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Le 9 avril
2001 - Réalisée
un peu plus de 10 jours après le second tour des
élections municipales et au moment de la polémique
sur la convocation par le juge Halphen du Président
de la République, la vague d'avril du baromètre
que réalise la SOFRES pour le Figaro-Magazine
montre que le couple exécutif ne bénéficie
ni ne souffre de ces événements : leur
popularité est relativement stable par rapport
à la fin du mois de février. En revanche,
l'ensemble des personnalités de droite et notamment
celles qui ont conquis ou conservé des mairies
voient leur popularité s'améliorer, alors
que les battus de gauche, et notamment les ministres,
enregistrent une baisse sensible. Le PC et son leader
sont sanctionnés, à la différence
des écologistes, perçus comme les principaux
vainqueurs du scrutin.
Depuis
le soir du second tour des élections municipales,
journalistes, analystes et acteurs de la vie politique
française s'efforcent de chercher et désigner
les vainqueurs et perdants de ces élections. Le
baromètre que nous publions montre qu'au sein de
l'exécutif, ni Jacques Chirac, ni Lionel Jospin
n'enregistrent de variation conséquente de leur
popularité. On peut donc considérer qu'il
y a match nul, en terme d'opinion, entre les deux candidats
à l'élection présidentielle, avec
un court avantage aux points pour Jacques Chirac toutefois,
ou rappeler encore que cette élection est avant
tout locale et que ces deux acteurs éminents, finalement
peu impliqués, ne subissent ni ne bénéficient
des résultats enregistrés par les candidats
de leurs camps respectifs.
Municipales :
" Match nul avec avantage aux points "
à Jacques Chirac
Avec 51%
des personnes interrogées qui lui accordent leur
confiance, le chef de l'Etat enregistre une légère
amélioration des jugements positifs en sa faveur
(+2 points) et une baisse non négligeable des réponses
négatives (46%, -3). Cette évolution, qui
lui confère un léger avantage sur Lionel
Jospin, dont la popularité est stable, ne peut
être considérée comme un mouvement
fort d'opinion en sa faveur. On notera toutefois qu'il
ne souffre pas pour l'instant de sa convocation par le
juge Halphen en qualité de témoin, à
la différence de l'automne dernier où les
révélations de Jean-Claude Méry lui
avait fait perdre 10 points dans notre baromètre
d'octobre.
Le Premier
ministre, pour sa part, voit sa cote de popularité
se stabiliser à 57% de confiance (-1 point), contre
41% (+1 point). Indépendamment des résultats
électoraux, on ne peut dire que ces résultats
témoignent d'une sanction de l'opinion. ni d'une
victoire d'ailleurs. Toujours largement soutenu par les
sympathisants de gauche (80% lui accordent leur confiance),
il enregistre une baisse de 4 points chez ceux de droite
(33%), et une perte plus forte encore chez les personnes
âgées (48%, -11 points), qui sont aujourd'hui
la catégorie la plus partagée à son
égard.
Il faut
dire que dans le même temps, la perception de l'action
du gouvernement en matière de lutte contre le chômage
s'améliore sensiblement par rapport au mois dernier
(indice -12 pour -20 fin février), retrouvant ainsi
son niveau record de l'automne dernier. Signalons toutefois
que cette enquête a été réalisée
avant les annonces de fermeture des usines LU, des magasins
Marks & Spencer, et des mouvements de grève
des cheminots, ces événements pouvant avoir
une incidence sur la perception de l'action du gouvernement.
Ce " match nul avec
avantage aux points " pour le Président est confirmé dans
notre Baromètre Présidentiel LCI-Politique
Opinion publié la semaine dernière. Certes Jacques Chirac
progresse dans les intentions de vote de premier tour, mais le rapport de force
global, en cas de second tour, reste stable et toujours favorable à Lionel
Jospin (52%). Par ailleurs, près de quatre ans après son entrée
à Matignon, ce dernier bénéficie toujours du soutien d'une
assez large majorité des français (57%), et devance encore, dans
notre baromètre Figaro-Magazine, le chef de l'Etat (51%).
Il en va
tout autrement concernant les partis et personnalités
politiques, au sein desquels les gagnants et perdants
se distinguent plus nettement.
Personnalités
politique : la prime aux vainqueurs
Gagnants
tout d'abord les écologistes, qui avec 55% de bonnes
opinions (contre 36%) progressent de 3 points par rapport
au mois dernier, font jeu égal avec le PS, et atteignent
ainsi leur record de popularité dans ce baromètre.
On constatera d'ailleurs que Dominique Voynet, en dépit
de sa défaite à Dôle, en profite à
titre personnel, sa cote d'avenir progressant d'un point
(36%), mouvement atypique pour une battue.
Gagnants
également, les vainqueurs des élections,
qu'il soient de droite ou de gauche, et notamment Philippe
Douste-Blazy vainqueur à Toulouse (36%, +8), François
Hollande à Tulle (35%, +5 points), Alain Juppé
à Bordeaux (32%, +4), Nicolas Sarkozy à
Neuilly (28%, +4) ou Jean-Louis Debré à
Evreux (20%, +4). Les formations politiques de droite,
UDF et RPR, voient leur popularité s'améliorer
(respectivement 36% de bonnes opinions (+3 points) pour
l'UDF et 36% également (+2) pour le RPR), mais
celle-ci reste toujours nettement négative.
Perdants
en revanche les ministres candidats qui ont essuyé
des revers électoraux, notamment Jack Lang battu
à Blois (44%, -5) et Elisabeth Guigou à
Avignon (48%, -4). Et dans une moindre mesure Martine
Aubry dont les résultats ont déçu
(44%, -1). Ségolène Royal, qui ne se présentait
pas, enregistre quant à elle une progression de
3 points (50%) et se situe désormais au deuxième
rang des personnalités de gauche derrière
Lionel Jospin (57%, -2). Ces baisses de popularité
sont toutefois plus individuelles que collectives, le
Parti socialiste recueillant toujours 55% d'opinions favorables
(-1 point).
Perdant
enfin, le Parti communiste, dont les échecs électoraux
ont largement été soulignés :
il perd 6 point de bonnes opinions à 26%, son leader,
Robert Hue, en subissant personnellement les conséquences
en dépit de sa victoire à Montigny-lès-Cormeilles
(22%, -5).
Reste à
savoir si ses évolutions sont uniquement conjoncturelles
et essentiellement dues aux succès ou échecs
des uns ou des autres, ou laisseront des traces dans l'opinion.
Sachant que pour l'essentiel, ce baromètre ne remet
pas en cause les principaux éléments du
rapport de force politique : des leaders et partis
de droite toujours moins populaires que ceux de la majorité,
un Premier ministre toujours populaire, et à qui
les Français témoignent plus fortement leur
confiance qu'au Président de la République.
Une manière comme une autre de rappeler que décidément,
les élections municipales sont bel et bien des
élections locales.
Stéphane Marcel

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