Mariage, PaCS, union libre :
les différentes formes d'union en 2000



Le 9 décembre 2000 - L'étude réalisée par la SOFRES pour le compte du Figaro-Magazine et du Conseil Supérieur du Notariat montre que les Français restent largement attachés au mariage et ne considèrent aucunement la PaCS comme une évolution inquiétante pour la famille. Quels que soient les domaines considérés, le mariage est perçu comme plus avantageux que toutes les autres formes d'union. liberté au sein du couple exceptée.

L'augmentation du nombre des divorces bien plus préoccupante que le PaCS

Parmi différentes évolutions relatives à la famille, c'est surtout l'augmentation du nombre de divorces qui préoccupe les personnes interrogées (57%). Les autres évolutions (mise en place du PaCS, augmentation des naissances hors mariage, baisse du nombre de mariages, développement de l'union libre) ne sont citées que par moins d'une personne sur cinq, et 28% ne trouvent d'ailleurs préoccupant aucun de ces éléments. Il est vrai que le nombre de mariages, qui avait sensiblement baissé entre le début des années 70 et le milieu des années 90, semble aujourd'hui stabilisé aux alentours de 280 000 par an depuis 1996, et de ce fait semble moins inquiétant. Surtout, un an après son adoption, le PaCS est loin de représenter, aux yeux des Français, la menace pour la famille que certains avaient cru entrevoir. D'ailleurs, une étude récente montrait que deux tiers des Français ne percevaient pas le PaCS comme une menace pour la famille. En voilà une nouvelle confirmation. Le fait que dans le cadre de cette enquête Figaro-Magazine les interviewés, amenés à réagir sur la question des droits de transmission dans le cadre du PaCS, aient des avis stables par rapport à novembre 1999, autrement dit avant son adoption, montre que ce dernier n'est plus aujourd'hui sujet à controverses.

Le mariage champion toutes catégories.
sauf pour la liberté au sein du couple

Cela ne signifie pas pour autant que le PaCS soit aujourd'hui privilégié au détriment des autres formes d'union que sont le mariage ou l'union libre. Car en la matière, les réponses des personnes interrogées sont sans équivoque : le mariage est de loin le meilleur régime tant en ce qui concerne la sécurité du conjoint en cas de décès (84%), que la situation des enfants (78%), les droits de succession (77%), la retraite (72%) ou l'impôt sur le revenu (66%). Seul bémol à ce tableau idyllique - même s'ils ne concerne que les avantages matériels et donc fait peu de cas de la symbolique du mariage ou des sentiments - le mariage n'est pas la meilleure solution pour assurer la liberté au sein du couple. Sans que l'on sache ce que les interviewés entendent par liberté, on constate ici que l'union libre (35%) devance le mariage (27%) et que pour 29% il n'y a aucune différence entre les différents régimes. Soit la liberté est un bien inaliénable et quelle que soit la forme de vie commune chacun est libre - justement - de l'exercer, soit le mariage apparaît, sur ce point, plus contraignant. C'est en tous cas ce que doivent penser les jeunes. Car s'ils ne contestent pas les autres avantages du mariage, comme les autres catégories de la population d'ailleurs, sur ce dernier point, ils estiment majoritairement que l'union libre est plus à même de préserver la liberté au sein du couple, rejoints d'ailleurs en cela tant par les célibataires que les personnes divorcées.

La question de la liberté renvoie à celle de l'engagement. Et l'on constate que " le désir de ne pas s'engager trop vite " est la principale raison avancée par les 18-24 ans (44%) pour expliquer le fait que les jeunes se marient moins aujourd'hui qu'il y a vingt ans. C'est aussi la principale raison avancée par les cadres supérieurs et les célibataires. Mais cette question n'explique par à elle seule ce phénomène. L'ensemble des personnes interrogées avancent aussi bien cette idée (38%) que la peur de l'avenir (38%) ou l'attrait pour des formules où l'on est plus libre de se séparer (34%), de même que la difficulté à trouver un emploi stable (30%) ou le déclin des valeurs familiales (28%). Le nombre de divorces (20%) et la perte d'influence de la religion (13%) sont en revanche moins cités.

Moins de mariages : le déclin des valeurs familiales
en cause pour les personnes âgées

Sur cette question, les réponses dessinent un net clivage entre les jeunes, directement concernés, et les plus âgés. Alors que les premiers avancent plus spécifiquement des explications plus contextuelles comme la peur de l'avenir (40%) ou la difficulté à trouver un emploi stable (30%), les personnes âgées citent de manière équivalente le déclin des valeurs familiales (41%) et la peur de l'avenir (42%). Ce thème du déclin, faiblement marqué chez les jeunes (16%), progresse linéairement à mesure que l'âge des personnes interrogées augmente. Il est par ailleurs sensiblement plus cité par les sympathisants de droite (notamment du RPF 40%) que de gauche.

Quelles que soient les raisons perçues du moins grand nombre de mariages, et des craintes qu'il peut susciter chez certains (engagement, liberté), on constate que les Français y restent fortement attachés. Au delà des avantages qu'ils lui attribuent, les évolutions que l'on pourrait y apporter sont largement approuvées, à l'exception de la création d'un mariage à durée déterminée (par exemple de 10 ans), rejeté par 83%. Ces évolutions témoignent d'ailleurs surtout de l'attachement des Français à la famille (lieu de solidarité, de protection etc..). 95% des personnes interrogées se déclarent " plutôt favorables " au renforcement de la protection du conjoint survivant en cas de décès, 90% à un allègement de la fiscalité des revenus et des successions pour les couples mariés (approbation à mettre en relation avec la demande plus générale de baisse des impôts), 88% à la création d'un salaire parental pour le conjoint qui arrête de travailler pour élever ses enfants.

Les réponse apportée sur la simplification des procédures de divorce et de séparation (79% des enquêtés y sont favorables), même si elle peuvent paraître contradictoires avec la crainte que suscite l'augmentation du nombre des divorces, doit s'entendre comme une demande pour éviter les désagréments de certaines procédures (parfois longues, coûteuses, pénibles sentimentalement et psychologiquement). D'ailleurs, les femmes - souvent initiatrices des procédures et pour certaines en situation de dépendance financière - et les personnes divorcées - directement concernées - y sont plus favorables que les autres catégories de la population.

Stéphane Marcel




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