Le rôle des cafetiers
dans la prévention de l'alcool au volant


Le 8 octobre 2003 - Notre étude réalisée pour Kronenbourg confirme la prise de conscience accrue, dans l'opinion publique, des risques liés à l'alcool en situation de conduite : 68% des Français se déclarent davantage vigilants et sensibles qu'auparavant aux risques liés à l'alcool au volant, contre 25% qui ne s'estiment pas plus conscients du problème. Elle montre que la fréquentation des bars, cafés et bistrots est une pratique répandue chez les Français : plus d'un sur 10 (13%) s'y rend plusieurs fois par semaine, auxquels il faut ajouter 16% qui y vont plusieurs fois dans le mois et 34% plus épisodiquement. Seuls 37% des répondants déclarent ne jamais aller dans un bar.

La fréquentation des bars, une pratique répandue

La fréquentation des bars, cafés et bistrots est une pratique répandue chez les Français : plus d'un sur 10 (13%) s'y rend plusieurs fois par semaine (dont 4% quasi quotidiennement), auxquels il faut ajouter 16% qui y vont plusieurs fois dans le mois et 34% plus épisodiquement. Seuls 37% des répondants déclarent ne jamais aller dans un bar.

La fréquentation des bars est avant tout le fait des hommes (71% s'y rendent au moins de temps en temps), des jeunes (91% chez les 18-24 ans, dont 32% plusieurs fois par semaine), des cadres (89%) et des professions intermédiaires (78%) - mais la part de ceux qui s'y rendent fréquemment est plus élevée dans les catégories populaires - et des actifs.

Des disparités régionales caractérisent également cette pratique : on fréquente les bars davantage en région parisienne (72%) qu'en province (61%), mais aussi dans le Sud-Ouest (65%), le Sud-Est (66%) ou l'Est (62%) bien plus que dans l'Ouest (57%) ou le Nord (51%).

Par delà ces différences, boire un verre dans un lieu public reste une pratique largement répandue dans toutes les couches de la population, seuls les inactifs et retraités déclarant en majorité ne pas s'y adonner (54% contre 46%). Les bars, cafés et bistrots constituent donc un lieu incontournable dans le rapport des Français à la consommation de boissons et d'alcool en particuliers.

Une grande variété de boissons est consommée dans les bars, bistrots et cafés. Les boissons non alcoolisées sont les plus répandues : 72% des consommateurs boivent du café ou du thé, 53% des colas, sodas ou jus de fruits. Cependant, la majorité des clients (58%) consomme de l'alcool, seuls 42% d'entre eux déclarant ne commander que des boissons non alcoolisées.

La bière, première boisson alcoolisée consommée dans les débits de boissons

La bière, que boivent 40% des Français fréquentant les bars, bistrots et cafés, arrive largement en tête des boissons alcoolisées qui y sont consommées, loin devant les alcools forts comme le whisky, la vodka ou le gin (13%) et le vin ou le champagne (10%).

La bière est particulièrement appréciée par les hommes (55% en consomment), mais n'est pas ignorée par les femmes, dont plus d'une sur cinq (21%) aime à boire un " demi ". Plébiscitée par les jeunes (46%), elle reste aussi appréciée de plus d'un tiers des clients de bar plus âgés. Si les consommateurs issus des catégories moyennes et supérieures se montrent également très amateurs de bière, il est à souligner que celle-ci remporte plus de succès encore chez les clients les plus assidus des bars et bistrots (50% en commandent), mais aussi chez ceux qui conduisent fréquemment un véhicule (43%). Notons par ailleurs que les amateurs de bière les plus affirmés ont également une tendance plus prononcée à consommer parfois d'autres boissons alcoolisées. Enfin, l'appétence pour la bière dans les bars est relativement uniforme selon les régions françaises, à l'exception du Sud-Ouest, où les consommateurs l'apprécient particulièrement (53%), tandis que la consommation en bar est plus modérée dans le Centre (34%) et l'Est (35%).

La bière constitue donc par excellence la boisson que l'on commande dans un bar. A ce titre, et aussi parce qu'elle peut être, comme on l'a vu, associée à d'autres pratiques (consommation d'alcools forts, conduite), elle constitue un vecteur privilégié de communication dans les bars, bistrots et cafés, concernant les risques liés à l'abus d'alcool.

Une sensibilité accrue au problème de l'alcool au volant

S'ils prennent en majorité plaisir à fréquenter les bars, bistrots et cafés, et à y consommer des boissons alcoolisées, les Français n'en font pas moins preuve, après un an de prévention et de répression accrues sur ce thème, d'une plus grande sensibilité au danger de l'alcool en situation de conduite.

Le renforcement de la prévention et de la répression de l'alcool au volant semble en effet avoir eu un fort impact dans l'esprit des Français, comme en atteste par ailleurs la baisse de la mortalité routière : 68% d'entre eux se déclarent davantage vigilants et sensibles qu'auparavant aux risques liés à l'alcool au volant (dont 48% " beaucoup plus ", soit un score très élevé sur la modalité de réponse la plus forte), contre 25% qui ne s'estiment pas plus conscients du problème (notamment parce qu'estimant qu'ils l'étaient déjà).

Une année d'action dans ce domaine a donc permis de sensibiliser plus de deux tiers des Français, touchant une majorité d'entre eux dans l'ensemble des catégories sociales et des régions. Mais cet impact n'est pas seulement large, il est également ciblé. En effet la proportion de répondants disant être davantage conscients et attentifs à ce problème est particulièrement élevée dans les catégories potentiellement les plus concernées : les 18-24 ans (75%), les clients fréquents des bars, bistrots et cafés (75%, dont 50% se disent beaucoup plus sensibles et vigilants), ceux qui consomment de la bière (76%) et des alcools forts (78%).

Un tiers de ceux qui se disent davantage conscients des risques liés à l'alcool au volant déclare ne plus conduire après avoir bu de l'alcool

L'accroissement de la sensibilité et de la vigilance d'une majorité des Français se traduit par un certain nombred'évolutions dans leur rapport à l'alcool et à la conduite.

Ainsi, un tiers (33%) de ceux qui se disent davantage conscients des risques liés à l'alcool au volant déclare ne plus conduire après avoir bu de l'alcool alors que cela pouvait leur arriver auparavant. Cette dissociation de la consommation d'alcool et de la conduite, qui vient en tête des modifications de comportements déclarées, est particulièrement importante chez les hommes (45%), les 25-49 ans, les cadres, les employés, et plus encore chez les clients de bar les plus assidus (49%), les consommateurs de bière (48%) et d'alcools forts (57%). Notons également que 39% des personnes sensibilisées et conduisant tous les jours ou presque déclarent ne plus prendre le volant après avoir bu.

Une tempérance accrue à l'égard de l'alcool

La tempérance en matière de consommation d'alcool apparaît comme la seconde grande modification de comportement de ceux qu'ont touchés la prévention et la répression de l'alcool au volant. En effet, 21% optent désormais pour une boisson non alcoolisée là où ils auraient auparavant commandé un alcool (un comportement de substitution que revendiquent 36% des répondants âgés de 18 à 24 ans, 35% de ceux qui fréquentent régulièrement les bars, 24% des consommateurs de bière et 28% des consommateurs d'alcools forts), et 21% disant avoir réduit leur consommation d'alcoold'une façon générale.

Enfin, le choix alternatif de boissons à degré d'alcool moins élevé est revendiqué par 6% des personnes davantage sensibilisées aux risques de l'alcool au volant, mais il atteint 22% chez les consommateurs de vin ou de champagne, et 9% chez ceux les amateurs d'alcools forts.

A l'inverse, la vigilance accrue ne semble pas à même de détourner les Français des cafés et bistrots, seuls 3% déclarant moins les fréquenter. C'est donc globalement vers des comportements raisonnés que l'on a évolué, plus que dans le sens d'une restriction radicale.

Des réactions différenciées d'un point de vue régional

Notons enfin que les réactions sont différenciées d'un point de vue régional. Ainsi, la dissociation de la consommation d'alcool et de la conduite est particulièrement marquée chez les habitants du Sud-Ouest et du Centre (respectivement 40% et 38% contre 33% en moyenne nationale). Dans l'Est, c'est la substitution de boissons non alcoolisées à l'alcool qui prédomine (30%, contre 21% nationalement) tandis que les habitants de l'Ouest de la France déclarent de façon plus prononcée avoir réduit leur consommation d'alcool (29% contre 21%).

Au total, les Français apparaissent nettement plus mobilisés que par le passé pour lutter contre les dangers liés à l'alcool en situation de conduite - et cette mobilisation dépasse le politiquement correct pour toucher aux comportements. Le discours préventif en matière d'alcool au volant devient socialement légitime et davantage susceptible d'efficacité.

Un accueil très favorable aux nouveaux outils et aux nouveaux acteurs de la prévention

Davantage sensibilisés aux risques liés à l'alcool et à la conduite, mais toujours amateurs des bars et bistrots, les Français portent un regard très positif sur les innovations en matière de prévention dans ce domaine.

En premier lieu, ils apparaissent ouverts à l'intervention de nouveaux acteurs. Les cafetiers seraient ainsi très fortement légitimés à jouer un rôle de prévention en incitant leurs clients à moins consommer s'ils doivent conduire ensuite : 73% sont favorables à une telle perspective (dont 49% très favorables), contre 24% pas favorables. Les femmes (78%) et les plus âgés se montrent les plus favorables, et si les clients les plus assidus des bars et les consommateurs d'alcools apparaissent moins enthousiastes, ils n'en portent pas moins un jugement majoritairement positif sur cette évolution (65% contre 34% chez les clients quasi quotidiens des bars, 69% contre 29% chez les buveurs de bière). Il est également à noter que les conducteurs fréquents affichent aussi une opinion très favorable à une telle action de la part des cafetiers (72% favorables, contre 26%).

De plus, ce rôle nouveau pour les cafetiers serait bien accepté sur l'ensemble du territoire : environ 70% y sont favorables quelle que soit la région considérée, les habitants de l'Ouest (79%), du Sud-Ouest (75%) et du Nord (74%) se montrant plus ouverts encore.

Ainsi, ceux qui vendent et servent des boissons alcoolisées sont légitimés, aux yeux du public, à jouer dans le même temps un rôle modérateur en la matière.

De façon plus inattendue au vu de la nouveauté et de l'apparence paradoxale de la démarche, il en va de même, pour pratiquement un Français sur deux, de ceux qui fabriquent la bière : 44% jugent qu'un fabricant de bière qui proposerait des outils de prévention dans les cafés et bistrots ferait preuve d'une attitude d'entreprise responsable, contre 49% qui y voient une démarche hypocrite. Plus encore, certaines catégories portent en majorité ou en quasi majorité un regard positif sur une telle action : les couches moyennes et supérieures (professions intermédiaires, cadres, commerçants et chefs d'entreprise), les habitants du Sud-Ouest , du Nord et de l'Est, mais aussi ceux qui vont le plus fréquemment au bar, et surtout les consommateurs de bière (48% contre 47%).

Un accueil très favorable envers les nouveaux outils de prévention

Le principe de l'autoévaluation est plébiscité : 89% jugeraient utile (dont 64% très utile) la mise à disposition d'éthylotests dans les bars (contre 10% estimant que ce serait inutile), et 86% (contre 12%) portent le même jugement sur la distribution aux clients de réglettes cartonnées d'évaluation de leur taux d'alcoolémie en fonction de leur consommation. Les provinciaux - et en particulier les habitants du Nord, du Sud-Ouest et du Centre - se montrent plus favorables encore à ces innovations.

Dans une moindre mesure, mais à une large majorité, la proposition par le cafetier de bière à taux d'alcool réduit ou sans alcool est perçue comme utile par 68% des Français (contre 30%) - et les buveurs de bière eux-mêmes en soulignent l'apport potentiel (58% contre 41%). Cette perception, là encore plus répandue en Province (71%) qu'en région parisienne (59%), est particulièrement marquée dans l'Ouest (78%) et le Centre (76%, dont 40% de " très utile ").

De même, deux tiers des répondants approuvent l'idée d'une information directe des clientsdes cafés, bars et bistrots par le biais d'affiches, de dépliants et de sous-bocks (67% jugent cela utile, dont 33% très utile, contre 31% d'un avis contraire).

L'opinion est plus partagée sur l'intérêt de verre de contenance réduite (15cl) pour la bière : 46% jugent cela utile, contre 51% inutile. Cela n'est pour autant pas à écarter de l'arsenal des outils de prévention : ainsi, près d'un consommateur de bière sur trois (32%) estime que cela serait utile. Dans l'Ouest, où l'ensemble des solutions permettant de modérer la consommation d'alcool sont plébiscitées, ils sont même 54% à souligner l'utilité du verre de contenance réduite.

Gilles CORMAN




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