Le 12 janvier 2005 - La neuvième vague de notre baromètre réalisé pour le Groupe Casino et L'Hémicycle montre que les Français semblent moins préoccupés, période de fêtes oblige.
Climat de détente
Alors qu'il avait augmenté en novembre, le niveau de préoccupation baisse en effet dans la plupart des 16 domaines soumis aux Français.
Les reculs les plus importants concernent « l'école et la qualité de l'enseignement » (32%, - 11 points - passe ainsi du 4e au 7e rang), et « le rôle de la famille » (14%, - 9 points), deux domaines qui avaient fortement progressé en novembre et qui retrouvent là un niveau habituel. Les préoccupations sont également en net repli sur « l'individualisme dans la société » (11%, - 6 points), « l'évolution du pouvoir d'achat » (36%, - 6 points), « le financement des retraites » (43%, - 4 points), et « le logement » (18%, - 4 points).
Pour la première fois depuis juin 2004, le niveau d'inquiétude sur l'évolution du pouvoir d'achat cesse donc de s'accroître. Les suites de l'accord sur la baisse des prix dans la distribution, annoncée début janvier, vont elles contribuer à détendre l'atmosphère ou au contraire, vont elles relancer les craintes de nouvelles hausses de prix ?
Une repolarisation de l'inquiétude sur le chômage et les inégalités sociales
Les peurs progressent en revanche dans deux domaines :
D'une part, l'inquiétude sur l'emploi et le chômage n'a jamais été aussi élevée depuis mars 2004, puisqu'elle atteint désormais 75% des Français (avec une progression de 6 points depuis fin novembre - toujours en tête des préoccupations).
D'autre part, les craintes des Français se stabilisent à un niveau relativement élevé en matière d'inégalités sociales (40% en octobre et novembre, 41% en décembre - mais passe du 6e au 4e rang) et de sécurité des biens et des personnes (30% en novembre et en décembre).
La répartition sociale de l'inquiétude en matière d'emploi et d'inégalités sociales n'est pas aussi corrélée qu'on pourrait le croire : les plus inquiets en matière d'emploi ne sont pas forcément les plus inquiets sur les inégalités sociales, et inversement.
Ainsi, les catégories les plus inquiètes en matière de chômage sont les plus précaires, les victimes potentielles les plus immédiates des difficultés immédiates à trouver un emploi : les jeunes (82%), les ouvriers (83%), les salariés du secteur privé (81%), les foyers à faibles revenus (81%).
A l'inverse, les catégories les plus inquiètes en terme d'inégalités sociales ne se résument pas à celles qui en sont victimes. Outre les jeunes (47%) et les chômeurs (49%), on y trouve aussi les cadres et professions intermédiaires (51% et 52%), les diplômés de l'enseignement supérieur (56%), les sympathisants de gauche et les sympathisants écologistes (49% et 48%).
Cette toute dernière vague réalisée en 2004 nous incite à nous interroger sur le devenir des préoccupations des Français. De plus, la réforme de l'assurance-maladie va t-elle contribuer à aplanir les tensions en matière de protection sociale ou au contraire à les réactiver ?
Guillaume Petit