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Baromètre des PME et TPE
vague 7
Le 18 décembre 2007 -
La 7e vague de notre baromètre réalisé pour le Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables auprès de 800 dirigeants de PME (20 à 249 salariés) et TPE (0 à 19 salariés), comporte deux parties distinctes : une partie barométrique comportant des indicateurs précis et détaillés destinés à suivre l'évolution passée et projetée des PME et TPE ; une partie plus conjoncturelle, permettant de saisir l'appréciation des chefs d'entreprise sur des mesures, projets ou situations relevant de l'actualité immédiate ou très proche.
Principaux enseignements : après un printemps marqué par une embellie du moral des dirigeants de PME et TPE, traduisant notamment les espoirs nés du changement politique et du retour annoncé de la croissance, ce moral s’était de nouveau dégradé après l’été – en partie sous l’effet de la crise des subprimes.
Dans le contexte particulier des mouvements sociaux, la vague de novembre de notre baromètre confirme et même amplifie cette détérioration du moral des chefs d’entreprise, mais n’atteint que modérément les perspectives à long terme et les anticipations d’embauche.
L’automne s’accompagne du retour du pessimisme sur la situation du pays
Le jugement porté par les chefs d’entreprise sur la situation économique et sociale du pays s’était amélioré, dans les PME principalement, au printemps. Cependant, cette amélioration n’avait pas résisté à l’été, et la dernière vague de notre baromètre montre une amplification de la dégradation.
La dégradation est particulièrement forte dans les PME : le nombre de personnes pensant que « la situation économique et sociale va en s’améliorant » en France était passé de 10% en novembre 2006 à 37% en juillet 2007. Désormais, ils ne sont plus que 14% à partager cette opinion, alors que 56% pensent au contraire que la situation économique et sociale a tendance à aller plus mal (+ 18 points depuis la dernière vague).
Dans les TPE, l’évolution est semblable mais atténuée, le pessimisme dominant toujours largement. En novembre, 10% des patrons estiment que la situation a tendance à s’améliorer (-4 par rapport à la dernière vague), contre 62% qui pensent au contraire qu’elle se dégrade (+11).
La dégradation est davantage prononcée dans les PME, qui restent cependant relativement confiantes
C’est dans les PME que l’embellie du printemps avait été la plus forte, c’est également dans les PME que la dégradation de l’automne est la plus marquée : le cycle de retour de la confiance semble donc enrayé par les conflits sociaux.
Ainsi, sur un certain nombre d’indicateurs de la situation de l’entreprise, les niveaux observés ce mois-ci sont très proches de ceux enregistrés il y a un an, tandis que l’optimisme à court terme est particulièrement bas.
Tout d’abord, la conjoncture est perçue comme moins favorable : si les patrons continuent à se dire très majoritairement optimistes en ce qui concerne la situation économique de leur secteur d’activité, cet optimisme se tasse en partie (64%, -3 points depuis septembre, -7 depuis juillet).
Le bilan que tirent les dirigeants de PME de la période écoulée se fait moins positif, principalement pour l’évolution à moyen terme. 31% ont le sentiment que la situation de leur entreprise s’est plutôt améliorée au cours des trois mois écoulés, soit une diminution de 3 points depuis septembre, tandis que 13% pensent qu’elle s’est plutôt détériorée. Le bilan de l’année écoulée s’était fortement amélioré en septembre, désormais il retrouve son niveau antérieur : 37% pensent que la situation de leur entreprise est plutôt meilleure à ce qu’elle était l’année d’avant (-10 points), 19% plutôt moins bonne (+5).
Ce bilan plus mitigé se traduit par une satisfaction moindre à l’égard d’un certain nombre d’indicateurs. En effet, si les patrons de PME continuent à se dire majoritairement satisfaits de la situation de leur entreprise pour le carnet de commande ou le volume de clientèle (à 77%), la trésorerie (72%) ou la rentabilité (63%), ils le sont dans une moindre mesure qu’en septembre.
Mais c’est surtout quand ils se tournent vers l’avenir proche que les dirigeants de PME se montrent circonspects. Ils se montrent très prudents en ce qui concerne les trois prochains mois : seuls 24% pensent que la situation de leur entreprise s’améliorera dans le trimestre à venir, soit le niveau le plus bas enregistré par cette question depuis un an. 64% pensent que cette situation restera stable, et rares sont ceux qui anticipent une détérioration (9%, ce qui est néanmoins le niveau le plus élevé depuis un an).
Ce pessimisme se vérifie au sujet des anticipations pour le chiffre d’affaires et la trésorerie, qui atteignent également leur niveau le plus mauvais depuis que ce baromètre existe. Ainsi, pour la première fois, les patrons de PME qui s’attendent à une diminution de leur trésorerie dans les trois mois à venir (21%) sont plus nombreux que ceux qui en attendent une progression (19%).
Seuls les projets d’investissement pour les six prochains mois se maintiennent à un niveau plutôt élevé (59%).
Pourtant, tout en étant mitigé, le bilan tiré de la période écoulée est toujours globalement positif, et les prévisions à moyen terme des patrons de PME restent sereines : ils continuent en effet à se dire très largement optimistes pour les perspectives à un an de leur entreprise (77%, -4).
Dans les TPE – qui restent plus pessimistes – l’évolution est atténuée
Depuis la première vague de ce baromètre, les dirigeants de TPE se montrent systématiquement plus négatifs que ceux de PME. Ceci se vérifie de nouveau en novembre. Cependant, la détérioration des constats sur la situation de l’entreprise est moindre que dans les PME, même si les prévisions pour l’avenir sont également moroses.
Les patrons de TPE se montrent très partagés au sujet de la situation économique de leur secteur d’activité (49% se disent optimistes, +4, contre 49%), témoignant d’une posture prudente.
L’analyse de la période écoulée confirme cette attitude prudente :
le bilan tiré des trois mois passés s’oriente toujours aux deux tiers vers une stabilité de la situation de l’entreprise, tandis que ceux qui voient une évolution constatent plutôt une dégradation (17%) qu’une amélioration (13%, -3). Le bilan de l’année écoulée reste également orienté vers la stabilité (54%), mais est légèrement meilleur à ce qu’il était il y a un an : 21% estiment que la situation de leur entreprise est plutôt meilleure (+3 par rapport à novembre 2006), 25% plutôt moins bonne (-4). Les dirigeants de TPE se disent comme il y a deux mois plutôt satisfaits de la situation de leur entreprise sur un certain nombre d’indicateurs : 62% pour le carnet de commande, 54% pour la rentabilité. En ce qui concerne la trésorerie, cette satisfaction diminue et est désormais tout juste majoritaire (52%, -7 points).
Comme les patrons de PME, c’est au sujet de l’avenir proche de leur entreprise que les dirigeants de TPE se montrent les plus réservés, avec une dégradation des anticipations.
Les prévisions à trois mois se détériorent : 15% pensent que la situation de leur entreprise s’améliorera (-4), 13% qu’elle se détériorera. L’écart entre ces deux chiffres est ainsi le plus faible enregistré depuis un an. Cependant, pour les deux tiers des patrons, c’est l’absence de changement qui est anticipée.
Cette dégradation se vérifie pour les anticipations en terme de chiffre d’affaires (23% s’attendent à une diminution, +8, soit désormais autant que ceux qui anticipent une augmentation) et de trésorerie (26%, +5, anticipent une baisse, 16%, -5, une hausse). La confiance qui, entre mars et septembre, faisait espérer des changements positifs plutôt que négatifs dans ces deux domaines a donc disparu. Malgré ces perspectives moroses, comme dans les PME, les projets d’investissement se maintiennent, et même progressent (23%, +4), et surtout l’optimisme pour les perspectives à un an de l’entreprise reste élevé (60%).
Il faut cependant rappeler que les dirigeants de TPE ne sont pas une population homogène. En effet, sur un certain nombre de questions concernant le bilan tiré de la période écoulée, la satisfaction à l’égard de la situation actuelle de l’entreprise ou les anticipations pour l’avenir, les réponses varient fortement en fonction de la taille des TPE, d’autant plus positives que le nombre de salariés est important – et les TPE de 6 à 19 salariés sont souvent plus proches des PME que des entreprises sans salarié.
L’impact sur l’emploi de ce contexte morose reste limité
Dans la mesure où il n’y avait pas de réelle dynamique d’emploi enclenchée, la morosité des chefs d’entreprise a sur elle un impact limité. Les perspectives d’emploi sont stables dans les TPE, et plutôt en baisse dans les PME. A l’inverse, dans les entreprises sans salariés, elles progressent légèrement, tout en restant très marginales.
Dans les entreprises avec salariés, la très grande majorité des chefs d’entreprise continue à estimer que l’effectif salarié sera stable au cours des trois prochains mois (80%).
Parmi les dirigeants de PME, ceux qui envisagent une augmentation de leur effectif salarié se font moins nombreux (21%, -5, un niveau proche du niveau le plus bas enregistré en janvier dernier), mais restent plus nombreux que ceux qui s’attendent à une diminution (10%).
Dans les TPE avec salariés, les perspectives d’embauches se maintiennent, mais leur niveau reste très faible (10%, autant que ceux qui envisagent une diminution de l’effectif – 9%)
Dans les entreprises sans salariés en revanche, l’évolution est différente : une écrasante majorité continue à dire ne pas envisager d’embaucher un collaborateur salarié dans les trois prochains mois (94%, dont 86% certainement pas), mais ceux qui pensent cette option possible progressent (4%, +3).
Et parmi ceux qui n’envisagent pas d’embaucher de salarié dans les 3 mois, 25% disent néanmoins qu’ils pourraient l’envisager un jour (soit une progression de 5 point, et le retour au bon niveau de juillet).
Cependant, le contexte économique et notamment les différents facteurs externes à l’entreprise testés sont toujours considérés comme peu propices à la création d’emplois dans l’entreprise. Comme lors des vagues précédentes, seules les exonérations de charges sociales peuvent être considérées comme moteur de création d’emplois (à 43%), tandis que le niveau de la croissance est désormais considéré comme un facteur faisant obstacle à la création d’emplois par 45% des chefs d’entreprise (+6 depuis septembre).
Les heures supplémentaires : une mesure largement approuvée
Les trois quarts des chefs d’entreprise approuvent le dispositif d’exonération des heures supplémentaires entré en vigueur le 1er octobre.
La proportion de ceux qui l’approuvent tout à fait dépasse le tiers, et cet intérêt soutenu se vérifie dans toutes les catégories d’entreprises, quels que soient leur taille ou leur secteur d’activité. Il culmine (au-delà de 80% d’approbation) dans les entreprises qui anticipent une amélioration de leur situation dans les trois prochains mois, mais reste majoritaire (59%) parmi les dirigeants qui craignent une détérioration.
Dans les entreprises qui ont des salariés, les bénéfices associés à cette mesure concernent essentiellement ces derniers :
- 57% (contre 48%) des employeurs estiment que la loi sur les heures supplémentaires aura pour conséquence une augmentation du pouvoir d’achat de leurs salariés, et dans une moindre mesure une amélioration de leur motivation (46% contre 48%).
- En revanche, les dirigeants de PME ou de TPE n’envisagent pour la plupart pas d’amélioration de leur compétitivité (30% contre 65%) ni une augmentation de leur activité (25% contre 72%).
Des craintes de difficultés qui se résorbent à l’usage
38% des employeurs interrogés déclarent qu’il y a eu dans leur entreprise des heures supplémentaires effectuées depuis le 1er octobre, mais un tiers d’entre eux concède ne pas avoir fait usage du nouveau dispositif. Ce décalage est sans doute le fait des difficultés de mise en œuvre anticipées par une majorité des chefs d’entreprise.
52% des employeurs jugent ainsi que ce nouveau système est assez (26%) voire très difficile à mettre en œuvre (26%), contre 37% qui le considèrent comme facile. Cette difficulté croît avec le nombre de salariés potentiellement concernés. Plus l’entreprise est grande, plus le sentiment que le nouveau dispositif est compliqué augmente (allant jusqu’à atteindre 79% dans les entreprises de plus de 100 salariés) alors même que ces grosses PME disposent en interne de ressources spécialisées pour gérer ces questions.
Cependant, ce sentiment pourra se résorber avec l’expérience. Parmi les 26% d’entreprises qui ont déjà expérimenté le dispositif, une courte majorité (50% contre 46%) le considère comme facile à mettre en œuvre (sans pour autant le trouver très facile, 9% seulement). Reste qu’un effort d’accompagnement serait nécessaire pour les PME les plus grandes, qui ont à la fois à s’approprier le dispositif et à l’expliquer à des employés dont les situations peuvent être très variées.
Fiche technique
La 7e vague du baromètre a été réalisée du 12 au 21 novembre 2007 par téléphone auprès d'un échantillon national de 800 dirigeants de TPE (entreprises de 0 à 19 salariés) et de PME (entreprises de 20 à 249 salariés) représentatif des entreprises de 0 à 249 salariés, selon la méthode des quotas (taille d'entreprise croisée par le secteur d'activité, région).
L'échantillon a été raisonné pour disposer d'environ 400 dirigeants de TPE et 400 dirigeants de PME. Lors du traitement informatique des résultats, chaque catégorie a été remise à son poids réel afin d'assurer la représentativité des résultats, au regard des critères de la taille de l'entreprise, du secteur d'activité et du découpage géographique par région.
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Emmanuel Rivière /
Mathilde Tommy-Martin
Département Stratégies d'Opinion
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