|
Les Français et le
référendum sur le quinquennat
Le 17 juin 2000 - Les Français
se désintéressent massivement du débat sur le quinquennat : 11% seulement
déclarent s'y intéresser "beaucoup" et 27% "assez",
contre 34% qui s'y intéressent "peu" et 28% "pas du tout".
Les moins de 35 ans (33%), les
commerçants et artisans (43%), les employés (32%), les ouvriers (42%) et les sans
préférence partisane (41%) constituent les plus importants bataillons de ceux
que le débat n'intéressent "pas du tout". A l'autre bout de la chaîne,
les plus âgés sont ceux qui s'y intéressent le plus. Mais, quelle que soit
la catégorie sociologique ou politique étudiée, l'intérêt, même mou, n'est jamais
majoritaire.
Il y a au moins deux raisons à
cela :
- Le quinquennat fait l'objet d'un consensus massif
dans la population ; les Français y sont tellement favorables qu'il n'y a
pas, pour eux, matière à véritable débat ; de plus, l'enjeu leur apparaît,
à tort ou à raison, clair et simple : une réduction du mandat présidentiel
de 7 à 5 ans, quoi de plus immédiatement appropriable par les électeurs ?
Lorsque la question est à l'inverse compliquée, on peut être davantage en demande
d'informations et de débats.
- Du côté de l'offre politique, tout concourt
à ce que le débat soit un non débat : la présentation qu'en a faite le Président
de la République, les consignes données tant par le Premier ministre que les groupes
parlementaires de la majorité et de l'opposition de ne pas déposer d'amendements,
et la difficulté qu'ont les acteurs favorables à un quinquennat mais pas à un
quinquennat sec, à montrer que des enjeux importants sont potentiellement à l'ouvre
dans cette réforme.
On voit donc mal, dans ces conditions,
comment pourrait émerger un intérêt pour le débat sur le quinquennat puisque tout
concourt à ce que ce débat n'existe pas. Charles Pasqua et le RPF font figure
ici de Don Quichotte.
L'indice de participation à un
référendum sur le quinquennat, calculé par la SOFRES, reproduit de façon atténuée
ce désintérêt : 43% seulement des Français se déplaceraient pour voter contre
57% qui ne le feraient pas (75% chez les 18-24 ans et 70% chez les ouvriers.).
La participation n'est majoritaire que chez les plus de 65 ans (52%), les sympathisants
du PC (53%) et ceux de l'UDF (50%).
L'intention de vote reste massivement
en faveur de la réduction du mandat présidentiel (84% contre 16%) et les partisans
du NON auront d'autant plus de mal à peser que pour l'instant tout au moins, 67%
des sympathisants du RPF s'apprêtent à voter en faveur du quinquennat.
On pourrait donc s'acheminer vers
une consultation sans véritable campagne ni débat, faiblement mobilisatrice, mais
dont l'issue probable est un oui largement majoritaire : le référendum sur
le quinquennat n'a rien à voir avec celui sur le traité de Maastricht et les surprises
que certains espèrent en établissant cette fausse analogie ne seront probablement
pas au rendez-vous.
Brice Teinturier
Fiche Technique
Enquête réalisée pour LE FIGARO
les 9 et 10 juin 2000 auprès d'un échantillon national de 1 000 personnes
représentatif de la population âgée de 18 ans et plus, interrogées par téléphone
par le réseau des enquêteurs de la SOFRES. Méthode des quotas (sexe, âge,
profession du chef de ménage PCS) et stratification par région et catégorie d'agglomération.
Les résultats
Question : Vous
intéressez-vous au débat sur le quinquennat, c'est-à-dire la réduction du mandat
du président de la République de sept ans à cinq ans ?
|
- Beaucoup
|
11
|
|
- Assez
|
27
|
|
ST Oui
|
38
|
|
- Peu
|
34
|
|
- Pas du tout
|
28
|
|
ST Non
|
62
|
|
- Sans opinion
|
|
INDICE DE PARTICIPATION
|
- A l'intention d'aller voter
|
43
|
|
- N'a pas l'intention d'aller
voter
|
57
|
INTENTION DE VOTE AU RÉFÉRENDUM
|
- Pour la réduction
|
84
|
|
- Contre la réduction
|
16
|
|