Les Français
et leur alimentation
Le 17 octobre 2007 - A l'occasion de la Semaine du Goût qui se déroule du 15 au 21 octobre, TNS Sofres a voulu, pour sa question d'actualité réalisée tous les mois pour le groupe Casino et L'Hémicycle, faire le point sur la perception qu'ont les Français de leur alimentation.
Une alimentation identique à celle d'il y a 10 ans ?
A première vue, les Français ne remarquent pas d'évolutions majeures dans leur alimentation depuis une dizaine d'années : 43% estiment qu'elle n'a pas changé, 30% étant plutôt de l'avis qu'elle s'est détériorée et à peu près la même proportion (27%) qu'elle s'est améliorée.
Pourtant, en poussant le questionnement plus loin, on remarque que cette relative stabilité masque des perceptions contrastées : les Français dénotent des changements notables dans leur alimentation, pour certains positifs et pour d'autres négatifs.
Une diversification des aliments appréciée
Nouvelles marques, nouveaux produits, offre renouvelée et étoffée sans cesse par les entreprises agro-alimentaires, mais aussi ouverture sur le monde et sur les cuisines d'ailleurs, apparition de produits exotiques sur les étals, présence des fruits et légumes quelles que soient les saisons… Les Français ne s'y trompent pas et reconnaissent que leur alimentation s'est diversifiée depuis 10 ans : 46% disent que la situation s'est améliorée dans ce domaine, 37% qu'elle n'a pas changé et 16% qu'elle s'est détériorée.
Une évolution plutôt positive de l'équilibre alimentaire, selon les Français
Les Français ne sont sans doute pas les mieux placés pour analyser l'équilibre de leur propre alimentation, étant dans une certaine mesure juge et partie. Cependant, à l'heure où les pouvoirs publics ont mis en place des campagnes de lutte contre l'obésité et de promotion des fruits et légumes, il est intéressant de constater que les Français évaluent plutôt de manière positive l'évolution de l'équilibre de leur alimentation : 48% estiment que la situation n'a pas changé, 30% qu'elle s'est améliorée et 22% qu'elle s'est détériorée.
Qualité et goût des aliments : des Français critiques
« Ça n'est plus ce que c'était ! » Le poncif maintes fois entendu semble confirmé par notre enquête : 40% des Français estiment que la situation en ce qui concerne la qualité des aliments s'est détériorée (35% qu'elle n'a pas changé et 24% qu'elle s'est améliorée) et 41% qu'elle s'est détériorée en ce qui concerne le goût des aliments (40% qu'elle n'a pas changée et 18% qu'elle s'est améliorée). Dur pour la semaine du goût…
Un regard sur son alimentation plus négatif chez les jeunes
et les catégories sociales peu aisées
Les Français ne portent pas tous le même regard sur l'évolution de leur alimentation. Pas de clivage entre les sexes (les femmes portent à peu près le même regard que les hommes), mais plutôt en fonction de l'âge et de la catégorie sociale.
Les jeunes (de 18 à 24 ans) estiment d'abord prioritairement que la situation de leur alimentation en général s'est détériorée (à 38%, 23% estimant qu'elle s'est améliorée). Le goût des aliments n'est pas ce qu'ils semblent mettre prioritairement en avant (la majorité d'entre eux, 44%, pensent que la situation n'a pas changé pour eux dans ce domaine). Ils semblent davantage préoccupés par la qualité (49% déclarent que la situation s'est détériorée pour eux) ; surtout, davantage que les autres Français, ils mettent en avant la situation de la diversité alimentaire (la situation s'est détériorée pour 25% d'entre eux) et l'équilibre de leur alimentation (la situation s'est détériorée pour 37% d'entre eux). On peut supposer à travers ces résultats que l'autonomie des jeunes, notamment financière, semble se faire au détriment de la qualité de leur alimentation ; le décrochage par rapport à l'alimentation reçue auparavant dans le foyer parental paraît brutal.
La perception change également selon la catégorie sociale : les catégories sociales dites « aisées » comme les cadres perçoivent une évolution plus positive de leur alimentation que les catégories moins favorisées comme les ouvriers : que ce soit en général (45% des cadres estiment que la situation s'est améliorée, alors que 37% des ouvriers pensent eux que la situation s'est détériorée), concernant l'équilibre alimentaire (49% de perceptions d'amélioration chez les cadres, contre 31% de perceptions de détérioration chez les ouvriers), et même la qualité (33% de perceptions d'améliorations chez les cadres, contre seulement 20% chez les ouvriers) et le goût des aliments (26% de perceptions d'améliorations chez les cadres, contre 18% chez les ouvriers).
Guillaume Petit

Fiche Technique : Étude réalisée les 10 et 11 octobre 2007 pour le Groupe Casino / L'Hémicycle auprès d'un échantillon national de 1 000 personnes représentatif de l'ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, interrogées en face-à-face à leur domicile. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage PCS) et stratification par région et catégorie dagglomération.
Les résultats
Question : Vous-même, avez-vous le sentiment que votre alimentation s'est améliorée,
s'est détériorée ou n'a pas changé depuis une dizaine d'années ?
| |
S'est
améliorée |
N'a pas
changé |
S'est
détériorée |
Sans
opinion |
| - En général |
27 |
43 |
30 |
0 |
| - En ce qui concerne la diversité des
aliments |
46 |
37 |
16 |
1 |
| - En ce qui concerne l'équilibre de votre
alimentation |
30 |
48 |
22 |
0 |
| - En ce qui concerne la qualité des
aliments |
24 |
35 |
40 |
1 |
| - En ce qui concerne le goût des aliments |
18 |
40 |
41 |
1 |