Le Tableau de Bord de l'euro

Le 14 septembre 2001 - La Sofres publie la première vague du Tableau de Bord de l'euro qui sera réalisé chaque mois pour le Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie jusqu'en janvier 2002. Connaissance du calendrier, points de repère des prix en euro et surtout pratique des paiements de la nouvelle monnaie (par carte et chèque) seront au programme de ce baromètre qui permettra désormais de suivre l'évolution de la préparation des Français au " grand bond " du 1er janvier 2002.

Cette première vague montre que si le grand public apparaît bien informé, il perçoit peut l'utilité de s'initier à l'euro dès aujourd'hui.

Un calendrier de l'euro désormais bien connu

Les différents aspects du calendrier du passage à l'euro sont diversement connus des Français : en effet, si une grande majorité d'entre eux (67%) maîtrise désormais la date à partir de laquelle ils pourront payer en espèces dans leur nouvelle monnaie, c'est à dire à partir du 1er janvier 2002, en revanche, seuls 42% d'entre eux datent précisément le moment à partir duquel ils ne pourront plus payer par carte ou chèques en francs.

Il est patent de constater que la coexistence des deux monnaies en espèces pendant quelques semaines combinée à l'existence de deux calendriers distincts, l'un pour la monnaie fiduciaire, l'autre pour la monnaie scripturale introduit une certaine confusion dans l'esprit d'une part encore importante de Français.

Le niveau de revenus des interviewés intervient nettement dans la distribution des réponses. En effet, 47% des personnes déclarant plus de 15 000 Francs de revenus mensuels savent que l'on ne pourra plus payer par carte ou par chèque après le 1er janvier 2002. Tel n'est le cas que de 28% de ceux qui disposent de moins de 5000 Francs de revenus mensuels. On relève par conséquent un lien direct entre la pratique de ce type de paiements et la connaissance précise du passage à l'euro.

La pratique de l'euro : de timides débuts

20% seulement des Français ont pour le moment effectué un paiement en euros, dont 17% par chèque, et 4% par carte bancaire. Parmi ceux qui n'ont pas encore expérimenté le paiement dans la nouvelle monnaie, 36% envisagent de le faire avant la date butoir du 1er janvier 2002, tandis que la majorité (60%) se réserve pour l'année prochaine, 42% d'irréductibles étant même " certains " de ne pas anticiper l'échéancier.

Ces résultats sont indéniablement loin des objectifs fixés par le gouvernement de 70% de paiement par carte bancaire ou chèques en euros à la fin du mois de novembre 2001. Ces scores inférieurs aux prévisions doivent cependant être fortement relativisés, d'une part par l'absence de contrainte immédiate, d'autre part par le sentiment répandu que quelques paiement en euros " par anticipation " contribueraient assez peu à faciliter le passage en euros le " jour J ".

La valeur et les prix en euros

Absence de contrainte donc, mais bonne connaissance de la valeur des prix en euro. Si une proportion importante de Français retardent leur passage à l'acte, ils sont prêts pour le grand changement. Ainsi, une écrasante majorité s'est d'ores et déjà appropriée le taux de conversion du franc en euro : 72% des personnes interrogées sur la valeur de l'euro par rapport au franc citent spontanément une valeur comprise entre 6,55 F et 6,6 F ; plus précisément, 62% d'entre eux citent même une valeur compris entre 6,55 F et 6,56 F.

En outre, des ordres de grandeur concernant les prix en euros commencent à s'installer dans la population : ainsi, le fait que 62% des interviewés soient également capables de donner le prix d'une baguette de pain en euros (entre 0,5 et 0,9 euros) témoigne de ce processus en cours d'appropriation progressive de la nouvelle monnaie et ce, dans les actes les plus quotidiens.

Loin d'être automatique, la conversion reste toutefois une opération encore difficile à réaliser : seuls 46% des interviewés sont à même de calculer la valeur en euros de 100 F (entre 15 et 15,5 euros). Là encore, les clivages sociologiques et de revenus sont les plus déterminants. Un score qui souligne, s'il en était besoin, l'importance des efforts à fournir en terme d'information et de communication et du chemin qui reste à parcourir d'ici la fin de l'année.

Fabienne Simon



Voir aussi

L'entrée de l'euro à l'école (septembre 2001)


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