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Observatoire du logement - vague 5
Les Français, les maires
et la question du logement
Le 14 novembre 2007 - D'après notre étude réalisée pour Nexity, la recherche d’un logement est jugée toujours très difficile, même si les Français sont moins négatifs que les maires sur ce point : 78% estiment qu’il est plutôt voire très difficile de trouver un logement aujourd’hui en France, pour 90% des maires. Depuis le début de notre baromètre (février 2005), cette situation tendue perdure, mais elle semble s’éclaircir un peu pour les Français, puisqu’ils étaient 87% en février 2005 à estimer difficile la situation.
Résoudre la crise du logement : plus qu’une attente, une exigence
Face à cette situation, les Français ont une double exigence vis-à-vis du pouvoir politique :
» Une exigence pragmatique d’abord : résoudre les problèmes liés au logement. En janvier 2007, les Français plaçaient le logement dans le trio de tête des thèmes dont ils voulaient que l’on parle dans la perspective des élections présidentielle et législatives (45%), derrière l’emploi (72%), les retraites (46%) et au même niveau que le pouvoir d’achat (45%).
» Une exigence politique enfin, et ce pour plusieurs raisons. D’abord, parce que les Français ont le sentiment que les politiques peuvent agir sur ce sujet : 77% pensent que le président de la République et le gouvernement de François Fillon pourront changer les choses en matière de logement, dont 25% en profondeur et 52% seulement à la marge. Ensuite, parce qu’ils sont convaincus que leur exigence est de plus en plus prise en compte par les différents gouvernements successifs : 70% pensent que le logement et l’urbanisme tiennent une place importante dans l’action gouvernementale (vision partagée par les maires dans les maires proportions). Ils étaient 56% en mars 2005 et 61% en janvier 2007, alors que chez les maires, cette opinion est stable depuis février 2005. Enfin, parce qu’au niveau local, les maires s’estiment attendus sur le thème du logement (46% pensent que le logement est le thème que prennent le plus en compte leur concitoyens pour dresser le bilan de leur action à quelques mois des élections municipales) et que sur ce point, les Français dressent un bilan en demi-teinte : s’ils sont 63% à estimer plutôt positif le bilan de leur municipalité en terme de logement et d’urbanisme, ils sont bien plus nombreux encore à estimer plutôt positif le bilan en terme de propreté de la ville (83%), d’embellissement de la ville (82%), de travaux d’aménagement (80%) ou encore en terme de sécurité des habitants (76%).
Quant à la vision de l’avenir des Français et des maires, celle-ci diffère totalement : si les Français s’avèrent pessimistes, surtout pour la situation nationale (seuls 30% estiment que dans les années qui viennent, les choses en matière de logement vont s’améliorer en France), les maires se montrent quant à eux plus optimistes, surtout pour leur ville : 79% estiment que les choses vont s’améliorer dans leur ville.
Comprendre la crise du logement : qui, quels logements ?
La situation en matière de logement semble donc, dans son ensemble, difficile pour les Français comme pour les maires. Elle reste toutefois contrastée selon le type de population touchée et les catégories de logements concernées. Ainsi, la situation est perçue de manière encore plus négative par les Parisiens, les résidents de logements sociaux, les foyers modestes et les locataires. De même, la situation est jugée plus difficile pour les logements d’urgence pour les plus démunis (81% des Français et 95% des maires trouvent qu’il est difficile d’en trouver un), les logements sociaux (respectivement 74% et 87%) et les logements en location (65% et 79%) que pour les logements en accession à la propriété (57% et 56%).
La crise du logement : quelles solutions ?
Construire davantage de logements ?
La volonté de lancer de nouveaux programmes de construction est présente chez les Français comme chez les maires avec, chez ces derniers, une priorité donnée aux logements sociaux. Il est d'ailleurs intéressant de noter que, pour les Français comme pour les maires, la volonté de construire des logements, quelle que soit leur nature (en accession à la propriété, social, ou d’urgence) est plus forte en France que près de chez soi, surtout pour les logements sociaux (-12 points entre le souhait de construction en France et le souhait de construction dans sa ville, que ce soit pour les Français ou pour les maires). Autrement dit, oui à la construction de logements sociaux, mais si possible, pas chez soi.
Augmenter la densité ?
Si le développement horizontal des logements est souhaité par les Français et leurs maires, il en va autrement du développement vertical : ainsi, seuls 17% des Français sont prêts à accepter des bâtiments de plus de 4 étages. Même une fois expliqué que l’autorisation d’une plus grande hauteur de bâtiment pouvait faire baisser le prix des logements, cette proportion n’augmente guère : de 17% elle passe à 22%. Augmenter la taille des bâtiments construits ne semble d’ailleurs pas, selon les maires, une solution efficace pour résoudre la crise du logement : seuls 23% partagent cette opinion, contre 75% pensant que ce ne serait pas efficace (dont 42%, pas du tout).
Favoriser l’accession à la propriété ?
Maires et Français sont d’accord, dans des proportions toujours supérieures à 80%, pour dire que l’objectif de favoriser l’accession à la propriété est une bonne chose, que ce soit pour la société, pour sa situation personnelle / pour la situation du logement dans sa municipalité ou pour résoudre la crise du logement. Les mesures proposées par le gouvernement pour favoriser l’accession à la propriété sont jugées efficaces par les Français et par les maires, exception faite du relèvement de 20 à 30% de l'abattement d'Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) au titre de la résidence principale. Le prêt à taux zéro et la déduction fiscale des intérêts d’emprunt pour l’achat d’une résidence principale sont quant à elles plébiscitées par les Français et par les maires, près de 90% d’entre eux les trouvant efficaces pour favoriser l’accession à la propriété de tous les Français.
Mettre en place le droit au logement opposable ?
Quant au droit au logement opposable, cette mesure laisse les Français dubitatifs : 44% juge cette mesure efficace pour résoudre les problèmes de logement, 45% inefficace et 11% ne sont pas en mesure de se prononcer.
Sarah Basset
Fiche Technique
Pour les Français : étude réalisée les 29 et 30 août 2007 auprès d’un échantillon de 1000 personnes représentatif de l’ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, interrogées en face à face à leur domicile par le réseau des enquêteurs de TNS Sofres.
Pour les maires : étude réalisée du 27 août au 7 septembre 2007 auprès d’un échantillon de 400 maires représentatif des communes de plus de 3000 habitants, interrogés par téléphone par le réseau des enquêteurs de TNS Sofres.
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Fabienne Simon / Sarah Basset
Département Stratégies d'Opinion
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