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Le regard des jeunes sur les Etats-Unis
et le conflit en Irak
Le 10 avril
2003 - La première
étude réalisée auprès des jeunes
en France depuis le début de l'intervention militaire
pour L'Express et M6 révèle
une jeunesse certes moins favorable aux Etats-Unis qu'avant
le début du conflit, mais surtout rejetant une guerre
dont les buts sont mal compris - ou trop bien compris. Les
15-25 ans se montrent également en phase avec la
position de la France et de son président Jacques
Chirac et qui, en conséquence, peinent à souhaiter
la victoire de la coalition conduite par les Américains,
48% s'y montrant favorables.
Les jeunes
et les Etats-Unis : un désamour déjà
ancien qui s'enracine ?
Sans pour autant
déclencher une puissante vague anti-américaine,
l'intervention militaire aura fait évoluer l'opinion
des jeunes : 25% des 15-25 ans déclarent aujourd'hui
leur antipathie à l'égard des Etats-Unis,
16% seulement leur sympathie, et 58% ni sympathie, ni antipathie.
Si les Américains ont perdu du crédit par
rapport à notre dernière
étude réalisée un an après les
attentats du 11 septembre 2001, c'est surtout au
profit d'une position de retrait plus que d'une critique
radicale. Les jeunes aiment moins les Etats-Unis, mais ils
les aimaient déjà peu.
Un boycott
des produits américains relativement élevé,
notamment chez les jeunes de gauche
La proportion
de jeunes déclarant aujourd'hui envisager de vivre
(25%), travailler (32%) ou étudier (40%) au Etats-Unis
reste relativement élevée, et stable par rapport
à notre étude de la fin de l'année
2002. En revanche, notons que 18% des jeunes ont déjà
(12%) ou envisagent (6%) de ne plus acheter des produits
ou des services de marques américaines, cette proportion
culminant chez les sympathisants de gauche (26% pour 9%
à droite).
Un rejet
massif de l'intervention militaire et de ses buts
Plus encore
que leurs aînés, les jeunes rejettent massivement
l'intervention de la coalition menée par les Etats-Unis :
85% la désapprouvent, contre 12%. On voit ici l'échec
des Américains à justifier leur intervention,
les principales raisons évoquées (promouvoir
la démocratie en Irak 2%, lutter contre le terrorisme
9%, renverser le régime de Saddam Hussein 14%) se
situant loin derrière la principale motivation perçue
par les jeunes : accéder aux ressources pétrolières
(53% des citations).
Jacques Chirac
au zénith, Bush et Blair en enfer
Dans ce contexte,
Jacques Chirac voit ses prises de position soutenues par
84% des 15-25 ans, à l'inverse de celles des deux
leaders de la coalition, désapprouvées par
respectivement 87% des jeunes pour George Bush et 80% pour
Tony Blair.
Enfin, les
jeunes comprennent mal que l'on reproche à la France
de ne pas être solidaire des Etats-Unis, celle dernière
ayant apporté son soutien à la France durant
la Seconde guerre mondiale : près de 8 jeunes
sur 10 jugent se reproche injustifié.
Une victoire
de la coalition souhaitée. du bout des lèvres
Moins de sympathie
à l'égard des Etats-Unis, buts de guerre injustifiés
ou mal compris, ceci combiné à un pacifisme
traditionnel dans cette génération :
les jeunes ne souhaitent que du bout des lèvres la
victoire de la coalition menée par les Américains
(48%), 24% optant au contraire pour celle de l'Irak, et
24% se réfugiant dans un refus de répondre,
terriblement révélateur de leur malaise. Pourtant,
il ne peut y avoir de méprise : Saddam Hussein
est avant tout un dictateur aux yeux de 83% des jeunes interrogés
et un héros pour seulement 3%.
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