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Baromètre des PME et TPE
vague 3
Le 10 avril 2007 - En pleine campagne électorale, les questions d’actualité de cette troisième vague réalisée pour le Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables demandaient aux chefs d’entreprise de juger la qualité des débats concernant la vie des entreprises, et, à la demande du Figaro Magazine, les invitaient à se mettre à la place du futur président de la République, pour décider du comportement à adopter à l’égard du modèle social français ainsi que des priorités à traiter en matière sociétale et économique. Cette 3e vague a été menée auprès de 800 dirigeants de PME (20 à 249 salariés)
et TPE (0 à 19 salariés) entre le 11 et le 18 janvier 2007.
Chaque vague comporte deux parties distinctes :
- une partie barométrique comportant des indicateurs précis et détaillés destinés à suivre l’évolution passée et projetée des PME et TPE,
- une partie plus conjoncturelle, permettant de saisir l’appréciation des chefs d’entreprise sur des mesures, projets ou situations relevant de l’actualité immédiate ou très proche.
Une perception toujours sombre
de la situation économique et sociale au plan national
La grande majorité des chefs d’entreprise continue à porter un regard pessimiste sur la situation économique et sociale en France : 72% estiment qu’elle a tendance à aller plus mal, alors que 9% seulement ressentent une amélioration. 18% pensent qu’il n’y a pas de changement.
- Les dirigeants de TPE restent beaucoup plus critiques que ceux des PME (73% des premiers estiment que la situation a tendance à aller plus mal contre 56% des seconds).
- Le pessimisme est également, comme en janvier, plus fort chez les femmes (84% d’entre elles déclarent que la situation économique et sociale a tendance à aller plus mal, contre 67% des hommes),
- Enfin, les dirigeants d’entreprises des secteurs « commerce et réparation » font preuve d’une inquiétude élevée (82%).
Bilan de la période écoulée et perspectives pour l’avenir
Comme lors des vagues précédentes, TPE et PME se distinguent par une appréhension différente de la situation de leur secteur et de leur entreprise :
- Les PME se montrent systématiquement plus positives que les TPE, tant sur la situation présente que passé ou à venir de leur entreprise.
- Les TPE sont toujours très prudentes sur la situation de leur entreprise, mais leurs perspectives pour l’avenir s’améliorent en partie,
- Tandis que les PME restent globalement confiantes
La prudence des TPE reste forte, malgré une légère embellie
Comme lors des vagues précédentes, les dirigeants de TPE portent un regard prudent sur la situation de leur entreprise. Cependant, le bilan qu’ils tirent de l’année écoulée s’améliore légèrement.
- En janvier, les jugements sur la situation économique du secteur d’activité montraient une progression de l’inquiétude chez les dirigeants de TPE. Ils se rétablissent en mars, témoignant comme en novembre d’une certaine circonspection : 50% se disent optimistes, 47% pessimistes.
- L’optimisme est plus important - mais reste modéré - pour l’entreprise elle-même : 58% des dirigeants de TPE se disent optimistes pour les perspectives à un an de leur entreprise, un niveau globalement stable depuis novembre.
Cette confiance s’explique notamment par la satisfaction qu’ils expriment sur un certain nombre d’indicateurs :
» 63% déclarent que la situation de leur entreprise est satisfaisante pour le niveau du carnet de commande ou du volume de la clientèle (un retour au niveau de novembre après le léger tassement de janvier) ;
» 54% estiment que la trésorerie de leur entreprise est satisfaisante ;
» Enfin, 50% se déclarent satisfaits de la rentabilité de leur entreprise.
- Pour la majorité des dirigeants de TPE, la situation de leur entreprise est restée stable au cours de la période écoulée. Ceux qui constatent une évolution l’estiment plutôt négative, mais de manière moins marquée que lors de la vague précédente.
» Le bilan tiré de l’évolution récente est sensiblement le même qu’en janvier et plutôt morose : 67% des répondants (-1 point) déclarent que la situation de leur entreprise est restée stable au cours des trois derniers mois, 20% (+2) qu’elle s’est détériorée et 13% améliorée (-1).
» En revanche, la comparaison avec l’année précédente fait apparaître une légère amélioration, avec la progression de ceux qui estiment que leur situation est devenue meilleure (19%, +3), tandis que ceux qui font le constat inverse sont moins nombreux (23%, -4). 57% (+2) ne voient pas d’évolution.
» Les entreprises sans salarié sont les moins nombreuses à percevoir des évolutions positives, à court (9%) comme à plus long terme (16%).
Cette amélioration relative du regard que portent les dirigeants de TPE sur la période écoulée se traduit par des perspectives plus optimistes pour l’avenir, même si là encore l’anticipation d’une stabilité domine.
- 23% des dirigeants de TPE pensent que la situation de leur entreprise va s’améliorer au cours des trois prochains mois, soit une progression de 8 points par rapport à janvier, contre 7% se détériorer (-4), et 64% rester stable.
- L’amélioration des perspectives est confirmée par la forte progression de certains indicateurs micro économiques :
» La trésorerie : 57% des interviewés anticipent une stabilité au cours des trois prochains mois, mais ceux qui anticipent une évolution sont désormais plus nombreux à la voir à la hausse (24%, +11 points) qu’à la baisse (16%, -7).
» Le chiffre d’affaires : là encore, les prévisions se font plus optimistes (à 30%, +14) que pessimistes (12%, -10) même si le pronostic d’un chiffre d’affaires stable reste majoritaire (55%).
Comme en janvier, ceux qui anticipent une progression de l’activité pensent principalement y faire face par des gains de productivité (41%), mais la possibilité de recrutements progresse (19%, +7).
» L’investissement : une large majorité des dirigeants de TPE (77%) continue à déclarer qu’elle ne souhaite pas investir dans les 6 mois à venir. Le souhait d’investissement progresse cependant (23%, +4).
La satisfaction et la confiance pour le futur des PME sont toujours majoritaires
- Les jugements des dirigeants de PME sur la situation économique de leur secteur d’activité sont stables et majoritairement optimistes (à 65% contre 34% de pessimisme).
- La confiance dans l’avenir reste plus élevée encore en ce qui concerne l’entreprise elle-même : 77% des dirigeants de PME se déclarent optimistes pour les perspectives à un an de leur entreprise.
Cette confiance semble toujours s’ancrer dans la satisfaction tirée de la situation de l’entreprise pour un certain nombre d’indicateurs – malgré un certain tassement par rapport aux vagues précédentes :
» 72% des interviewés déclarent que la situation de leur entreprise est satisfaisante pour le niveau du carnet de commande ou du volume de la clientèle (- 7 points) ;
» 68% estiment la trésorerie de leur entreprise satisfaisante (-4) ;
» 59% se déclarent satisfaits de la rentabilité de leur entreprise (-4).
- Le bilan que tirent les dirigeants de PME de la période écoulée confirme cette relative satisfaction : comme lors des vagues précédentes, ils perçoivent soit une absence d’évolution, soit une amélioration, et rarement une dégradation :
» 58% d’entre eux estiment que la situation de leur entreprise est restée stable au cours des trois derniers mois (-3 points), tandis que 29% constatent une amélioration (+3) et 13% une dégradation (=).
» En ce qui concerne la comparaison avec l’année précédente, c’est un sentiment d’amélioration qui domine (40%, +4), tandis que 37% estiment que la situation est restée identique (-9) et 22% perçoivent une dégradation (+5).
Les dirigeants de PME témoignent par conséquent d’un certain optimisme, nuancée par l’importance des prévisions de stabilité. Les différents indicateurs retrouvent en mars un niveau proche, voire légèrement supérieur, à ce qu’ils étaient au mois de novembre.
- 30% pensent que la situation de leur entreprise va s’améliorer au cours des trois prochains mois (+3), contre 5% se détériorer et 61% rester stable, ce qui correspond aux niveaux enregistrés en novembre.
- Les différents indicateurs micro économiques confirment ce relatif optimisme :
» La trésorerie : 57% des interviewés anticipent une stabilité au cours des trois prochains mois, 30% une évolution à la hausse (+4 points) et 11% à la baisse (-4).
» Le chiffre d’affaires : l’optimisme (45%, +13) est désormais plus répandu que la prévision d’une stabilité (44%), tandis que le pessimisme est très minoritaire (9%, -7) Les dirigeants qui anticipent une progression leur l’activité pensent toujours principalement y faire face par des gains de productivité (44%), mais aussi en grande partie par des recrutements (40%, +8).
» L’investissement : comme lors des vagues précédentes, un dirigeant de PME sur deux (51%) souhaite investir dans les 6 mois à venir.
Des critères clivants
Les dirigeants de PME témoignent durablement d’une satisfaction et d’une confiance plus élevées que celles des dirigeants de TPE. D’autres critères influencent également le regard porté l’avenir :
- L’âge du dirigeant et celui de l’entreprise : les dirigeants de moins de 50 ans et ceux d’entreprises les plus récemment créées se montrent systématiquement plus optimistes que la moyenne.
- Le secteur d’activité : les secteurs de la construction et du service aux entreprises se montrent globalement plus confiants pour l’avenir, alors que ceux de l’industrie et du commerce - réparation portent un regard plus sombre sur le futur, mais aussi sur la période écoulée.
Au final, après un mois de janvier plutôt marqué par la morosité, on observe une amélioration – modérée – de la situation des PME et surtout des TPE. Ceci vient confirmer la saisonnalité importante de l’activité de ces entreprises, notamment dans certains secteurs. Ainsi, contrairement à ce qu’on observait en janvier, le secteur hôtellerie restauration anticipe plus que la moyenne une amélioration de la situation générale de l’entreprise comme de sa trésorerie.
L’emploi dans l’entreprise :
une légère embellie, mais la prudence reste largement majoritaire
Cette embellie des pronostics pour le futur proche se répercute en partie sur les perspectives d’embauche, même si celles-ci restent très limitées. En mars comme lors des vagues précédentes, une grande partie des entreprises avec salariés s’attendent à ce que leur effectif salarié soit stable au cours des trois prochains mois (75%, -7). Les anticipations à la hausse progressent cependant, chez les PME (+6 à 25% contre 9% qui anticipent une baisse) comme chez les TPE (+7 à 16% contre 8%). Elles dépendent toujours de la taille de l’entreprise (15% seulement des entreprises de 1 à 5 salariés envisagent une hausse contre 38% des entreprises de 100 à 249 salariés).
En revanche, les entreprises sans salariés continuent à déclarer de manière unanime qu’elles n’envisagent pas d’embaucher des collaborateurs salariés dans les trois mois qui viennent (95%, -1).
Hormis les exonérations de charges sociales, les différents facteurs externes susceptibles de favoriser la création d’emplois semblent toujours majoritairement peu propices aux dirigeants de PME et TPE :
Question : Pour chacun des facteurs suivants externes à votre entreprise, diriez- vous qu'il est plutôt propice ou plutôt pas propice à la création d'emplois dans votre entreprise ?
A tous ceux qui ont ou pourraient envisager d'avoir des salariés un jour
| % de réponses "Plutôt propice" |
Mars
2007 |
Évolution
jan-mars 2007 |
| - Les exonérations de charges sociales |
45 |
+5 |
| - La possibilité de trouver de la main-d'oeuvre qualifiée |
33 |
= |
| - Le niveau de la croissance |
28 |
= |
| - Le niveau du SMIC |
23 |
-3 |
| - La législation sur le travail |
14 |
= |
| - La législation sur le temps de travail |
11 |
-4 |
| - La fiscalité sur les entreprises |
10 |
= |
| - Le niveau des charges sociales |
6 |
+1 |
Les dirigeants de TPE et de PME se montrent d’accords entre eux pour constater le peu d’effet de ces différents éléments sur l’emploi dans leur entreprise, seul le niveau de la croissance fait exception (une majorité des PME estime qu’il peut être un levier : 44% contre 33%, ce qui n’est pas le cas pour les TPE : 27% contre 42%).
Les charges sociales confirment leur statut d’enjeu majeur pour la problématique de l’emploi : leur niveau est considéré comme particulièrement peu propice à la création d’emploi (à 82% de citations), tandis que seules les exonérations de charges sont considérées comme pouvant favoriser l’embauche.
Enfin certains de ces éléments mettent en lumière l’effet de seuil qui peut exister à la frontière entre TPE et PME. Ainsi, la majorité des dirigeants d’entreprises de 6 à 19 salariés estiment que les exonérations de charges sont propices à l’emploi (56% contre 24% pas propices) alors que ceux de 20 à 49 salariés sont beaucoup plus partagés (37% contre 36%). Ce qui peut s’expliquer par les nouvelles mesures d’allégement de charges pour les TPE qui doivent entrer en vigueur en juillet. De même, les dirigeants d’entreprises de 20 à 49 salariés sont les plus critiques sur les conséquences pour l’emploi de la législation sur le travail et sur le temps de travail.
Principaux enseignements tirés des questions d’actualité
En pleine campagne électorale, les questions d’actualité de cette troisième vague demandaient aux chefs d’entreprise de juger la qualité des débats concernant la vie des entreprises, et les invitaient à se mettre à la place du futur président de la République, pour décider du comportement à adopter à l’égard du modèle social français ainsi que des priorités à traiter en matière sociétale et économique.
La campagne présidentielle : une place toujours insuffisante accordée aux questions économiques touchant à la vie des entreprises
Les trois quarts des dirigeants de PME et TPE continuent à estimer que la place accordée aux questions économiques touchant à la vie des entreprises est insuffisante (73%, -2 points), mais ceux qui estiment qu’elle est suffisante se font légèrement plus nombreux (24%, +6). Ce constat d’insuffisance est largement partagé par toutes les catégories de la population.
Le modèle social français : la nécessité de réformes
Les dirigeants de TPE et PME attendent largement du futur Président de la République des réformes et notamment une certaine remise à plat du modèle social français. 47% souhaitent qu’il repense profondément le modèle social en réalisant de grandes réformes, et 39% qu’il réalise certains aménagements pour l’adapter aux difficultés qu’il rencontre aujourd’hui. Seule une petite minorité se prononce pour un renforcement des acquis sociaux (9%) ou le statu quo (ne surtout pas toucher au modèle social français : 3%).
Le souhait d’aménagement plutôt que de réformes en profondeur progresse avec la taille de l’entreprise (59% chez les entreprises de plus de 100 salariés, 48% chez l’ensemble des PME).
Les priorités pour le prochain Président de la République
En matière sociétale, deux priorités sont assignées en premier lieu au futur Président : combattre la pauvreté (26% de citations) et réformer le système éducatif (25%). La réforme du système éducatif, quasiment ex aequo avec la lutte contre la pauvreté aux yeux des dirigeants de TPE, arrive en tête (33%) chez ceux de PME.
Relancer la construction européenne est placé en troisième position (17%). L’enjeu est jugé central par le secteur de l’industrie (27%, en 2ème) et surtout de l’hôtellerie - restauration (28%, en 1er - une place qui peut s’expliquer par les espoirs importants placés dans la réduction de la TVA à 5,5%).
Agir pour l’environnement (12% de citations), lutter contre l’insécurité (11%) et lutter contre les discriminations (4%) apparaissent comme plus secondaires.
La priorité assignée au futur Président en matière économique confirme l’enjeu que constituent les charges sociales aux yeux des dirigeants de TPE et PME : 45% estiment que la baisse de ces charges serait leur priorité s’ils étaient Président (45% des dirigeants de TPE, 35% de ceux de PME, 68% dans le secteur de l’hôtellerie - restauration). La deuxième étant le fait de favoriser le travail au-delà des 35 heures (31% de citations pour les PME, 26% pour les TPE).
20% se prononcent pour la réduction de la dette publique. Enfin, repousser l’âge du départ à la retraite pour les salariés du public et du privé (5%) et diminuer l’impôt sur les sociétés (2%) apparaissent beaucoup moins important.
De fait, les dirigeants de TPE et PME pensent que la mesure prioritaire pour relancer l’emploi en France est l’allégement des charges sociales pesant sur les entreprises, notamment celles qui recrutent (45% pour les dirigeants de TPE, 37% chez ceux de PME). Le fait d’adapter le système éducatif au monde du travail (22% et 21%), de simplifier les procédures d’embauche et de licenciement (16% et 20%), et de simplifier le droit du travail (12% et 18%) apparaît dans une moindre mesure efficace. Développer le secteur des services à la personne (4%) est considéré comme beaucoup moins pertinent.
Fiche technique : La 3e vague du baromètre a été réalisée du 16 au 23 mars 2007 par téléphone auprès d’un échantillon national de 800 dirigeants de TPE (entreprises de 0 à 19 salariés) et de PME (entreprises de 20 à 249 salariés) représentatif des entreprises de 0 à 249 salariés, selon la méthode des quotas (taille d’entreprise croisée par le secteur d’activité, région).
L’échantillon a été raisonné pour disposer d’environ 400 dirigeants de TPE et 400 dirigeants de PME. Lors du traitement informatique des résultats, chaque catégorie a été remise à son poids réel afin d’assurer la représentativité des résultats, au regard des critères de la taille de l’entreprise, du secteur d’activité et du découpage géographique par région.
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