Le 12 octobre 2006 - « Les Enjeux du Quotidien », réalisés par TNS Sofres pour l'EPIQ, sont une série d'études traitant de sujets se situant au coeur de l'actualité et des préoccupations quotidiennes des Français. Ce 4ème volet de la saison 2006 porte sur l'école et la formation. Il est publié dans les titres de Presse Quotidienne Nationale, Régionale, urbaine gratuite et la presse hebdomadaire régionale. Principaux enseignements de cette étude : pour près de deux tiers des Français (61%), l'enseignement fonctionne bien ; le système scolaire suscite de fortes attentes, notamment en matière de culture générale et de connaissances de base ; enfin, le collège unique recueille un avis mitigé de la part des Français.
Une perception majoritairement positive du fonctionnement
de l’enseignement
en France
Près des deux tiers des Français (61%) estiment que l’enseignement fonctionne bien (contre 37% qu’il fonctionne mal). Un jugement positif qui gagne 13 points par rapport à 2005. 48% estimaient alors que l’école fonctionnait bien pour 51% qui portaient un jugement négatif. Cette dernière mesure avait toutefois été réalisée en mai et juin 2005 aux lendemains des protestations suscitées par la réforme Fillon et dans un contexte fortement marqué par le référendum sur la Constitution européenne, les remises en question et les mécontentements qu’il a cristallisés. En cette rentrée 2006, l’appréciation majoritairement positive portée par les Français constitue en fait un retour à la normale.
Si toutes les catégories de la population partagent cet avis, on relève tout de même certaines nuances et des disparités notamment régionales. Ainsi, les jeunes (65% des 15-24 ans estiment que l’enseignement fonctionne bien contre 35%), étudiants (66/33) et parents d’élèves (64/35) -le «public cible »de l’École – se révèlent plus satisfaits que la moyenne des Français, de même que les salariés des entreprises publiques (65/33). C’est encore le cas des habitants des régions Nord Pas de Calais (69/29), Lorraine (67/30), Alsace (66/34), Champagne Ardenne (66/33) et Auvergne (65/33).
En revanche, les femmes se montrent plus en retrait (59/38), tout comme les personnes les plus âgées (58/36 pour les 60 ans et plus), les diplômés du supérieur (58/40), les plus hauts revenus (52/47), les habitants d’île de France (54/44), Picardie (55/43), Basse Normandie (55/45) et Languedoc-Roussillon (56/43).
Les attentes demeurent importantes vis-à-vis du système scolaire
Si le jugement global s’améliore par rapport à l’inflexion qu’il avait exceptionnellement connue l’an passé, les priorités assignées à l’école restent les mêmes. On attend avant tout d’elle qu’elle donne des connaissances de base et une bonne culture générale aux élèves (68% de citations). Elle doit aussi les préparer à la vie professionnelle ou à la vie en société (respectivement 52% et 50% de citations) avant que de développer leur esprit critique et leur autonomie (28%). Cette hiérarchie des priorités ne varie fondamentalement que chez les élèves et étudiants eux-mêmes qui, déjà inquiets de leur insertion, privilégient assez logiquement une préparation à la vie professionnelle (60% des 15-24 ans pour, rappelons-le 52% en moyenne) et mettent également plus l’accent sur la nécessitéde développer l’esprit critique et l’autonomie (41% pour 28% en moyenne). Des distinctions sont également repérables assez logiquement en fonction des milieux sociaux : même si tous insistent sur l’enseignement des bases, les plus favorisés ont tendance à ensuite privilégier le développement de l’esprit critique et de l’autonomie des enfants quand les catégories les plus modestes s’inquiètent surtout de la préparation de leurs enfants à la vie professionnelle.
Découvrir le monde du travail et de l’entreprise :
une mission importante pour l’école…
Si pour 40% des Français, le fait de faire découvrir le monde du travail et de l’entreprise aux élèves est une mission fondamentale de l’école, 49% estiment qu’elle est importante sans être fondamentalemais - 10% seulement secondaire. Seuls les artisans, commerçants et chefs d’entreprise déclarent majoritairement qu’il s’agit là d’une mission fondamentale.…
...qui n’apparaît pas encore bien remplie
Et pourtant, pour 55% des Français, le système scolaire actuel prépare mal les élèves à la vie professionnelle quand 42% estiment au contraire qu’il y prépare bien. Ce jugement relativement sévère l’est plus encore par les 25-34 ans (66%), les catégories supérieures (67%) et les parents d’étudiants (62%).
Le collège unique suscite une forte perplexité dans l’opinion
Si pour 49% des Français le fait que tous les élèves jusqu’à la Troisième suivent un même enseignement général est une bonne chose car cela leur donne une bonne culture générale avant de s’orienter vers des filières spécialisées, en revanche pour 48%, c’est plutôt une mauvaise chose car il y a des élèves qui perdent leur temps au collège et qui s’épanouiraient davantage dans des filières spécialisés. Ce jugement mitigé ne renvoie pas à des clivages précis au sein de la population. On notera des jugements légèrement plus affirmés que la moyenne des Français en faveur du collège unique chez les plus jeunes (56% des 15-24 ans estiment que le collège unique est une bonne chose contre 43%), les cadres et professions intellectuelles supérieures (55/43), les habitants de Haute Normandie (55/43), de Bretagne (55/41) et de Rhône Alpes (55/41).
En revanche, les artisans, commerçants et chefs d’entreprise expriment davantage de réserves (39% une bonne chose, 56% non), de même – et c’est notable – que les parents d’enfants scolarisés au lycée (41/59). On retrouve aussi ces réticences chez les habitants de Lorraine (43/55), Champagne Ardenne (41/57), Picardie (42/55), Centre (41/57), Poitou-Charentes (41/57) et Languedoc-Roussillon (41/57).
Brice Teinturier