Les intentions d'achat des Français
pour Noël

Le 16 novembre 2005 - A l'approche de la fin de l'année, le pouvoir d'achat reste au centre des préoccupations des Français. Cette inquiétude s'aggrave même depuis l'an dernier à la même époque : tel est le principal enseignement de notre étude réalisée pour le groupe Casino et L'Hémicycle qui montre en effet que les Français ont, encore plus que l'an dernier, l'intention de se restreindre dans leurs dépenses de fin d'année. 

Globalement, les intentions de dépenses pour Noël reculent par rapport à l'an dernier

En majorité, les Français déclarent que « par rapport à l'an dernier », leurs dépenses de Noël seront « ni plus ni moins élevées » : (45%, - 4 points par rapport à l'an dernier). Ce recul des intentions d'un maintien des dépenses va de pair avec une progression des intentions de restriction : 38% des Français pensent aujourd'hui que leurs dépenses de Noël seront « un peu moins élevées » ou « beaucoup moins élevées » que l'an dernier (+ 5). Une minorité équivalente à l'an dernier (16%) pense que ses dépenses pour Noël seront « un peu plus élevées » ou « beaucoup plus élevées ».  

Le climat de restriction gagne les catégories qui y résistaient le mieux l'an dernier, et s'homogénéise entre les différentes catégories sociales 

Les 18-24 ans ont toujours l'intention, plus que les autres classes d'âge, de dépenser plus que l'an dernier : 26% le disent ; mais ils sont moins nombreux que l'an dernier (- 6 points). En revanche, les 25-34 ans, avec 15% d'intentions de dépenses plus élevées, ont rejoint la moyenne.  

De la même manière, on observe des effets de bascule importants entre les intentions de maintien et les intentions de restriction. Ce phénomène est massif chez les indépendants : 47% projettent de maintenir leurs dépenses, (-12 points par rapport à l'an dernier), et 38% de se restreindre, (+11 points). Mêmes effets de bascule dans les foyers cadres : 44% d'entre eux pensent maintenir leur niveau de dépenses (-15), 40% projettent de dépenser moins (+16) par rapport à l'an dernier. En d'autres termes, les foyers cadres sont presque aussi nombreux, cette année, à penser se restreindre qu'à penser maintenir leurs dépenses. 

C'est aussi le cas des sympathisants de droite, auprès desquels on observe le même phénomène de bascule entre intention de maintien et intention de restriction.  

Enfin, de façon marginale, les intentions de dépenses plus élevées sont légèrement plus importantes cette année que l'année dernière chez les 50-64 ans (19%, +10 ; elles étaient en effet très basses l'an dernier), ainsi que chez les retraités (14%, + 4), comme si les effets de la réforme des retraites ou les craintes de baisse des revenus qui pouvaient y être liées s'estompaient un peu.  

C'est dire qu'en cette fin d'année 2005, le climat en terme de consommation ne s'annonce pas meilleur que l'an dernier. Au contraire, la morosité gagne dans les catégories qui y résistaient le mieux l'an dernier, sans pour autant céder du terrain dans celles qui étaient les plus pessimistes.  

Anne-Hélène Mangin




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