Ecole :
regards croisés parents-enseignants


Le 16 octobre 2006 - Présentée lors des Entretiens Nathan du samedi 14 octobre 2006 à la Maison de l'Unesco, notre étude réalisée pour Nathan fait le point sur les perceptions croisées des parents et des enseignants à l'égard de l'école et de son évolution. Principal enseignement : la perception globale de l'enseignement en France est majoritairement positive chez les parents d'élèves comme chez les enseignants.

L'école aujourd'hui : satisfaction et optimisme.

La perception globale de l'enseignement en France est majoritairement positive chez les parents d'élèves comme chez les enseignants, à des niveaux très comparables : 77% des parents estiment, qu'à l'heure actuelle, l'école fonctionne bien (contre 23%) pour 74% des enseignants (contre 23%).

On notera une opinion plus franchement positive chez les parents d'élèves comme chez les enseignants de l'école primaire et légèrement plus en retrait sur le secondaire.

En ce qui concerne l'avenir de l'école, les parents apparaissent en revanche plus confiants que les enseignants : 61% se disent optimistes (contre 39%), alors qu'une courte majorité d'enseignants partagent cet avis (52% contre tout de même 48%). Parmi les plus pessimistes : les enseignants du collège (54%), des ZEP (54% également) et ceux qui exercent dans les académies de Paris, Créteil, Versailles (57%).

. malgré une détérioration sur les 10 dernières années

Si pour une majorité de parents et d'enseignants, l'école fonctionne mieux aujourd'hui qu'il y a 50 ans (respectivement 52% et 54% contre 41% et 34%), en revanche le constat s'inverse quand on prend pour référence une période plus récente. Plus de la moitié des parents d'élèves estiment alors que l'école fonctionne moins bien aujourd'hui qu'il y a une dizaine d'années (58% contre 34%), les enseignants étant encore plus critiques sur ce point (65% contre 24%). Parmi les parents d'élèves, les plus sévères sont ceux dont les enfants sont scolarisés - par déception ? - dans le privé (70% estiment que l'école fonctionne moins bien qu'il y a dix ans) au lycée (67%) et notamment en lycée professionnel (72%). Les enseignants des lycées professionnels comptent d'ailleurs aussi parmi les plus négatifs (80%), de même que ceux qui exercent en ZEP (73%) et dans les académies de Paris, Créteil, Versailles (79%).

Amenés à se prononcer plus en détail sur les évolutions de l'école, parents comme enseignants s'accordent à dire que les choses vont mieux s'agissant du matériel pédagogique (88% des parents dont 33% pour qui cela va beaucoup mieux, 88% des enseignants et 45% beaucoup mieux).

L'école semble également avoir évolué dans un sens positif concernant les notes et l'évaluation des acquis. Un point sur lequel les enseignants apparaissent d'ailleurs plus affirmatifs que les parents (57% des parents déclarent l'école s'est améliorée en la matière pour 67% des enseignants).

Les uns et les autres dressent encore un constat identique, mais cette fois négatif quant à l'autorité des professeurs : pour 84% des parents d'élèves comme des enseignants, l'école fonctionne moins bien sur cet aspect (dont respectivement un tiers et un quart beaucoup moins bien).

Les appréciations sont en revanche contrastées sur les relations entre l'école et les parents justement : 71% des parents estiment que les choses se sont améliorées (contre 28%) pour seulement 51% des enseignants (contre 46%). Là, on notera le jugement particulièrement négatif des enseignants les plus jeunes, de ceux du privé et des lycées professionnels.

Les opinions diffèrent encore plus franchement sur l'encadrement et le suivi des élèves par les professeurs :les parents se montrant très critiques sur ce point (53% déclarent que sur cet aspect l'école fonctionne moins bien) quand, à l'inverse, une large majorité d'enseignants (72%) estiment qu'elle fonctionne mieux.

L'école réussit la socialisation mais achopperait sur la transmission

Les opinions des parents et des enseignants convergent sur l'appréciation portée sur la façon dont l'école assume ses différentes missions. Pour une très large majorité d'entre eux, les choses vont mieux aujourd'hui s'agissant du respect de l'égalité entre les filles et les garçons (85% des parents et 91% des enseignants) et de l'apprentissage de la vie en société (75% et 82%). C'est également le cas, dans une moindre mesure pour la prise en charge des élèves en difficulté (62% et 75%) et le respect de l'égalité des chances donnée aux enfants de toutes origines (58% et 60%). Les enseignants, on le voit, étant légèrement plus affirmatifs sur chacun de ces points.

Parents et enseignants sont relativement partagés quant à la préparation à la vie professionnelle (46% des parents estiment que les choses vont mieux contre 51% pour respectivement 45% des enseignants contre 49%).

Les uns et les autres s'accordent en revanche sur le fait que les évolutions ne vont pas dans le bon sens en matière de transmission d'un socle de connaissances de base (51% des parents et 56% des enseignants estiment que les choses vont moins bien), mais plus encore de transmission de valeurs morales et civiques (72% des parents, 67% des enseignants). Sur ces deux derniers points, les parents d'élèves et enseignants du secondaire se révèlent d'ailleurs particulièrement sévères.

On ajoutera que si les parents d'élèves sont plutôt satisfaits de la façon dont évolue l'enseignement d'un certain nombre de disciplines comme les langues vivantes (88% estiment qu'elles sont mieux enseignées), les sciences (80%), l'éducation physique et sportive (79%), les arts plastiques et la musique (76%), et, dans une moindre mesure mais de façon toujours majoritairement positive les mathématiques (69%), l'histoire et la géographie (58%), en revanche, le constat portant sur les disciplines considérées de base comme la lecture et l'écriture (29%) et l'orthographe (22%) est catastrophique.

Un consensus sur l'individualisation de l'enseignement

Parents et enseignants apparaissent assez en accord sur les principales priorités de l'école pour les années à venir.

En tout premier lieu, il leur semble essentiel de réduire le nombre d'élèves par classe (prioritaire pour 72% des parents et 75% des enseignants) et augmenter le nombre de professeurs (72/66). Prioritaire également : le développement du soutien individuel (57/59) et l'amélioration de l'enseignement des langues vivantes (55/51).

Des nuances apparaissent ensuite dans la hiérarchie de leurs préoccupations. Faire travailler plus souvent les élèves sur des projets concrets apparaît prioritaire pour les parents mais important sans forcément être prioritaire pour les enseignants. Tout comme le développement de l'intégration des nouvelles technologies dans l'enseignement

Le recours plus fréquent à des sanctions se révèle plus important pour les parents (75% dont 33% prioritaire) que pour les enseignants (59% contre tout de même 40 % pour qui c'est secondaire).

Finalement, la question des programmes, certes, importante, n'apparaît qu'au second plan pour les uns comme pour les autres.

Des nuances sur la place des nouvelles technologies

Si parents et enseignants s'accordent sur le fait que l'usage des nouvelles technologies permet de motiver les élèves, en revanche, l'utilité pédagogique de ces outils semble moins évidente aux enseignants.

65% des parents estiment que les nouvelles technologies permettent à chaque élève de progresser à son rythme pour 57% des enseignants. 59% des parents pensent qu'elles permettent également d'évaluer les élèves plus régulièrement plus précisément, opinion contre laquelle s'inscrivent les deux tiers des enseignants (62%).

Cela étant, plus de 8 parents sur 10 estiment que les nouvelles technologies doivent faire l'objet d'un enseignement spécifique avec des enseignants dédiés et ils sont en cela suivis par deux tiers des enseignants (65%). Mais si 38% des parents vont jusqu'à penser que ces technologies peuvent se substituer aux outils scolaires traditionnels (contre tout de même 62%), ce n'est le cas que de 19% des enseignants.

Pour les deux tiers des parents en tous cas, l'école doit équiper tous les élèves d'un ordinateur personnel (63%) quand un tiers estiment que ce serait trop coûteux et qu'un ordinateur par classe est suffisant (36%). Bien que majoritairement d'accord avec les parents d'élèves, les enseignants apparaissent toutefois plus sensibles à ce dernier argument (52% contre 45%).

Fabienne Simon et Guénaëlle Gault




 
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