Le plan de recrutement de personnels
dans l'Education Nationale

Le 16 novembre 2000 - L'étude réalisée par la SOFRES pour La Dépêche du Midi peu avant l'annonce, par le gouvernement, du plan pluriannuel de recrutement de personnels dans l'éducation nationale, montre que l'opinion y est largement favorable, confirmant à la fois ses attentes en matière d'éducation nationale et son a priori favorable à l'égard de la création d'emplois de certaines catégories de fonctionnaires.

Le gouvernement a annoncé mercredi 15 novembre un plan pluriannuel de recrutement de personnels dans l'éducation nationale qui prévoit, au total, 185 000 recrutements en cinq ans.Interrogés peu avant l'annonce de ce plan, les Français s'y montrent très largement favorables. Sur le principe, 87% d'entre eux déclarent approuver cette décision (contre 10%) et 82% estiment par ailleurs que " c'est une bonne chose car avec ce plan l'Etat s'engage vraiment à recruter ces personnels ", alors que seuls 15% jugent au contraire que " c'est une mauvaise chose car l'Etat n'a pas besoin d'engager des fonctionnaires supplémentaires ".

Au delà du soutien massif de la décision gouvernementale, ces résultats confirment d'abord que si les Français se montrent vigilants sur les dépenses publiques ils continuent de soutenir, alors que la situation de l'emploi s'améliore, la création d'emplois publics dans certains secteurs. Ceci est d'autant plus vrai pour un domaine, l'éducation nationale, qu'ils jugent prioritaire pour l'action gouvernementale (cf. l'étude sur les attentes des Français en la matière), et pour une catégorie de personnel qui bénéficie d'une image très positive. D'autres études ont ainsi montré que les Français opéraient une distinction assez nette, au sein des personnels de la fonction publique, entre les " fonctionnaires bureaucrates " qu'ils jugent négativement, et d'autres catégories de personnels comme les enseignants, les policiers ou les infirmières, qu'ils jugent plus favorablement. Par ailleurs, au sein de la fonction publique, le métier d'enseignant est celui qui à la préférence des personnes qui souhaitent pour elles même, ou pour leur enfant, devenir fonctionnaire. Enfin, les revendications des syndicats pour l'augmentation des moyens en général, et la création de postes en particulier, largement relayées par les médias lors des derniers mouvements de grève, ont largement sensibilisé les Français à ces questions.

Derrière ce consensus, sans pour autant parler de clivage car le soutien reste largement majoritaire, on constate une différence sensible des jugements dans certains catégories de la population. Les sympathisants de gauche (69% " approuvent tout à fait ") et les parents d'élèves (62%) s'y montrent plus favorables que les sympathisants de droite (43%) ou les personnes n'ayant pas d'enfant scolarisé (54%). La réponse " tout à fait favorable " tombe même à 30% chez les sympathisants de Démocratie Libérale, dont les effectifs sont faibles dans ce sondage, mais dont on connaît les penchants libéraux. Un chiffre à rapprocher de l'accord de 69% de sympathisants du PS, soutiens traditionnels de l'emploi public et de l'intervention de l'Etat. Les libéraux sont d'ailleurs les seuls à être partagés sur l'engagement et le volontarisme de l'Etat, 43% jugeant que ce plan est "  une mauvaise chose car l'Etat n'a pas besoin d'engager des fonctionnaires supplémentaires ", alors que seuls 6% des sympathisants du PS adhérant à ce jugement.

Enfin, on constate que c'est dans les collèges et les lycées que le recrutement d'enseignants est jugé le plus prioritaire (59% " tout à fait prioritaire "), pour 50% dans les écoles maternelles et élémentaires et 48% dans l'enseignement supérieur. Certes, dans ces questions, les personnes interrogées devaient se prononcer sur la priorité de recrutements différents en volume selon le type d'établissement : 6000 pour les collèges et lycées, 2000 pour la maternelle et le primaire et 2 500 dans l'enseignement supérieur. Mais leurs réponses témoignent à tout le moins de leur accord - plus le nombre est important, plus la priorité est grande - comme de la priorité accordée aux collèges et aux lycées, comme l'on montré différentes enquêtes.

Stéphane Marcel




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