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La
situation dans le 12ème arrondissement de Paris :
politique
et vie locale
Le 20 janvier
2001 - Dans un des
arrondissements clé des prochaines élections
municipales conservé de justesse par la majorité
sortante en 1995, l'étude réalisée par
la Sofres pour le Figaro-Magazine montre que
la liste de Bertrand Delanoë conduite par Michèle
Blumenthal serait en mesure de l'emporter face au sortant
Jean-François Pernin, même si les électeurs
n'y croient pas encore. Un arrondissement dont la physionomie
a largement changé au cours des dernières années,
pour devenir un des plus prisés de la capitale.
A deux mois
du premier tour des élections municipales, le 12e
arrondissement pourrait politiquement connaître ce qu'il
a déjà connu en matière d'aménagement :
un changement. Même si le maire sortant Jean-François
Pernin, candidat de la liste Séguin, bénéficie
d'une bonne image et apparaît comme le candidat de droite
incontesté aussi bien pour l'ensemble des électeurs
que les sympathisants de droite, la liste conduite par Michèle
Blumenthal serait en mesure de faire basculer à gauche
le 12e arrondissement, en dépit
d'un déficit de notoriété.
Une gauche
en progression, une droite divisée
Si les têtes
d'affiche de l'élection parisienne sont connues par
la quasi-totalité de la population dans cet arrondissement
(Séguin et Tibéri 100%, Delanoë 95%), leur
image est différente. Bonne pour le candidat socialiste
(64% de bonnes opinions), mitigée pour la tête
de liste RPR-UDF (47% contre 43%), et négative pour
Jean Tibéri (32% de bonnes opinions, contre 60%).
Le maire sortant
du 12e, Jean-François Pernin, bénéficie
d'une notoriété relativement élevée
(75%) et d'une bonne image auprès de ceux qui le connaissent.
Il est par ailleurs jugé honnête (59%), compétent
(57%) et, dans une moindre mesure, proche des préoccupations
des gens (52% contre 29%). Ni les habitants, ni les électeurs
de droite ne contestent sa désignation comme tête
de liste RPR-UDF : respectivement 62% et 64% le jugent
plus capable que Jean de Gaulle de faire gagner la liste de
Philippe Séguin.
En revanche,
la candidate socialiste, Michèle Blumenthal, pourtant
déjà candidate en 1995, souffre d'un réel
déficit de notoriété (63% ne la connaissent
pas), de même que le candidat tibériste Alain
Robert (10% de notoriété).
Il semble toutefois
que la tête de liste PS-PC-MDC, Michèle Blumenthal,
bénéficie de la bonne image du chef de file
socialiste, Bertand Delanoë, alors que le maire sortant,
en dépit d'une meilleure image et notoriété,
souffre aussi bien de la progression de la gauche que de l'image
ambivalente de Philippe Séguin, et de la division à
droite.
Au premier
tour, la candidate PS-PC-MDC, avec 39% des intentions de vote,
améliorerait nettement son résultat de 1995
(33,5%), et se situerait également à un niveau
supérieur au total des listes Laguiller, Hollande et
Hue lors des européennes de 1999 (32,5%). Une gauche
en progression, dans un arrondissement où le candidat
des verts, Christophe Najdovski, avec 9% des intentions de
vote, ferait tout juste mieux que le candidat écologiste
en 1995 (7,3%), et nettement moins bien que Daniel Cohn Bendit
en 1999 (17%). Une déception. La droite divisée,
avec un total de 45% des intentions de vote, serait en recul
par rapport à 1995 (48% pour la liste Cabana). Concurrencé
par Jean de Gaulle (10%), et la liste Tibéri d'Alain
Robert (7%), la liste Séguin conduite par Jean-François
Pernin est créditée de 29% des intentions de
vote. L'extrême droite, pour sa part, souffre à
la fois de la division entre un candidat FN (5%) et MNR (1%)
et d'une érosion de son électorat, ce qui lui
interdirait, en l'état actuel des choses, de se maintenir
au second tour, à la différence de 1995.
Au second tour,
en cas de duel, la candidate socialiste l'emporterait de 8
points (54% contre 46% à la liste Pernin), améliorant
ainsi nettement son score de 1995 (41,5%). Dans l'hypothèse
d'une triangulaire voyant s'affronter la candidate socialiste,
la liste Tibéri d'Alain Robert (hypothèse actuellement
inenvisageable au regard des intentions de vote de 1er
tour pour ce candidat, mais possible pour la liste de Gaulle)
et la liste de Jean-François Pernin, la liste de gauche
l'emporterait également (respectivement 51%, 11% et
38%). Dans les deux cas, la liste RPR-UDF est victime de ses
divisions et de mauvais reports entre les deux tours, une
partie non négligeable des électeurs d'Alain
Robert et de Jean de Gaulle (respectivement 25% et 35%) optant
pour l'abstention ou la liste de la candidate socialiste en
cas de duel gauche droite.
Un arrondissement dont la physionomie
à changé au
cours des dernières années
Cette perspective
de changement politique fait écho aux évolutions
qu'à connues l'arrondissement en matière d'aménagement
au cours des dernières années. Car à
la différence d'autres arrondissements de la capitale,
le 12e a considérablement évolué
: réhabilitation des Halles, développement de
Bercy, aménagement du Viaduc des Arts, autant de réalisations
qui, à côté de la traditionnelle animation
de la Bastille, en font un arrondissement agréable
à vivre. D'autant plus qu'à côté
de l'animation, l'environnement (Seine, bois de Vincennes,
parc de Bercy) y tient une place importante. Une qualité
de vie récompensée par une enviable 5e
place au classement de l'enquête " Où
vit-on le mieux à Paris ? " réalisée
récemment par L'Express, et que confirment les
résultats de notre sondage.
Parmi les endroits
" les plus sympas ", les habitants du
12e , jeunes comme plus âgés,
citent largement en tête le Viaduc des Arts (75%). Viennent
ensuite la place de la Bastille et la rue du Faubourg Saint-Antoine
(48%), plus appréciées par les jeunes, le port
de l'Arsenal (44%) et le complexe de loisirs de Bercy (41%).
Cet environnement agréable en fait un des arrondissement
où il fait bon vivre, et duquel les habitants n'aspirent
pas à partir : 67% des habitants préféreraient
y demeurer s'ils avaient la possibilité de changer.
Ce qui ne les empêche pas de rêver à de
nouveaux aménagements. Parmi les lieux qu'ils souhaiteraient
voir recouverts ou détruits, le périphérique
fait figure de bête noire (41% des citations), avant
les voies ferrées (29%) ou la voie sur berge (17%).
Si 30% n'émettent aucun souhait en la matière,
14% des habitants (et 21% des sympathisants de droite), aimeraient
bien voir l'Opéra Bastille disparaître.
Dynamique en
terme de démographie (un des rares arrondissements
à avoir vu sa population augmenter), le 12e
est victime de son succès. Car les équipements
ne semblent pas avoir suivi. De fait, parmi les problèmes
jugés prioritaires pour les prochaines années,
les habitants citent d'abord le stationnement (54%, 1er
rang) et la propreté des rues (50% 2e
rang), mais aussi les crèches et les garderies (45% ;
4e rang) ou les loisirs pour les enfants
et adolescents (31%). La sécurité (48%, 3e
rang) est une question qui préoccupe tout particulièrement
les personnes âgées (71% pour 31% chez les 18-24
ans) et les sympathisants de droite (62%, première
priorité, pour 38% à gauche). Enfin, un consensus
se dégage en faveur de l'aménagement de nouvelles
pistes cyclables : 61% des enquêtés souhaiteraient
les voir se multiplier.
Au total, dans
cet arrondissement, les électeurs se retrouvent dans
une situation particulière. S'ils souhaitent et pronostiquent
majoritairement la victoire de Bertrand Delanoë dans
l'ensemble de la capitale, (pronostic d'ailleurs valable aussi
bien chez les sympathisants de gauche que de droite), ils
se montrent plus hésitants sur l'issue de l'élection
pour Michèle Blumenthal dans le 12e
arrondissement. 41% souhaitent ainsi sa victoire, mais 32%
celle de Jean-François Perrin et 14% celle de Jean
de Gaulle, ce dernier confirmant ainsi sa capacité
de nuisance pour la liste Séguin. Pourtant, seulement
20% d'entre eux croient en la victoire de la tête de
liste PS-PC-MDC, une majorité relative (46%) pronostiquant
celle de Jean-François Pernin, et 11% celle de Jean
de Gaulle. Des électeurs qui pourraient donc être
surpris par les résultats de ce sondage.
Stéphane
Marcel

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