Le 13 octobre 2006 - Les transports en commun jouissent d’une très bonne image et les Français sont favorables à de nouvelles mesures pour les rendre plus attractifs ; l’attractivité de la voiture reste réelle mais ne disqualifie plus les propositions visant à en limiter l’usage ; enfin, davantage de sécurité est requise dans les transports en commun. Tels sont les principaux enseignements de notre étude réalisé pour le Forum Mobilité.
Les transports en commun jouissent d’une très bonne image et les Français sont favorables à de nouvelles mesures pour les rendre plus attractifs
Globalement, sept Français sur dix déclarent avoir une image positive des transports collectifs en ville. Seuls 17% sont d’un avis contraire. L’un des points forts qui ressort assez nettement concerne la fiabilité de ces transports, dont deux Français sur trois (65%) disent qu’elle est une réalité, aussi bien au sujet de l’heure de départ que du temps de trajet.
Un sentiment de nette amélioration prédomine à l’égard des transports collectifs urbains. Non seulement les jugements sont positifs, mais de surcroît une majorité absolue de Français (55%) ont l’impression que les transports collectifs urbains se sont plutôt améliorés ces dix dernières années. Les tenants d’une dégradation du service sont très minoritaires (11%) alors qu’un interviewé sur cinq (20%) dit n’avoir perçu aucune évolution, dans un sens ou dans l’autre.
Ce bon bilan qui n’empêche pas les Français d’accueillir favorablement de nouvelles initiatives. Les taxis collectifs sont ainsi plébiscités : leur développement est en effet jugé favorablement par 75% des interviewés quand 18% seulement pensent le contraire. Le paiement à la source, via les impôts locaux, d’une carte de transports (55% contre 38%) est également bien accueilli, même si le score est nettement inférieur.
L’attractivité de la voiture reste réelle
mais ne disqualifie
plus les propositions visant à en limiter l’usage
Les modes de transport motorisés sur route restent en tête des préférences des Français. Interrogés sur les modes de transport qu’ils préféreraient utiliser pour leurs déplacement en ville, les Français placent en tête de classement deux solutions de transport motorisées, et sur route : la voiture (38% de citations) et le bus (31%). Viennent ensuite trois modes traditionnellement jugés plus écologiques : le vélo (21%), devant le tramway (20%) et le métro (17%) qui ont pour point commun d’être des transports collectifs sur rails. Les autres propositions sont plus marginalement citées : les deux roues motorisés (9%) et les taxis (5%).
Mais les leviers pratiques et personnels se combinent aux préoccupations collectives environnementales favorisent l’usage des transports collectifs. Les Français placent nettement en tête deux facteurs d’incitation à un usage plus fréquent des transports collectifs. L’un est très pratique : l’évitement des problèmes de stationnement (47% de citations) alors que l’autre renvoie à une préoccupation environnementale manifestement bien ancrée : les transports collectifs sont moins polluants que la voiture (40%). Loin derrière, on retrouve trois motifs : la possibilité qu’ils offrent de passer outre les embouteillages (24%), leur coût inférieur à l’entretien d’une voiture individuelle, seulement en 4e position avec 21% de mentions, et le fait qu’ils sont moins stressants que la voiture (18%).
La limitation de l’accès des centre-villes aux seuls véhicules non polluants est accueillie favorablement par une majorité de Français. 54% des Français en effet soutiennent cette proposition qui divise toutefois l’opinion puisque 42% y sont opposés. Il est intéressant de noter une propension plus forte qu’ailleurs en Ile de France à soutenir l’idée d’une limitation des centres-villes aux seuls véhicules non polluants (63% contre 54% en moyenne nationale).
Davantage de sécurité est requise dans les transports en commun
Le bus remporte la palme du mode de transport collectif dans lequel on se sent le plus en sécurité, plébiscité en ce sens par 3 Français sur 4 (74%). Suivent le tramway et le TER pour lesquels une large majorité de personnes interrogées disent s’y sentir en sécurité (respectivement 60% et 57%) mais où les taux de « sans opinion » sont également plus élevés (29% et 24% contre 11% pour le bus).
Derrière ces modes de transport largement jugés sûrs, le métro et le RER inspirent nettement moins confiance dans la mesure où seuls 44% des interviewés disent s’y sentir en sécurité quand respectivement 36% et 29% affirment le contraire.
Trois dispositifs visant à renforcer la sécurité dans les transports sont mis en avant par les Français ; ils ont tous pour point commun de contribuer à une présence accrue dans les transports, qu’elle soit indirecte (par la vidéo surveillance, citée dans 51% des cas) ou directe (plus de personnels d’accueil, 46%, et un renforcement de la police nationale dans les transports, 45%). En revanche, les dispositifs d’auto défense, comme l’installation de systèmes d’alerte que les usagers peuvent actionner à tout moment, ne reçoivent les faveurs que de 20% des interviewés.
Fabienne Simon