cas que
de 46% des habitants de pôles urbains), comme si
le compromis géographique " vivre à
la campagne, mais à proximité d'une ville "
constituait le summum de la qualité de vie. Les
moins satisfaits de tous sont les habitants de l'agglomération
parisienne (44% seulement de " très satisfaits ").
Un attachement
fort, qui freine la mobilité
De même,
l'attachement est fonction de l'urbanité. En moyenne,
62% des Français déclarent que, s'ils avaient
le choix, ils ne souhaiteraient pas quitter leur commune
de résidence actuelle, contre 36% qui le feraient
au contraire. Mais le désir de partir est d'autant
plus fort que l'on vit dans une agglomération de
taille importante, jusqu'à atteindre une personne
sur deux dans l'agglomération parisienne.
De fait,
les chiffres montrent que la mobilité est relativement
faible : les Français sont en moyenne installés
dans leur commune depuis une vingtaine d'années,
chiffre qui croît de façon spectaculaire
avec l'âge : l'ancienneté de résidence
moyenne des plus de 65 ans est en effet de 37 ans.
Les Français
vivent en ville, mais fantasment sur la campagne
S'ils avaient
le choix entre ville et campagne, les Français
se divisent en trois groupes : un tiers choisirait en
premier lieu la campagne (32% des réponses), un
tiers la proximité des villes, en périurbain
ou en zone rurbaine (32%), et le troisième tiers,
la ville (35%). C'est pourtant dans les villes qu'ils
vivent massivement (49% des réponses dans notre
étude).
Les plus
urbains de nos urbains sont les habitants de l'agglomération
parisienne, les plus nombreux à dire que s'ils
avaient le choix, ils vivraient " au centre
ville " : 27%, pour une moyenne de 13%). et
les plus heureux sont les habitants des zones rurales,
qui choisiraient à 57% d'habiter à la campagne
!
La ville est avant tout un espace
économique et d'emploi,
avant d'être une ressource pour les loisirs
Quand on
leur demande " ce qu'est une ville à
leurs yeux ", la première réponse
des Français est " un endroit où
on travaille " (42%), suivi à égalité
d'un " endroit où on peut se distraire
et d'un " endroit où on fait ses courses
facilement " (36%). Ce sont donc bien les fonctions
économiques de la vile, appréhendées
du point de vue de son usager, qui émergent en
premier lieu. Ce n'est que dans un deuxième temps
qu'apparaissent les aspects humains et culturels : la
ville est " un endroit où on se rencontre "
pour 23%, et un " endroit où on se cultive "
pour 21%, ainsi que les aspects administratifs (22%).
Cette représentation
de la ville varie notamment en fonction de l'âge.
Ainsi, les plus jeunes et plus âgés sont
plus nombreux à mettre l'accent sur la dimension
humaine de la ville, et les moins de 50 ans plus nombreux
à mentionner son aspect " loisirs ".
Elle varie
également en fonction de la proximité que
l'on peut avoir avec un pôle urbain : ainsi, dans
les zones rurales, la ville apparaît avant tout
comme un centre administratif, et dans le rural sous influence
urbaine, comme un vaste centre commercial.
A noter que
les usages qui sont faits des villes corroborent ces représentations,
l'espace urbain étant avant tout un espace de travail
et de scolarité pour ses usagers. Et l'offre spécifique
de services urbains (culture, spectacles, restaurant.)
attirent finalement beaucoup plus les urbains eux-mêmes
que les rurbains ou les ruraux.
Les Français
sont pessimistes sur l'avenir des villes
Une majorité
de Français (53%) estiment dans une dizaine d'années,
les gens vivront plutôt moins bien qu'aujourd'hui
dans les villes ; ils sont 27% à penser que la
vie y sera plutôt meilleure, 13% qu'il n'y aura
pas de changement. Le pronostic est d'autant plus pessimiste
que l'on est âgé, que l'on appartient aux
catégories populaires, que l'on est peu diplômé.
Mais les principaux concernés, les habitants des
pôles urbains, sont aussi les plus optimistes (32%,
soit 5 points de plus que la moyenne).
Les attentes
sont d'abord environnementales et de qualité de
vie
Les deux
enjeux prioritaires, pour les villes de demain, seront
selon les Français la circulation et la sécurité.
Leurs quatre premières réponses à
cette question sont en effet " réduire
la circulation automobile " (58% de citations),
" assurer une meilleure sécurité "
(44%), " développer les transports en
commun " (43%) et " développer
les espaces verts " (37%).
La réduction
de la circulation automobile est la première réponse
quel que soit le degré d'urbanité de sa
commune, sauf pour les habitants de l'agglomération
parisienne, qui citent en premier lieu le développement
des transports en commun.
De fait,
autant la ville est identifiée et définie
dans les représentations, par ses fonctions économiques,
autant ce qui se dessine dans les attentes (donc en creux
comme des manques de l'espace urbain), relève de
la qualité de vie et de la convivialité.
Ainsi, les Français estiment que le critère
déterminant dans le choix d'une ville, ce qui fait
qu'on a envie d'y vivre, c'est avant tout " la
qualité de vie dans les différents
quartiers " (46%), et " les relations
entre les gens " (40%).
Deux éléments
méritent d'être également soulignés
dans la hiérarchie des critères, parce qu'ils
sont fortement relativisés : d'une part, " le
dynamisme économique " n'arrive qu'en
7ème et avant-dernière position, avec 22%
de citations, et " les relations entre l'équipe
municipale et les gens " en dernière
position, avec 16% de citations.
Enfin, l'environnement
et de la convivialité constituent également
des thèmes fédérateurs pour l'investissement
citoyen. Ainsi, le premier type de projet dans lequel
les Français auraient envie de s'impliquer au niveau
communal, ce sont " des actions de protection
de l'environnement " (29% de citations), suivi
de " l'organisation de rencontres entre voisins "
(28%). Viennent ensuite " des actions d'aide
à l'insertion sociale " (23%), " la
création d'une association ", et l'organisation
d'une fête et d'un festival " (18%).
Plus on est
dans un environnement urbain, et plus on a envie de s'investir
dans une action liée à l'environnement ;
quant aux habitants des communes périurbaines et
rurales, ils ont plus qu'en moyenne envie de s'impliquer
dans l'organisation de fêtes et festivals, et dans
des actions d'insertion sociale.