Les Franciliens et les transports

Le 15 juin 2004 - D'après notre étude réalisée pour GIE-Transports publics auprès des Franciliens sur les transports et la mobilité, deux Franciliens sur 3 considèrent que la question des transports est " prioritaire " (21%) ou " très importante " (45%). Par ailleurs, 29% la jugent " assez importante " et seuls 5% " pas très importante ". Par ailleurs , même si une large majorité des Franciliens (68%) estiment que la situation des transports et des déplacements est globalement assez bonne ou très bonne dans leur région, une analyse plus en détails fait émerger un jugement beaucoup plus contrasté.

Les transports, une question prioritaire pour les Franciliens

Dans des proportions assez importantes (2 sur 3), les Franciliens considèrent que la question des transports est " prioritaire " (21%) ou " très importante " (45%). Par ailleurs, 29% la jugent " assez importante " et seuls 5% " pas très importante ".

C'est incontestablement l'un des résultats les plus marquants de cette étude, la question des transports et des déplacements devançant en effet la sécurité (39% de citations) et l'emploi (33%) dans la liste des sujets jugés prioritaires.

Les Franciliens et les transports : un jugement contrasté

Même si une large majorité des Franciliens (68%) estiment que la situation des transports et des déplacements est globalement assez bonne ou très bonne dans leur région, une analyse plus en détails fait émerger un jugement beaucoup plus contrasté.

D'une part, les habitants de la Grande couronne sont plus partagés avec 59% de jugements positifs pour 79% dans la Petite couronne et 68% à Paris. D'autre part, derrière cette bonne appréciation globale se cache de fortes disparités selon les différents aspects de la question des transports et des déplacements :

Les Franciliens sont nettement satisfaits d'une série de domaines liés à la qualité des transports publics : l'accueil (77% de satisfaits), la rapidité (70%), le confort (66%), la fréquence de passage (65%), l'information (65%) et le respect des horaires (61%) ;

Le jugements des interviewés est plus partagé sur une deuxième série de domaines ayant trait à la vie au quotidien dans les transports publics : les horaires des premiers et derniers trains/bus (54%), la sécurité (52%), la propreté (46%) ou encore l'animation, le caractère convivial (43%) ;

Enfin, les Franciliens sont plus critiques en ce qui concerne les tarifs (36% de satisfaits), les connexions de banlieue à banlieue (30%), l'affluence aux heures de pointe (29%), la desserte de quartiers excentrés (28%) et les grèves (22%). Enfin, l'accessibilité pour les personnes âgées et handicapés termine bonne dernière de ce palmarès (16%). C'est incontestablement un point noir de la question des transports et des déplacements en Ile-de-France.

Les pratiques des Franciliens

La question relative à la fréquence d'utilisation de différents modes de déplacement consacre la prédominance de trois d'entre eux : la marche à pied (pratiquée par 59% des Franciliens tous les jours ou presque et par 83% au moins une fois par semaine), la voiture (35% tous les jours, 69% au moins une fois par semaine) et les transports publics (33% et 64%). Les Parisiens, du fait de la densité du réseau dans leur ville, en font aussi une utilisation largement supérieure à la moyenne des Franciliens (51% tous les jours, 88% au moins une fois par semaine) ;

Les résidents de la Grande couronne sont en revanche beaucoup plus nombreux à utiliser la voiture (54% tous les jours, 82% au moins une fois par semaine).

Les interviewés déclarent employer de manière marginale les autres modes de déplacement : ainsi, ils sont entre 68% et 90% à ne jamais utiliser le taxi, le vélo, les modes de transport alternatifs (roller, trottinette, etc.) et les deux roues motorisées. Remarquons que 17% tout de même déclarent se déplacer en vélo au moins une fois par semaine.

Les préconisations des Franciliens en matière de transport dans leur région

Sur la méthode, les Franciliens souhaitent majoritairement que la pédagogie, l'écoute et la concertation soient privilégiées, au détriment des méthodes autoritaires et des décisions prises hâtivement. Ainsi, près des deux tiers des interviewés estiment que " des mesures plus éducatives qui pousseraient les gens à se responsabiliser eux-mêmes, quitte à ce que ça prenne plus de temps " permettront d'inciter les gens à utiliser davantage les transports publics (contre 33% qui privilégient des mesures plus radicales).

La priorité : le développement des transports publics

Interrogés sur les moyens qu'ils jugent les plus adéquats pour améliorer la situation des transports et déplacements en Ile de France, les interviewés ont plébiscité les solutions ayant trait aux transports publics quisont en effet jugées systématiquement très importantes ou prioritaires par 73% à 98% des Franciliens.

Une amélioration qualitative de la situation des transports publics en Ile de France aussi bien au niveau de la sécurité, de la propreté, du respect des horaires est également jugée prioritaire par 38% à 44% des personnes interrogées.

Les Franciliens souhaitent également une meilleure offre quantitative puisque 44% pensent qu'il est prioritaire d'augmenter le nombre de transports publics.

La question des tarifs est par ailleurs mise en avant puisque 38% des Franciliens jugent prioritaire de créer des tarifs plus intéressants, pour tous.

Les attentes des Franciliens en matière de transports publics

D'une part, une forte majorité des interviewés (61%) estiment qu'il faudrait développer en priorité les liaisons de banlieue à banlieue .

Sans surprise, c'est en petite et grande couronnes que la proportion de ceux qui souhaitent une amélioration des liaisons banlieue/banlieue est la plus élevée (respectivement 66% et 64% contre 48% à Paris). Les jeunes de 18 à 24 ans sont eux les plus nombreux à souhaiter un développement des liaisons Paris/banlieue (38% contre 19% en moyenne).

D'autre part, la question des transports publics la nuit est un objectif à atteindre pour 69% des interviewés. Pour plus d'un Francilien sur quatre (27%) il s'agit même d'un objectif qui doit être prioritaire quand 42% estiment qu'il s'agit " d'un objectif parmi d'autres ". Sur cette question on peut observer des divergences très importantes selon l'âge des interviewés : c'est bien entendu chez les plus jeunes, grands utilisateurs des transports publics que la demande est la plus forte. Géographiquement, c'est à Paris que se trouvent les plus fervents partisans des transports la nuit (33% des Parisiens l'estiment prioritaire, seuls 23% pensent que ce n'est pas une priorité).

Le rejet des solutions payantes

Toutes les questions ayant trait à la limitation de l'usage de la voiture en Ile de France montrent un rejet des solutions payantes. Ainsi, seuls 23% des Franciliens pensent que " taxer les utilisateurs de voiture (autres que les utilitaires) " est un moyen prioritaire ou très important pour améliorer la situation des transports dans leur région.

Florian PHILIPPOT




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