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La situation politique à Paris dans le
contexte des affaires
Le 14 octobre 2000 - A
cinq mois des élections municipales de mars 2001, le sondage réalisé
par la SOFRES pour le Figaro-Magazine auprès des électeurs
parisiens confirme que la gauche peut emporter Paris : les listes de Bertrand
Delanoë l'emporteraient au second tour avec 51 % des suffrages contre
49 % aux listes de Philippe Séguin. Réalisé du 3 au
5 octobre 2000, soit deux semaines après la publication du témoignage
posthume de Jean-Claude Méry, ce sondage permet également de mesurer
l'impact de ces révélations sur le climat dans la capitale.
Au delà
du résultat global, qu'il convient d'interpréter
avec prudence compte tenu de l'éloignement du scrutin
et des nombreuses inconnues qui planent toujours sur la situation
parisienne, plusieurs grands enseignements se dégagent
de cette enquête.
Tibéri :
une réelle capacité de nuisance
Les résultats
des intentions de vote de premier tour montrent que la situation
se complexifie pour la droite : les listes de Philippe
Séguin arrivent certes en tête avec 35% des suffrages,
mais avec trois points d'avance seulement sur les listes de
Bertrand Delanoë. Les listes des Verts réalisent
un score important avec 12% des voix, mais la surprise vient
du résultat des listes Tibéri qui atteignent
10% alors qu'elles étaient jusque là créditées
de scores plus modestes. Enfin, les deux listes d'extrême-droite
obtiennent 8% des voix au total, soit moins que le score du
Front National il y a 6 ans. Le score de Jean Tibéri
est d'autant plus dangereux pour Philippe Séguin que
le maire de la capital obtient des meilleurs scores dans les
arrondissements actuellement détenus pas la droite
que dans ceux détenus par la gauche et notamment dans
trois arrondissements clés pour l'élection du
futur maire de Paris, les 12e , 13e
et 14e arrondissements. Dans ces arrondissements,
les listes Tibéri obtiendraient un peu plus de 10 %
des suffrages et seraient donc en mesure de se maintenir au
second tour.
Les résultats
du second tour confirment la capacité de nuisance des
listes de J. Tibéri pour Philippe Seguin: en cas de
duel, les listes de B. Delanoë l'emportent sur un score
très étroit de 51% contre 49% aux listes de
Ph. Seguin, mais en cas de triangulaire, les listes de B.
Delanoë creuseraient alors l'écart avec 48% des
suffrages, les listes de Ph. Seguin recueillant 39% des voix
et les listes de J. Tibéri, progressant entre les deux
tours, passant à 13%.
Au demeurant,
les Parisiens témoignent toujours d'une opinion très
critique à l'égard de J. Tibéri :
25% d'opinions positives, 66% d'opinions négatives,
mais ce résultat marque toutefois une légère
remontée de la cote de Jean Tibéri avec un recul
de 6 points des jugements négatifs par rapport à
une précédente enquête réalisée
au printemps dernier. De même, on constate que la quasi
totalité des électeurs parisiens (80%), considèrent
qu'avec l'arrivée de Jean Tibéri à la
tête de la mairie de Paris en 1995, le financement occulte
des partis a continué. On ressent toutefois une certains
distance des Parisiens à l'égard des affaires
autour de la ville, les deux tiers d'entre eux considérant
que la situation de Paris n'est pas très différente
de ce qui a pu se passer dans les autres grandes villes.
Le feuilleton
de la Mairie de Paris contient sans doute encore de nombreux
rebondissements et il serait présomptueux d'attacher
trop d'importance à des résultats recueillis
dans une période particulièrement agitée.
Pour autant, 14 ans après le deuxième grand
chelem de Jacques Chirac à la Mairie de Paris, la victoire
de la gauche dans la capitale est une hypothèse de
plus en plus crédible.
Carine Marcé

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