Le 11 février 2004 -
Notre étude réalisée à l'occasion du centenaire du Moniteur porte
sur la perception des Français à l'égard de leur cadre de vie. Principaux enseignements :
les Français aspirent à un contact plus fort avec la nature et se montrent favorables
à un certain statu quo dans leur environnement quotidien.
Une approche très concrète de la qualité de
vie
Interrogés de manière spontanée sur leur définition
de la qualité de vie, près de la moitié des Français (45%) évoquent leurs conditions
de ressources, de façon très concrète.
En dehors de cette dimension financière, les
Français soulignent de nombreux aspects, tournant pour la plupart autour de leur
mode de vie : l'emploi (16% de citations), la santé (13%), la tranquillité
(11%), l'environnement (9%) et la famille (9%). Seule une petite minorité (11%)
met en avant des valeurs humanistes pour définir la qualité de vie (le bonheur,
l'égalité pour tous, la liberté, la paix).
Les Français mettent par ailleurs l'accent sur
des problématiques très concrètes quand il s'agit d'accroître leur qualité de
vie. Ainsi, 43% d'entre eux jugent prioritaire l'amélioration de leur environnement,
de leur quartier pour y parvenir. L'aspect financier arrive immédiatement après
puisque plus d'un tiers (35%) évoquent le coût du logement, avec un pic très important
chez les jeunes de 18 à 24 ans (55%). La proximité de commerces (26%) se place
en troisième position.
Le choix du statu quo
Globalement satisfaits de leur qualité de vie,
les Français se montrent favorables à un certain statu quo, privilégiant les évolutions
en douceur aux bouleversements en profondeur.
Ainsi, sur l'évolution des impôts locaux, 65%
des personnes interrogées manifestent leur préférence pour une stabilisation de
leur montant à niveau égal de services et d'investissements. Seuls 17% souhaitent
une baisse conjuguée des impôts locaux et des investissements et 12% une baisse
des impôts locaux assortie d'une hausse des services.
Autre signe de ce choix du statu quo : la
très nette préférence des Français pour les travaux légers afin d'améliorer les
courts trajets : pistes cyclables (citées dans 43% des cas), espaces piétonniers
(37%) et réseau de bus (37%). Le métro n'a été évoqué que par 5% des Français
alors que seuls 14% d'entre eux ont fait référence à un autre équipement lourd,
le tramway.
Enfin, les personnes interviewées sont très massivement
opposées à la mise en place d'un péage à l'entrée des grandes villes sur le modèle
londonien : 52% s'y déclarent très opposées et 24% plutôt opposées. Les partisans
de ce projet ne sont que 18%. Ce type de péage n'est d'ailleurs pas jugé particulièrement
dissuasif pour la circulation en voiture en ville puisque 38% des Français estiment
qu'une meilleure desserte par les transports en commun pourrait les amener à ne
plus utiliser la voiture en ville ; la solution du péage n'arrive qu'en deuxième
position avec 36% de citations.
L'aspiration des Français à la nature
Notre étude met en avant l'aspiration d'une majorité
de Français à vivre à la campagne. Ce sentiment est en effet partagé par 47% des
Français quand 34% d'entre eux marquent leur préférence pour la ville moyenne.
Il faut bien noter que cette aspiration résonne comme un idéal pour les personnes
interrogées, idéal qui ne serait réalisable que dans un univers sans contraintes.
Parallèlement, un très net rejet des grandes
villes se dessine. La grande ville ne recueille les préférences que de 8% des
Français alors que seuls 3% d'entre eux choisissent Paris et 2% la banlieue parisienne.
Cette aspiration touche toutes les catégories d'âge, avec une pointe chez les
25-34 ans et les 35-49 ans. Seuls les jeunes (18-24 ans) se montrent un peu moins
friands de vie à la campagne que les autres catégories (34%).
Au-delà de ce rejet des grandes villes, les Français
ne souhaitent pas habiter en centre ville (57% n'aimeraient pas du tout et 16%
aimeraient peu). Seuls 26% seraient attirés par le ce lieu d'habitation.
Chassez le naturel, les Français le feront revenir
au galop. A défaut de vivre à la campagne, les Français souhaitent ainsi davantage
d'espaces verts à domicile : invités à indiquer sur quels types d'espaces
ils préféreraient mettre l'accent dans leur logement actuel, les interviewés placent
largement en tête les espaces verts (50% de citations) devant les espaces dédiés
à la convivialité comme les salons ou bibliothèques (38%) et ceux destinés aux
loisirs (36%).
Sans surprises au regard de ces constatations,
la proximité de la nature (mer, montagne, campagne) est l'élément jugé le plus
déterminant par les Français pour le choix de leur région d'habitation à l'horizon
2010 (cité dans 53% des cas). Le climat se place en deuxième position (45%), suivi
de la proximité de la famille (37%).
Pour autant, les Français mettent en avant d'autres
préoccupations quand on leur demande quels sont les éléments qui seraient déterminants
dans le choix de leur commune d'habitation à l'horizon 2010. La sécurité prend
ici nettement la première place (49% de citations), devant les commerces de proximité
(38%), les possibilités de déplacement (36%) et l'environnement (33%).
Florian PHILIPPOT & Carine
Marcé