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Baromètre des PME et TPE
vague 8
Le 10 mars 2008 - La 8e vague de notre baromètre réalisé pour le Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables auprès de 800 dirigeants de PME (20 à 249 salariés) et TPE (0 à 19 salariés), comporte deux parties distinctes : une partie barométrique comportant des indicateurs précis et détaillés destinés à suivre l'évolution passée et projetée des PME et TPE ; une partie plus conjoncturelle, permettant de saisir l'appréciation des chefs d'entreprise sur des mesures, projets ou situations relevant de l'actualité immédiate ou très proche.
Principaux enseignements : Les PME et TPE ressentent l’impact de la crise de croissance sans basculer dans le pessimisme ; les chefs d'entreprises se montrent prudents quant aux prévisions d’embauche ; enfin, notre partie conjoncturelle porte ce trimestre-ci sur le rapport des patrons des PME-TPE à la flexibilité en matière d'embauche et d'heures supplémentaires.
Le pessimisme sur la situation du pays,
bien que toujours très majoritaire, s’apaise légèrement
Le jugement porté par les chefs d’entreprise sur la situation économique et sociale de la France s’était amélioré, dans les PME principalement, entre novembre 2006 et juillet 2007.
Mais l’été, marquée notamment par la crise des subprimes, avait mis fin à cette évolution positive, et la baisse du moral des dirigeants observée entre juillet et septembre 2007 s’était accentuée en novembre, sous le coup entre autres des conflits sociaux – sans cependant atteindre les records de pessimisme observés en novembre 2006 et janvier 2007.
En janvier 2008, juste avant que la crise boursière n’atteigne son sommet, la dégradation cesse et on observe même une légère embellie du moral global des patrons – même si une large majorité des dirigeants de PME (52%) et surtout de TPE (61%) continue à estimer que la situation économique et sociale de la France a tendance à aller plus mal. Ainsi, 18% des patrons de PME (+4 points) et 12% de ceux de TPE (+2) estiment au contraire que cette situation va en s’améliorant. L’optimisme se situe donc à un niveau plus élevé qu’il ne l’était il y a tout juste un an : 12% des dirigeants de PME et seulement 5% de ceux de TPE disaient alors avoir le sentiment que la situation économique et sociale de la France allait en s’améliorant.
Dans un contexte perçu comme moins porteur,
les chefs d’entreprises se montrent
peu satisfaits des évolutions récentes de leur entreprise
Le contexte économique semble devenir moins porteur aux yeux des patrons.
Dans les PME, l’optimisme pour la situation économique du secteur d’activité reste majoritaire (62%), mais il faiblit progressivement depuis juillet 2007 (-9 points), et se situe désormais à son niveau le plus bas depuis novembre 2006.
Dans les TPE en revanche, le pessimisme est majoritaire (53% contre 46% d’optimisme), mais il reste inférieur à ce qu’il était en janvier 2007 (57%).
Les chefs d’entreprise se montrent en outre peu satisfaits des évolutions récentes de la situation de leur entreprise.
En novembre dernier, le baromètre montrait que les anticipations à trois mois, dans les PME comme dans les TPE, étaient particulièrement peu optimistes – que ce soit au sujet de l’évolution globale de l’entreprise ou plus précisément de celle de leur chiffre d’affaire et de leur trésorerie.
De fait, ces mauvaises anticipations sont confirmées entre novembre et janvier :
Environ 6 patrons sur 10 pensent que la situation de leur entreprise est restée stable au cours des trois derniers mois.
Cependant, parmi ceux qui constatent une évolution, le regard porté sur celle-ci est le plus négatif enregistré depuis novembre 2006.
Dans les PME, ceux qui estiment que la situation de leur entreprise s’est plutôt détériorée au cours des trois mois passés (17%, +4 points) sont presque aussi nombreux que ceux qui estiment que cette situation s’est plutôt améliorée (21%, -10 points).
Dans les TPE, les premiers (avec 26%, +9) sont désormais bien plus nombreux que les seconds (14%, +1).
A plus long terme, le bilan que les patrons tirent de l’année 2007 est en demi-teinte.
Dans les PME, une majorité relative estime la situation de leur entreprise identique à ce qu’elle était il y a un an (41%), et quand une évolution est constatée, elle est plus souvent positive (35%) que négative (23%).
Dans les TPE en revanche, si la stabilité est également majoritaire (47%), la perception d’une année marquée par une dégradation est à son plus haut (32%), tandis que 19% constatent une amélioration.
Une situation difficile, surtout dans les TPE
Conséquence de ces évolutions récentes peu encourageantes, les PME et surtout les TPE se trouvent en janvier 2008 dans une situation compliquée.
Dans les PME, les indicateurs de situation de l’entreprise sont toujours jugés majoritairement satisfaisants, mais de façon moins marquée qu’à l’automne 2007.
75% des patrons jugent leur situation en matière de carnet de commande satisfaisante (-7 points depuis septembre dernier).
Et 70% pour la trésorerie (-8).
La situation semble un peu moins satisfaisante pour la rentabilité de l’entreprise (64%, -3 par rapport à septembre)
Dans les TPE en revanche, le mois de janvier reste un mois particulièrement difficile.
Les niveaux de satisfaction à l’égard de ces indicateurs étaient en effet déjà à leur plus bas en janvier 2007.
En janvier 2008, ils sont en baisse, et à des niveaux relativement bas :
Le carnet de commande est plus souvent jugé satisfaisant qu’en janvier 2007 (par 60% des dirigeants, contre 57% il y a un an).
En revanche, à peine un dirigeant de TPE sur deux se dit satisfait de la situation de sa trésorerie (50% contre 49% pas satisfait) et de sa rentabilité (49% contre 50%). Tandis que ceux qui s’en disent « pas satisfait du tout » sont à leur plus haut niveau depuis novembre 2006 (respectivement 18% et 16%).
Mais les patrons espèrent,
davantage qu’en novembre dernier, un rétablissement à venir
En novembre 2007, les anticipations pour les trois mois à venir étaient plutôt pessimistes. Et de fait, en janvier, les dirigeants constatent des évolutions peu positives, et une situation actuelle de l’entreprise difficile.
Cependant, les anticipations à court terme s’améliorent légèrement, laissant espérer une embellie à venir pour les PME et TPE.
Comme lors des vagues précédentes, la majorité des patrons de PME (61%) et de TPE (57%) pense que la situation de leur entreprise va rester stable dans les trois mois à venir.
Environ un chef d’entreprise sur deux prévoit également une absence de changement en matière de chiffre d’affaires et de trésorerie.
Dans les PME, la dégradation des perspectives observée entre juillet et novembre s’arrête en janvier : 29% des dirigeants espèrent que la situation de leur entreprise va plutôt s’améliorer à court terme (+5 points par rapport à novembre 2007, +2 points par rapport à janvier 2007), 7% plutôt se détériorer.
Cette amélioration se constate également au sujet du chiffre d’affaires : après une dégradation entre mars et novembre 2007, les prévisions de CA s’améliorent légèrement : en janvier, 36% pensent que leur chiffre d’affaires va augmenter (+7) et 12% baisser (-6).
Les dirigeants de PME sont en revanche beaucoup plus réservés sur leur trésorerie. Comme en novembre, les anticipations à la hausse (21%) et à la baisse (20%) s’équilibrent, alors qu’auparavant, l’optimisme était dominant.
Dans les TPE, les perspectives d’une amélioration de la situation de l’entreprise dans les trois mois à venir progressent (+6 points, par rapport à novembre 2007 et à janvier 2007, à 21%) et se détachent désormais des perspectives d’une détérioration (11%).
Cependant, les patrons continuent à être très prudents sur les anticipations en terme de chiffre d’affaires et de trésorerie, les perspectives d’une augmentation et d’une diminution étant sur ces deux aspects à des niveaux très proches (aux alentours de 20%).
A moyen terme, les patrons se montrent plus confiants, mais avec modération :
73% des dirigeants de PME et 59% de ceux de TPE se disent en effet optimistes en ce qui concerne les perspectives à un an de leur entreprise.
Cependant cet optimisme faiblit par rapport aux vagues précédentes, principalement dans les PME, où après avoir particulièrement progressé entre janvier et juillet 2007, il atteint en janvier 2008 son niveau le plus bas.
Dans les TPE, l’optimisme pour les perspectives à un an de l’entreprise est également en baisse depuis l’été, mais reste légèrement supérieur à ce qu’il était il y a un an.
Les incertitudes imposent la prudence quant aux prévisions d’embauche
En janvier 2008, les patrons de PME et TPE se montrent donc prudents, ce qui se répercute sur leurs projets d’investissement et d’embauche.
Les souhaits d’investissement restent globalement stables et faibles dans les TPE (22%), tandis qu’ils se tassent dans les PME (53%, -6).
Les prévisions d’embauche restent également limitées :
83% des entreprises avec salariés anticipent une stabilité de leur effectif salarié au cours des trois prochains mois (+3 points). 10% prévoient une hausse et 6% une baisse.
Ces chiffres dépendent fortement de la taille de l’entreprise. Ainsi, 25% des patrons de PME prévoient une hausse, alors qu’ils ne sont que 9% dans les TPE.
Dans les entreprises sans salarié, le cap de la première embauche semble toujours aussi difficile à franchir : la quasi-totalité de ces entreprises n’envisage pas d’embaucher de collaborateur salarié dans les 3 mois qui viennent (97%). Parmi ceux-là, 18% seulement disent qu’ils pourraient l’envisager un jour (soit une baisse de 7 points).
Un contexte législatif pouvant favoriser l’emploi ?
Ainsi, la période actuelle – mois de janvier « creux » dans les TPE entreprises principalement, et contexte économique peu porteur – ne semble pas propice aux investissements, qu’ils soient matériels ou en termes de ressources humaines. De fait, les dirigeants considèrent de plus en plus le niveau de la croissance comme un obstacle à la création d’emploi dans leur entreprise (à 45%, tandis que 21% seulement l’estiment propice à la création d’emploi, soit le niveau le plus bas, qui a été divisé par deux depuis juillet).
Pour autant, les incertitudes économiques ne se soldent pas non plus par des restrictions d’emploi, et certains éléments contextuels font moins obstacle à l’emploi qu’auparavant aux yeux des chefs d’entreprise.
Ainsi, ils sont désormais aussi nombreux à estimer que la possibilité de trouver de la main d’ouvre qualifiée est propice à l’emploi (36%, +6 points) que pas propice (35%, -6).
Et surtout, le nombre de ceux qui estiment la législation sur le temps de travail favorable à la création d’emploi progresse fortement (+12 points à 27%), même si l’opinion contraire reste majoritaire (37%, mais -14).
L’évolution est également positive mais atténuée pour la législation sur le travail (23% plutôt propice, +3, contre 44%, -6, plutôt pas, soit environ le même niveau qu’en mai, juste après l’élection présidentielle).
Des patrons favorables à davantage de flexibilité
De fait, les chefs d’entreprise se montrent tout à fait favorables à l’idée d’installer plus de flexibilité en matière de temps de travail et de droit du travail.
Ainsi, interrogés sur la meilleure solution concernant le temps de travail, 54% des dirigeants se prononcent pour une négociation libre de la durée de travail par branche ou par entreprise, sans contrainte légale.
Les patrons de PME mettent ensuite à égalité une augmentation de la durée légale du travail (19%) ou le recours aux heures supplémentaires en gardant la durée légale actuelle (18%).
Tandis que les patrons de TPE privilégient l’augmentation de la durée légale du travail (23%) au recours aux heures supplémentaires (13%).
Enfin, seuls 5% de ces dirigeants choisiraient de maintenir la situation actuelle.
C’est pourquoi la possibilité d’une suppression totale des 35 heures recueille tous leurs suffrages :
67% des dirigeants de TPE s’y disent favorables, dont 34% tout à fait.
Ce soutien est majoritaire mais un peu moins marqué dans les PME (61% favorables dont 26% tout à fait)
Ils soutiennent également les pistes actuellement débattues comme l’instauration d‘une rupture à l’amiable du contrat de travail (à 70% dont 30% tout à fait) et dans une moindre mesure la création d’un CDI à objet précis (64% dont 17% tout à fait) ou le partage des bénéfices de l’entreprise en un tiers pour le salarié, un tiers pour les actionnaires et un tiers pour l’investissement (59%).
Les heures supplémentaires :
un dispositif davantage utilisé par les PME que par les TPE
Le dispositif d’exonération de charges sociales et de défiscalisation des heures supplémentaires mis en place en octobre dernier semble donc répondre à une véritable attente.
Près de 6 PME sur 10 disent l’avoir déjà utilisé (ils étaient 50% en novembre). L’utilisation est plus rare dans les TPE avec salariés (23%), dont la grande majorité dit n’avoir pas effectué d’heures supplémentaires depuis le 1er octobre 2007 (66%).
Les dirigeants d’entreprises avec salariés continuent à estimer que ce dispositif est difficile à mettre en œuvre (67% des PME, et 52% des TPE contre respectivement 32% et 33% qui l’estiment facile à mettre en oeuvre).
Comme en novembre, cette difficulté croît avec le nombre de salariés potentiellement concernés : 83% des entreprises de plus de 100 salariés estiment le nouveau dispositif compliqué.
Les craintes sont surtout prononcées chez ceux qui n’ont pas utilisé le dispositif, et s’atténuent en partie avec l’expérience. Cependant, 42% des entreprises qui ont expérimenté le dispositif continuent à le dire difficile à mettre en œuvre.
Fiche technique
La 8e vague du baromètre a été réalisée du 15 au 23 janvier 2008 par téléphone auprès d'un échantillon national de 800 dirigeants de TPE (entreprises de 0 à 19 salariés) et de PME (entreprises de 20 à 249 salariés) représentatif des entreprises de 0 à 249 salariés, selon la méthode des quotas (taille d'entreprise croisée par le secteur d'activité, région).
L'échantillon a été raisonné pour disposer d'environ 400 dirigeants de TPE et 400 dirigeants de PME. Lors du traitement informatique des résultats, chaque catégorie a été remise à son poids réel afin d'assurer la représentativité des résultats, au regard des critères de la taille de l'entreprise, du secteur d'activité et du découpage géographique par région.
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Emmanuel Rivière /
Mathilde Tommy-Martin
Département Stratégies d'Opinion
Tél : 33 (0)1 40 92 45 37 / 44 30
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