Le 15
octobre 2003 - Réalisée pour le ministère
délégué à la Famille
et publiée dans La Croix, notre étude
fait le point sur l'opinion et les attentes des adolescents
à l'égard de la société. Principal
enseignement : il existe une dissociation entre la
perception empreinte d'optimisme de leur situation personnelle
- vie actuelle, espoirs, craintes et perspectives -d'une
part, et le regard plus nuancé qu'ils portent sur
la société française, d'autre part.
Des adolescents
à l'aise dans la société
Les adolescents
semblent plutôt à l'aise dans la société
actuelle. La quasi-totalité d'entre eux (94%) se
déclarent plutôt à l'aise dans la
société actuelle (25% des adolescents se
déclarent très bien dans la société
française actuelle et 69% se déclarent assez
bien), le mal-être étant réduit à
une toute petite minorité (6%) ;
De même,
les adolescents considèrent pour la plupart d'entre
eux que leurs études les préparent bien
à l'avenir, contre 12% seulement qui expriment
le contraire.
Cette aisance
doit sans doute beaucoup aux bonnes relations que les
adolescents entretiennent avec leur entourage proche.
Invités à préciser ce qui compte
le plus pour eux actuellement, les adolescents mettent
en avant deux piliers : la famille (54%) et les amis
(50%) juste avant le fait de trouver un métier
intéressant (45%). Les grands idéaux ne
viennent qu'après : la paix (28%), la liberté
(22%) et même l'amour ne commencent à prendre
de l'importance que parmi les plus âgés.
Un regard
plus nuancé sur la société
A l'inverse,
le regard porté sur la société est
plus nuancé. Les adolescents se montrent partagés
sur l'avenir de la société française :
la majorité d'entre eux (55%) se déclarent
confiants contre 44% seulement inquiets. Les plus âgés
se montrent majoritairement pessimistes (55% contre 45%),
tandis que les 13-15 ans témoignent d'un plus grand
optimisme.
De même,
la comparaison avec le passé n'est pas sans critiques :
si une petite majorité (42%) considèrent
que l'époque dans laquelle nous vivons est plus
facile pour les jeunes qu'une autre époque, 32%
la trouvent plus difficile et 25% à peu près
comparable ;
Enfin, les
craintes des adolescents sont focalisées sur des
dimensions très générales :
la guerre (56%), le racisme (49%), le SIDA (37%). A propos
de l'école, ils évoquent également
beaucoup plus souvent des problèmes de société
- la violence (47%), le racisme (42%) - que des problèmes
d'organisation de la vie scolaire : la mauvaise orientation
des élèves arrive en quatrième position,
le manque de soutien scolaire en cinquième position,
etc.
Les adolescents
optimistes sur leur avenir personnel
Cette situation
un peu schizophrénique n'amène pas les adolescents
à douter de leur avenir tout au moins pour la plupart
d'entre eux. On constate que 75% se déclarent très
ou assez confiants dans leur avenir personnel, 25% se
disent inquiets - soit quand même d'un adolescent
sur quatre. On notera en outre un léger décalage
selon les sexes, les filles s'avouant plus inquiètes
que les garçons notamment parmi les 16-18 ans (une
fille sur trois).
A cela, notre
étude offre quelques pistes pour répondre
aux attentes des jeunes.
En premier
lieu, les adolescents sont demandeurs d'actions concrètes
: faciliter la possibilité de travailler pendant
l'été (49%) ; permettre de voyager
à prix réduit (45%) ; baisser le prix
des places de cinéma (32%).
Les adolescents
sont également très demandeurs d'une meilleure
écoute qu'ils expriment à leur façon :" Il
faudrait mettre en place plus de structures pour nous
écouter, il faut que les gens apprennent à
moins juger sur l'apparence." ; " Il faut
que le gouvernement crée un organisme pour écouter
les jeunes." ;" Le gouvernement, les adultes,
les enseignants devraient être plus à notre
écoute : ils devraient nous faire confiance
en nous laissant plus de liberté. " ;
" Il faudrait mettre en place des associations
dans lesquelles les jeunes pourraient venir et parler
avec des adultes ou d'autres jeunes un peu plus vieux. "
; " Il faut que le Ministre de l'Éducation
passe dans les écoles afin d'avoir une idée
de ce que veulent les jeunes. "
Carine Marcé