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La
situation dans le 4e arrond. de Paris :
politique
et vie locale
Le 10 février
2001 - Conservé
de justesse par la droite en 1995, le quatrième arrondissement
pourrait lui aussi basculer à gauche au mois de mars
prochain. Majoritaire au premier tour grâce à
la forte progression de la liste de gauche conduite par Dominique
Bertinotti et des Verts, l'actuelle opposition l'emporterait
aisément au second tour, quel que soit son opposant.
Les souhaits et pronostics de victoire formulés par
les habitants laissent toutefois planer un doute que reflète
mal le rapport de force mesuré par les intentions de
vote de second tour. Tels sont les principaux enseignements
du sondage réalisé par la SOFRES pour
le Figaro-Magazine.
Conservé
de justesse en 1995, de 253 voix exactement, par la majorité
de droite dans le cadre d'un second tour opposant P. Charles
Krieg à Dominique Bertinotti (51,49% contre 48,51%),
le quatrième arrondissement devrait revenir à
la gauche au mois de mars prochain. Les listes de gauche et
écologiste confirment ainsi la progression déjà
enregistrée lors des européennes de 1999 (53,5%
pour les listes Hollande, Cohn-Bendit, Laguiller, Hue et Waechter)
et retrouvent d'ailleurs, à peu de choses près,
ce résultat dans les intentions de vote de premier
tour : 40% pour la liste Delanoë conduite par Dominique
Bertinotti (36,4% en 1995) et 13% pour celle des Verts, conduite
par Corinne Faugeron (8,6% en 1995). A elles deux, avec 53%
des intentions de vote, elles sont majoritaires dès
les premier tour et progressent de 8 points par rapport à
1995.
La gauche
et les écologistes majoritaires dès le premier
tour
A cette poussée
de la gauche correspond une baisse de même ampleur des
deux listes de droites, qui totalisent 41% des intentions
de vote, alors que la liste de P. Charles Krieg avait obtenu
47,1% des voix en 1995 (-6 points). Le séguiniste Vincent
Roger, soutenu par le RPR, l'UDF et DL serait au coude à
coude avec le tibériste Laurent Dominati : 20%
contre 21%. L'incertitude sur le second tour est donc réelle.
Les deux candidats sont en mesure de se maintenir, et suffisamment
proches dans les intentions de vote pour qu'en cas d'application
de la règle de retrait fixée par Philippe Séguin,
ce soit le candidat tibériste qui représente
la droite au second tour. Le maintien des deux candidats de
droite leur serait fatal, Dominique Bertinotti l'emportant
aisément, dans ce cas de figure (54% des voix), devant
Vincent Roger ou Laurent Dominati, tous deux obtenant 23%
des voix.
Le rapport
de force et la dynamique sont si favorables aujourd'hui à
la gauche qu'en cas de duel, la liste de Dominique Bertinotti
l'emporterait aisément que ce soit face à Vincent
Roger (62% contre 38%) ou Laurent Dominati (61% contre 39%).
Avec de tels scores, aucun des deux candidats de droite ne
se départage pour s'imposer comme le challenger de
Dominique Bertinotti.
Laurent Dominati
et Vincent Roger au coude à coude
L'analyse de
la notoriété, de la popularité et de
l'image respective de Laurent Dominati et de Vincent Roger
dans l'arrondissement, montre que le candidat tibériste
y est très connu, à la différence de
la tête de liste de Philippe Séguin (93% des
habitants déclarent le connaître, pour 14% à
Vincent Roger). Son image y est plus installée (seulement
18% à 24% des habitants ne se prononcent pas sur 3
traits d'image de Laurent Dominati, 65% à 70% pour
Vincent Roger), mais cette médaille à un revers :
seuls 33% le jugent honnête, contre 43%. Cela pourrait
expliquer qu'il fasse jeu égal, dans les intentions
de vote de premier et de second tour, avec un candidat très
peu connu et bénéficiant certes de la légitimité
de l'investiture officielle RPR-UDF-DL, mais souffrant, au
demeurant, de la mauvaise image de Philippe Séguin
dans cet arrondissement (52% des habitants en ont une mauvaise
opinion, contre 35%).
Deux candidats
de droite au coude à coude, une gauche et des écologistes
en progression, un rapport de force nettement favorable à
la gauche, autant d'éléments qui ne devraient
laisser planer aucun doute sur l'issue de l'élection.
Mais on constate que dans leurs souhaits les électeurs
du quatrième sont moins tranchés qu'il n'y paraît.
Car seuls 37% d'entre eux souhaitent la victoire de Dominique
Bertinotti (27% celle de Laurent Dominati et 13% celle de
Vincent Roger) et 29% la pronostiquent aujourd'hui (pour respectivement
33% et 10%). Des éléments qui laissent planer
un doute si on les compare, par exemple, à ceux des
habitants du 3e voisin (57% souhaitent
et 71% envisagent la victoire du maire sortant Pierre Aïdenbaum).
Arrondissement
urbain du centre de Paris, le quatrième, auquel les
habitants sont très attachés (78% souhaiteraient
y demeurer s'ils avaient la possibilité de le quitter),
est confronté à des problèmes relativement
classiques pour la capitale : nuisances liées
à la circulation automobile (55%), stationnement (52%)
et propreté des rues et des trottoirs (47%). Ces trois
priorités devancent - plus spécifique - le manque
d'espaces verts (36%) et la sécurité des habitants,
reléguée au cinquième rang des priorités
(31%). Notons toutefois que cette question se révèle
plus sensible pour les sympathisants de droite (47% pour 21%
à gauche) et les personnes âgées ou les
retraités (44% pour 13% chez les 18-24 ans). Bénéficiant
de lieux de visite et d'animation très recherchés
par les touristes et jugés particulièrement
" sympas " par les habitants (Place des
Vosges 78%, Ile-Saint-Louis 70%), le quatrième souffre
aussi de cet environnement. Car le stationnement ou les nuisances
de la circulation en sont aussi la conséquence. Enfin,
si pour une majorité relative des personnes interrogées
(47%) la présence de la " communauté
homosexuelle dans le 4e arrondissement "
ne présente " ni avantage, ni inconvénient ",
32% des habitants estiment au contraire que " cela
donne du dynamisme au quartier " et 19% que " cela
a plutôt des inconvénients ". Derrière
ces résultats d'ensemble, on retrouve le traditionnel
clivage qui traverse la société française
au sujet de l'homosexualité, même si ces derniers
années la tolérance a nettement progressé.
Clivage d'âge en premier lieu : alors que 45% des
jeunes de 18 à 24 ans jugent que cette présence
apporte un dynamisme au quartier, 31% des plus de 65 ans considèrent
au contraire que cela a des inconvénients. Clivage
politique en second lieu : si 41% des sympathisants de
gauche adoptent le même jugement que les jeunes, les
sympathisants de droite sont plus négatifs encore que
les personnes âgées (46%).
Stéphane Marcel

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