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Le Tableau de Bord de l'euro
Le 19 octobre
2001 – La deuxième
vague mensuelle du Tableau de bord de l’euro réalisé
pour le Ministère de l’Economie, des Finances
et de l’Industrie a été effectuée
entre les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis et le début
de l’intervention américaine en Afghanistan. Les événements
internationaux de ces dernières semaines ne semblent
pas avoir affecté la préparation des Français
à l’euro : la monnaie européenne s’installe
doucement, dans un climat de confiance, si ce n’est en actes,
du moins dans les esprits. Tels sont les principaux enseignements
de notre étude.
Forte atténuation
des inquiétudes
A moins de
deux mois et demi de l’échéance, les Français
se montrent confiants dans la mise en place de l’euro :
49% l’abordent dans cet état d’esprit, contre 41%.
Si le niveau de confiance en l’euro se stabilise (+2 points),
le niveau d’inquiétude diminue sensiblement (-8). On
peut penser que les foyers d’inquiétude de l’opinion
se cristallisent actuellement davantage sur la situation internationale
que sur l’arrivée de l’euro.
C’est à
l’égard des prix que les inquiétudes s’atténuent
le plus spectaculairement : -12 points en un mois (30%). Parmi
les autres sujets spontanément évoqués
par les interviewés, on relève les problèmes
de conversion (27%) et des difficultés d’ordre général
(perdre l’habitude du franc, difficulté pour payer
avec deux monnaies…) (19%).
Reste qu’au
final, personnellement, les Français abordent l’échéance
dans un climat serein : 62% estiment certes qu’il y aura
des difficultés mais qu’elles seront passagères,
contre 13% qui pensent qu’elles dureront longtemps, et 24%
qu’elle se passera sans trop de difficultés.
Confusions
persistantes sur le double calendrier
Près
de 3 Français sur 4 (70%) connaissent désormais
la date exacte à partir de laquelle ils pourront payer
en euros (+3 points par rapport à septembre). En revanche,
seuls 42% d’entre eux indiquent précisément
(1er janvier 2002) la date à partir de laquelle
ils ne pourront plus payer en francs par carte bancaire ou
par chèque. Perdure donc la difficulté pour
les Français à intégrer un double calendrier
fiduciaire et scriptural, source de confusions dans leur esprit.
Un passage
à l’acte en progression, toujours hésitant,
mais plus volontaire
En un mois,
la part des interviewés déclarant avoir payé
en euros a sensiblement augmenté, +7 points (27%).
Parmi les " réfractaires ", 28%
prévoient de le faire d’ici le 1er janvier,
40% après la date-butoir. Fort logiquement, détenir
un chéquier en euros favorise cette évolution :
38% des détenteurs de chéquiers en euros déclarent
ainsi avoir déjà effectué un paiement
en euros. Autre facteur explicatif : le niveau de revenu
des interviewés. Plus il est élevé, plus
la pratique d’achat en euros est importante.
Principale
nouveauté mise en évidence par notre étude :
la part prépondérante des achats en euros effectués
en magasins ou supermarchés (47%, +11 points) sur les
règlements des factures (39%) – signe que l’achat en
euros devient progressivement moins " forcé "
et plus automatique.
Stabilité
de la connaissance des prix en euros
Si leur passage
à l’acte s’avère hésitant, les Français
ont bien intégré dans leur esprit les futurs
changements liés au passage à l’euro, notamment
en matière de conversion : 68% des personnes interrogées
sur la valeur du franc par rapport à l’euro citent
spontanément une valeur comprise entre 6,55F et 6,6F.
Signe que la monnaie européenne s’impose, si ce n’est
en actes, au moins en esprit : près de 6 Français
sur 10 (59%) des répondants sont à même
de convertir le prix d’une baguette en euros (entre 0,5 et
0,9 €).
Sylvain LEFORT

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