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Le 10 décembre
2002 - Confiance
en baisse pour Jacques
Chirac (47%, -2) et Jean-Pierre
Raffarin (53%, -3), tel est le principal enseignement
de la vague de notre baromètre mensuel réalisé
pour Le Figaro-Magazine sept mois après
la réélection de l'un, et l'entrée
en fonction de l'autre. Parmi les personnalités
de droite que les Français souhaiteraient voir
jouer un rôle plus important dans les mois à
venir, Jean-Pierre
Raffarin et
Nicolas Sarkozy dominent largement. On peut cependant
relever la percée d'Alain
Juppé dont la cote d'avenir est à
son plus haut niveau depuis mars 1997. Avec 40% de jugements
positifs, l'UMP fait une entrée remarquée
dans notre baromètre, tandis qu'avec 43% d'opinions
favorables, le Parti
socialiste obtient son plus bas niveau depuis
février 1995. Enfin, l'attente de la lutte contre
la violence et la criminalité demeure le domaine
d'action prioritaire du gouvernement aux yeux des Français
(39%, -5), la lutte contre le chômage progressant
fortement ce mois-ci (36%, +3).
Baisse
concomitante de la confiance envers Jacques Chirac et
Jean-Pierre Raffarin
Les cotes
de confiance de Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin
baissent ce mois-ci. Avec 47% d'opinions positives (-2),
la cote de confiance du Président de la République
retrouve son plus bas niveau depuis sa réélection
le 5 mai dernier, à égalité avec
ceux de juillet et septembre. Quant à celle de
son Premier ministre, avec 53% de jugements positifs (-3)
et 40% de jugements négatifs (+3), elle atteint
également son plus bas niveau depuis son accession
à Matignon. Trois catégories font principalement
défaut à l'exécutif : les 18-24
ans, les 35-49 ans et les employés. Quant aux ouvriers,
ils font davantage confiance à Jean-Pierre Raffarin
(48%) qu'à Jacques Chirac (39%).
Pas d'état
de grâce pour Jacques Chirac
Comme l'ont
montré les précédentes vagues de
notre baromètre, Jacques Chirac, depuis sa réélection,
n'a pas connu d'état de grâce dans l'opinion.
En moyenne, sur les sept derniers mois, (cf
tableau) sa cote de confiance s'élève
à 49%, avec un pic à 54% en août et
un creux à 47% en juillet, septembre et ce mois-ci.
Le niveau moyen de confiance est très proche de
celui observé sur les sept premiers mois de 1995
: 50,5%. Mais Jacques Chirac avait alors bénéficié
d'un état de grâce - avec un point haut à
64% en juin - ce qui n'est pas le cas cette année.
Au total, sur les sept premiers mois de son deuxième
mandat, Jacques Chirac n'a donc pas suscité d'état
de grâce dans l'opinion, mais il n'a pas non plus
connu de chute brutale de confiance comme en 1995. Sa
situation n'en demeure pas moins singulière :
le niveau de confiance moyen qu'il recueille sept mois
après son élection en 1995 ou sa réélection
en 2002 est très éloigné de ceux
qu'a connus François Mitterrand en 1981 (65%) et
en 1988 (61%).
Situation
inédite pour le couple exécutif
Avec une
confiance moyenne de 57% sur les sept premiers mois depuis
son entrée à Matignon, le Premier ministre
Jean-Pierre Raffarin n'obtient pas le même niveau
que Jacques Chirac. Il devance de 8 points Jacques Chirac
en confiance moyenne. Jamais l'écart entre les
deux têtes de l'exécutif n'avait été
aussi manifeste (cf tableau).
On peut également noter que sept mois après
sa prise de fonction, Jean-Pierre Raffarin se situe dans
une position intermédiaire. Si l'on compare (cf
tableau) sa cote de confiance moyenne à
celle de ses prédécesseurs à équidistance
de leur nomination après une élection présidentielle
il devance largement Alain Juppé, fait quasiment
jeu égal avec Michel Rocard, reste devancé
par Pierre Mauroy.
Confiance
moyenne comparée des Présidents de la République
et des Premiers ministres 7
mois après l'élection présidentielle
| Moyenne
7 premiers mois (juin-décembre)
|
PRESIDENT
|
PREMIER
MINISTRE |
|
2002
|
49%
|
57%
|
|
1995
|
50,5%
|
47,5%
|
|
1988
|
61%
|
62%
|
|
1981
|
65%
|
67%
|
Jacques Chirac
et Jean-Pierre Raffarin inaugurent une situation inédite :
leurs cotes de confiance respectives ne semblent plus
corrélées l'une à l'autre. Il est
vrai que la situation paradoxale de Jacques Chirac - à
la fois Président le mieux élu sous la Vème
République et seul Président à ne
pas avoir connu d'état de grâce - explique
en partie ce cas de figure.
Timide
retour en grâce d'Alain Juppé dans l'opinion
Parmi les
personnalités politiques que les Français
souhaitent voir jouer un rôle important au cours
des mois à venir, Jean-Pierre Raffarin reste en
tête des personnalités
de droite (53%), mais perd 5 points. Avec lui,
Nicolas Sarkozy domine le paysage de la majorité
(50%, -3), loin devant Philippe Douste-Blazy (35%), François
Bayrou (34%), Michèle Alliot-Marie (32%) et Luc
Ferry (30%). Avec 35% de jugements positifs, le nouveau
président de l'UMP Alain Juppé réalise
son meilleur score depuis mars 1997. Avec 51% d'opinions
favorables parmi les sympathisants de droite, il figure
au 3ème rang derrière le Premier ministre
(81%) et son ministre de l'Intérieur (72%). Il
faut cependant noter que notre étude a été
réalisée avant l'élection législative
partielle des Yvelines du 8 décembre. Enfin, on
peut noter les fortes progressions d'Alain Madelin (26%,
+5) et de Jean-Claude Gaudin (17%, +3).
A
gauche, Bernard Kouchner (56%, +1) confirme son
avance sur Bertrand Delanoë (47%, -1) et Jack Lang
(42%, -2). Dans une fourchette comprise entre 38% et 31%
de jugements positifs, on trouve la plupart des tenors
de gauche - dans un ordre décroissant, Ségolène
Royal, Dominique Strauss-Kahn, Elisabeth Guigou, Laurent
Fabius, Martine Aubry, François Hollande et Marie-George
Buffet qui effectue une progression de 5 points. Ferment
la marche les trois partenaires de l'ex-Gauche plurielle :
Dominique Voynet (22%), Jean-Pierre Chevènement
(18%) et Robert Hue (15%).
A priori
favorable de l'opinion à l'égard de l'UMP
Avec 40%
de jugements positifs, contre 44%, l'UMP fait une entrée
remarquée dans notre baromètre. Elle devance
légèrement son partenaire de l'UDF (38%
de jugements positifs). A l'inverse, tout en demeurant
mieux perçus que les partis de la majorité,
le PS et les Verts obtiennent ce mois-ci de mauvais scores :
41% de jugements positifs pour les Verts, un niveau jamais
atteint depuis avril 1997 ; 43% de jugements positifs
pour le PS, soit son plus bas niveau depuis février
1995. Le PC et le FN stagnent au même niveau que
le mois dernier (respectivement 22% et 10% de jugements
positifs).
Nouvelle
détérioration du climat social
Quant au
climat général, il ne suscite guère
l'euphorie de l'opinion, et celle-ci s'installe durablement
dans le pessimisme. Seulement 15% des personnes interrogées
anticipent une amélioration du climat général
(-2 par rapport à novembre), et 64% (stable) une
détérioration. Les commerçants et
artisans (79%), les employés (76%), les ouvriers
(73%), les 25-34 ans (73%) et dans une moindre mesure,
les femmes (68%) sont les catégories qui broient
le plus de noir. A ce pessimisme sur l'évolution
du pays s'ajoute une détérioration continue
de l'opinion à l'égard du climat social :
on assiste ce mois-ci à la quatrième hausse
consécutive du pronostic de la détérioration
du climat social, 74% (+2) des personnes interrogées
estimant qu'il y aura davantage de conflits sociaux dans
les mois à venir, contre 20%. C'est le plus haut
niveau enregistré cette année, après
février (82%), période marquée par
le conflit dans la gendarmerie. Menaces de grèves
de routiers, journée d'action du service public,
autant d'éléments de nature conjoncturelle
qui ont pu peser ce mois-ci sur le jugement des personnes
interrogées pendant la période de réalisation
de cette étude. Dans ce contexte, c'est dans le
domaine social que la demande des Français à
l'égard du gouvernement se fait plus forte ce mois-ci :
lutte contre le chômage (36%, +3), lutte contre
la hausse des prix (9%, +1) et maintien du pouvoir d'achat
(7%, +2) - même si la lutte contre la violence et
la criminalité demeure à leurs yeux la priorité
numéro un (39%, -5).
Sylvain LEFORT
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