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L'image comparée
de la gauche et de la droite
Le 10 avril 2000 - Malgré les récentes péripéties
qui ont agité la vie politique - polémique sur l'incident de Jérusalem, grèves
des enseignants, des postiers ou des agents du Ministère des Finances, remaniement
ministériel - l'image de la gauche reste bonne, nettement supérieure à celle de
la droite qui améliore cependant légèrement ses positions d'une année sur l'autre.
L'effritement de la gauche reste donc marginal : jusqu'ici, on n'enregistre
pas d'accélération.
38 % des Français font ainsi plus
confiance à la gauche pour conduire les affaires du pays (37 % en septembre dernier),
25 % font plus confiance à la droite (23 % en septembre dernier). Sans atteindre
les sommets de 1997 et 1998, la gauche reste donc à un niveau élevé, notamment
chez les moins de vingt-cinq ans, les cadres et les professions intermédiaires,
cependant que la droite demeure plus appréciée par les travailleurs indépendants
et les retraités.
Si, au lieu d'un bilan global,
on examine ces images comparées secteur d'action gouvernementale après secteur
d'action gouvernementale, la nette avance de la gauche se confirme, puisqu'elle
bénéficie d'une meilleure image que la droite dans treize cas sur dix-sept (quatorze
sur dix-sept l'an passé). En revanche, si cette année la gauche progresse légèrement
dans neuf cas, elle régresse dans six ; la droite, elle, progresse dans quatorze
cas et ne régresse que dans un. Là encore, la gauche conserve donc son avance
sur la droite mais la distance se réduit.
Domaine par domaine, la gauche
bénéficie d'une meilleure image pour tout ce qui concerne la politique économique
et sociale, les institutions et les libertés ; la droite domine sur les sujets
internationaux et à propos de l'insécurité et de la violence. On remarquera que,
pour l'essentiel, les points forts de la gauche se concentrent dans les domaines
qui relèvent des prérogatives du gouvernement de Lionel Jospin et que la droite
est particulièrement forte dans le secteur présidentiel dépendant de Jacques Chirac.
Au palmarès de la gauche, la lutte contre l'exclusion, la création d'emplois,
le maintien des avantages sociaux ou la défense des libertés, mais aussi, par
exemple, le bon fonctionnement de l'économie ou la diminution des impôts et des
charges. Les vieux clichés sur l'incapacité économique de la gauche s'effacent
donc progressivement. Même à propos de l'immigration, elle passe, à tort ou à
raison, pour plus efficace. Les souvenirs des années 80 se dissipent.
La droite, elle, est donc plus
forte s'il s'agit d'accroître le rôle de la France dans le monde, de permettre
aux entreprises françaises d'être plus concurrentielles, de défendre le franc
(intégré, il est vrai, dans l'euro) ou de lutter contre la délinquance :
dans ce dernier domaine les déceptions ont été nombreuses, en particulier avec
les jeunes. La droite conserve sa réputation de pilier de l'ordre. La police de
proximité, chère à Jean-Pierre Chevènement, modifiera peut-être à terme cette
image. En attendant, pour les Français, il s'agit sans doute de l'échec de la
gauche le plus sensible.
La gauche passe cependant toujours
pour détenir les meilleures solutions pour le pays. Elle devance largement la
droite (33 % contre 15 %), sans modification du rapport de forces depuis l'année
dernière. Hommes, jeunes et cadres restent, là aussi, les points forts de la gauche,
les travailleurs indépendants étant la seule catégorie socioprofessionnelle à
faire plus confiance à la droite. La gauche demeure également, c'est plus attendu,
nettement plus unie que la droite dans l'esprit des Français, lesquels la jugent
toujours nettement majoritaire dans le pays. ce qui pourtant mériterait beaucoup
d'être nuancé lorsqu'on regarde les résultats des élections partielles dominicales
qui les montrent plutôt au coude à coude.
Alain DUHAMEL
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résultats de cette étude...
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