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Les
Français et les retraites
Le 8 juin
2001 - L'enquête réalisée par la Sofres
pour Notre Temps montre que les retraites constituent
un réel sujet d'inquiétude pour les Français,
et que ces derniers n'accordent qu'une confiance limitée
au gouvernement de Lionel Jospin pour prendre les mesures
nécessaires pour leur avenir. Si l'opinion se montre
aujourd'hui largement favorable à l'alignement de la
durée de cotisation des fonctionnaires sur celle des
salariés du privé, il faut noter en revanche
que les Français ne sont prêts à consentir,
à titre personnel, qu'à des efforts limités,
même s'ils ne rejettent pas en bloc l'idée d'une
augmentation de la durée des années de cotisations.
Une inquiétude
considérable.
89% des personnes
interrogées se déclarent aujourd'hui très
inquiètes au sujet de l'avenir des retraites (dont
45% "très inquiètes "). Cette
forte inquiétude concerne l'ensemble des catégories
de la population et se révèle plus forte encore
chez les indépendants, les chômeurs et les sympathisants
du PC (respectivement 57%, 51% et 59% de " très
inquiets "). Le niveau d'inquiétude est identique
chez les salariés du secteur public et du privé.
. mais des
efforts personnels limités
Pourtant, les
Français ne semblent pas personnellement prêts,
à titre personnel, à fournir des efforts considérables
pour remédier au problème des retraites. Certes,
76% se déclarent prêts à renoncer à
un jour férié par an (contre 22%). Mais 66%
d'entre eux (contre 31%) se montrent opposés à
l'idée de travailler deux ans de plus et de voir ainsi
leur durée de cotisation allongée. Une faible
majorité (58% contre 39%) semble disposée, en
revanche, à travailler un an de plus.
L'acceptation
de l'allongement de la durée de cotisation se révèle
plus forte chez les indépendants et les cadres supérieurs,
et chez les sympathisants de droite (40% favorables à
l'idée de travailler 2 ans de plus pour 26% à
gauche). A l'opposé, plus surprenant, les jeunes s'y
montrent encore moins favorables que leurs aînés.
Enfin, on ne note pas de différence, sur ce point,
entre les salariés du public et du privé.
En revanche,
une adhésion à l'allongement de la durée
de cotisation des salariés du public
Les Français
se montrent en revanche favorables à un alignement
de la durée de cotisation des fonctionnaires sur celle
des salariés du privé (respectivement 37,5 et
40 années de cotisation aujourd'hui). En dépit
d'une légère baisse par rapport à l'an
dernier, 72% des personnes interrogées adhérent
à cette idée, contre 27%.
Si les salariés
du privé eux-mêmes s'y montrent largement favorables,
les salariés du privé - directement concernés
- sont plus partagés (49% contre 51%), et leur adhésion
s'est sensiblement dégradée depuis un an (-
11 points). En cela, leurs jugements sont cohérents
avec le refus massif d'un allongement de la durée du
travail de deux ans (72%).
Les difficultés
du gouvernement
Dans ce contexte,
on comprend mieux les hésitations du gouvernement (indépendamment
des scénarios de croissance et de chômage qui
conditionnent largement l'équilibre financier des retraites)
à prendre des mesures douloureuses. Certes, les sympathisants
de gauche (65%) lui accordent leur confiance pour prendre
les mesures nécessaires (contre 21% de ceux de droite),
mais on voit bien la difficulté de l'exercice lorsque
l'on constate par ailleurs que ces derniers, comme les salariés
du public, catégories traditionnelles de soutiens du
gouvernement et électeurs de gauche potentiels, se
montrent les plus réticents à l'égard
des mesures d'allongement de la durée des cotisations.
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