Baromètre des PME et TPE
vague 9



Le 16 juin 2008 - La 9e vague de notre baromètre réalisé pour le Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables auprès de 800 dirigeants de PME (20 à 249 salariés) et TPE (0 à 19 salariés), comporte deux parties distinctes : une partie barométrique comportant des indicateurs précis et détaillés destinés à suivre l'évolution passée et projetée des PME et TPE ; une partie plus conjoncturelle, permettant de saisir l'appréciation des chefs d'entreprise sur des mesures, projets ou situations relevant de l'actualité immédiate ou très proche.

L'état de santé des entreprises

Les espoirs d'embellie perceptibles chez les dirigeants de PME et TPE au début de l'année ne se confirment pas. En janvier 2008 en effet, les patrons décrivaient une dégradation de la situation de leur entreprise au cours des trois mois passés, mais espéraient une certaine amélioration à court terme. En mai, ces prévisions sont démenties et le pessimisme concernant la situation de l'entreprise progresse à court comme à moyen terme.

Les dirigeants de PME et plus encore de TPE portent un regard particulièrement morose sur l'année écoulée. Dans les PME, pour la première fois depuis novembre 2006, les dirigeants qui estiment que la situation de leur entreprise est plutôt moins bonne que l'année passée (33%, +10 par rapport à janvier) sont plus nombreux que ceux qui l'estiment plutôt meilleure (30%, -5). Dans les TPE, l'écart entre les premiers (38%, +6) et les seconds (15%, -4) atteint un niveau record. De fait, depuis un an, les dirigeants estiment la situation de leur entreprise de moins en moins satisfaisante en ce qui concerne leur carnet de commande (59%, -2). Dans les TPE, la situation de la trésorerie se rétablit en partie (57%, +7), mais celle de la rentabilité reste délicate (50% l‘estiment satisfaisante, 49% pas satisfaisante).

La conjoncture économique en France est également perçue comme dégradée, ce qui n'incite pas les dirigeants à l'optimisme. Ainsi, leur confiance pour les perspectives à un an de leur entreprise décroît progressivement depuis près d'un an. La baisse est particulièrement forte au premier semestre 2008 dans les TPE (46% de pessimistes en mai, +9). Les plus pessimistes sont les PME du secteur des transports (à 58%) – fortement touchées par la hausse des prix des carburants – ainsi que les TPE travaillant dans le commerce (64%).

A court terme, les prévisions sont également très réservées: 20% de l'ensemble des patrons estiment que la situation de leur entreprise s'améliorera au cours des trois prochains mois (-1), 14% qu'elle se détériorera (+3). C'est surtout pour leur trésorerie que les dirigeants se montrent inquiets (27% anticipent une baisse, +5, contre 20% une hausse). Là encore, la crainte est particulièrement marquée dans le secteur des transports.

Les entreprises et l'emploi

Ce contexte morose est peu propice à l'embauche dans les TPE qui jugent sévèrement les effets d'un certain nombre de facteurs externes, notamment réglementaires, sur l'emploi. Dans les PME en revanche, les perspectives d'embauches restent stables, et le regard porté sur certains éléments contextuels s'améliore.

Une large majorité des entreprises avec salariés continue à anticiper une stabilité de ses effectifs au cours des trois mois à venir. Les perspectives d'embauches se maintiennent dans les PME, mais se dégradent encore dans les TPE où ceux qui anticipent une évolution la prévoient autant à la baisse (9%, +3 points) qu'à la hausse (8%, -1). Dans les entreprises sans salarié, l'embauche d'un premier salarié est toujours très rarement prévue à court terme (1% des cas), mais reste envisageable à plus long terme (23%).

Le jugement porté sur le contexte réglementaire en matière de travail diffère selon la taille de l'entreprise. Ainsi, les patrons de PME se montrent plus positifs qu'en janvier dernier sur les conséquences des exonérations de charges sociales et de la législation sur le travail sur la création d'emplois dans leur entreprise, tandis que ceux de TPE se font plus critiques sur le sujet.

De fait, l'utilisation du nouveau dispositif concernant les heures supplémentaires est très fréquente dans les PME : 67% l'ont déjà utilisé, tout comme 44% des TPE de 6 à 19 salariés, mais 21% seulement de celles de 1 à 5 salariés.

La marge de progression du volume d'heures supplémentaires effectué dans le cadre de ce dispositif reste pourtant plus importante dans les PME (où 23% des patrons pensent l'augmenter au cours des mois qui viennent) que dans les TPE (10% seulement).

Les questions d'actualité

De manière plus globale, les patrons de PME sont plutôt satisfaits des conséquences de l'action de l'exécutif en matière économique, et se montrent favorables aux différentes mesures mises en oeuvre ou projetées. Dans les TPE en revanche, la déception semble à la mesure de l'attente suscitée par l'élection de Nicolas Sarkozy : les différentes décisions sont accueillies plutôt positivement, mais l'impression d'ensemble est nettement négative.

Interrogés sur les conséquences de la politique gouvernementale menée depuis un an pour les entreprises, les dirigeants de PME se montrent plutôt positifs : un sur deux estime que cette politique a amélioré la situation des entreprises (mais 2% seulement « beaucoup » amélioré), 27% qu'elle l'a au contraire dégradée. L'opinion des TPE est plus tranchée et majoritairement critique : 32% constatent une amélioration, 46% une dégradation.

Les entreprises sans salariés ainsi que les PME du secteur du commerce sont particulièrement sévères. En revanche, les TPE ayant utilisé le dispositif en matière d'heures supplémentaires sont moins négatives.

Pourtant les patrons, principalement ceux de PME mais également ceux de TPE, accueillent positivement les différentes mesures testées. Ainsi, la création d'un statut simplifié et le forfait fiscal et social pour les entrepreneurs individuels et la réduction des délais de paiement sont jugés favorablement par plus de 60% des dirigeants interrogés.

Une proportion similaire estime que le RSA ou la réforme de l'Assurance chômage (« offre raisonnable d'emploi » et fusion ANPE-UNEDIC) seront efficaces pour favoriser l'emploi.

En revanche, la facilitation de la concurrence dans la grande distribution ne fait pas l'unanimité : 74% des dirigeants de PME la jugent positivement, mais seulement 56% de ceux de TPE. Et dans les entreprises directement concernées, l'opposition est vive : 47% des dirigeants de PME travaillant dans le secteur du commerce s'y disent opposés (dont 25% tout à fait) tout comme 52% de ceux de TPE (dont 32% tout à fait).

Enfin, les projets de réforme du contrat de travail et la réforme de la formation professionnelle sont plutôt approuvés par les PME (respectivement 66% et 57% estiment que cela favorisera l'emploi), tandis que les TPE sont très réservés (50% et 51%).

Évolution des autres indicateurs

En mai, les dirigeants de PME et TPE décrivent une conjoncture économique défavorable : le regard qu'ils portent sur l'évolution de la situation économique et sociale en France se dégrade à nouveau, après une légère embellie en janvier dernier, tandis que ces patrons se montrent de moins en moins optimistes en ce qui concerne la situation économique de leur secteur d'activité.

Dans les PME comme dans les TPE, la satisfaction vis-à-vis du carnet de commande subit une lente érosion depuis l'automne dernier. Dans les PME, la situation de la trésorerie se dégrade également progressivement, mais les différents indicateurs restent jugés majoritairement satisfaisants. La situation des TPE en revanche est toujours difficile, malgré une amélioration en matière de trésorerie.


Fiche technique

La 9e vague du baromètre a été réalisée du 26 mai au 2 juin 2008 par téléphone auprès d'un échantillon national de 800 dirigeants de TPE (entreprises de 0 à 19 salariés) et de PME (entreprises de 20 à 249 salariés) représentatif des entreprises de 0 à 249 salariés, selon la méthode des quotas (taille d'entreprise croisée par le secteur d'activité, région). L'échantillon a été raisonné pour disposer d'environ 400 dirigeants de TPE et 400 dirigeants de PME. Lors du traitement informatique des résultats, chaque catégorie a été remise à son poids réel afin d'assurer la représentativité des résultats, au regard des critères de la taille de l'entreprise, du secteur d'activité et du découpage géographique par région.


Plus d'informations :
Emmanuel Rivière / Mathilde Tommy-Martin
Département Stratégies d'Opinion
Tél : 33 (0)1 40 92 45 37 / 44 30
Fax : 33 (0)1 40 92 47 57
Politique&Opinion@tns-sofres.com
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