Le 10 mai 2006 - La dernière vague de notre baromètre des préoccupations des Français réalisé pour le groupe Casino et L'Hémicycle montre un net recul de la préoccupation liée au chômage et à l'emploi, effaçant ainsi le paroxysme atteint lors des manifestations contre le CPE. Les autres domaines de préoccupation ne connaissent quant à eux pas d'évolution majeure.
Une légère détente de l'inquiétude liée à l'emploi caractérise l'après-CPE
72% des Français se disent préoccupés par le chômage et l'emploi en cette fin de mois d'avril. Ils étaient 79% les 22 et 23 mars dernier, en pleine crise du CPE - un record pour notre baromètre.
Alors que cet épisode semble désormais dépassé, ce léger recul de la préoccupation pour l'emploi a aujourd'hui des accents de soulagement dans la plupart des catégories sociales. Particulièrement important chez les jeunes de moins de 24 ans (72% se disent préoccupés ce mois-ci pour 85% en mars, soit -13 points), chez les 25-34 ans (74% -12 points), les plus de 65 ans (63%, -12 points) ou encore les chômeurs (81%, -13 points), il est également significatif chez les ouvriers (78%, -11 points) et, sur le plan politique, chez les écologistes (66%, -18 points).
A noter que les sympathisants UMP font montre eux aussi d'un recul de l'inquiétude en ce domaine (63% « seulement » se disent inquiets, -5 points). Ce qui n'est en revanche pas le cas des commerçants, artisans et chefs d'entreprise, seule catégorie où l'inquiétude augmente après la suppression du CPE (74% se disent inquiets en avril, +9 points).
Pas de « transfert » apparent de préoccupation vers les autres domaines
Les autres préoccupations des Français ne semblent pas devoir connaître d'évolution majeure. Derrière « le chômage et l'emploi », qui classiquement écrase cette hiérarchie, on retrouve « la santé et la qualité des soins » (45% de préoccupation, +1 point), « l'évolution du pouvoir d'achat » qui connaît un très léger recul malgré la nouvelle flambée du prix du pétrole (40% de préoccupation, -1 point), « les inégalités sociales » (40% de préoccupation, +2 points) et « l'école et la qualité de l'enseignement » (39% de préoccupation, -1 point).
A noter que « le financement des retraites » est, seule évolution significative, en recul de 4 points, avec seulement 38% de préoccupations ce mois-ci.
Des préoccupations différentes selon l'environnement social ou le profil de l'individu
La préoccupation pour le chômage et l'emploi reste prépondérante quel que soit le profil sociodémographique et professionnel de l'individu. Elle est surtout très prégnante chez les salariés du privé (78%) ainsi que chez les catégories précaires ou fragilisées : les foyers ouvriers (78% contre 72% en moyenne) ou à bas revenus (80%).
Le pouvoir d'achat inquiète, lui, plus que les autres les jeunes entre 25 et 34 ans (54%, pour 40% en moyenne) et les salariés du privé (46%).
La question de l'école et de l'enseignement est assez clivante dans la population et semble prendre une importance particulière aux yeux des personnes âgées de 25 à 49 ans (donc potentiellement avec de jeunes enfants) qui recueille chez elles 45% de citations (pour 39% en moyenne) tout comme chez les cadres (50%), les professions intermédiaires (48%) ou les salariés du secteur public (55%).
Le financement des retraites préoccupe naturellement plus les 50-64 ans qui sont au seuil (48%), et les plus de 64 ans (50%), mais également les foyers à bas revenus (49%).
Enfin, la question de l'environnement semble devoir trouver davantage d'écho chez les jeunes (40% de préoccupation, pour 35% en moyenne), les cadres (53%) et professions intermédiaires (42%), les diplômés de l'enseignement supérieur (45%) et, logiquement, les écologistes (67%).