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Les jeunes et la sécurité au volant
Le 20 octobre 2000 - Réalisée
à la demande de Norauto, auprès d'un échantillon
de 400 jeunes âgés de 18 à 25 ans titulaires du permis de
conduire, cette étude est rendue publique à le veille de la Semaine
Nationale de la Sécurité sur la Route. Elle montre que si
les jeunes ont aujourd'hui un peu plus conscience de la gravité de certains
comportements, ils s'estiment insuffisamment formés pour la conduite en
conditions difficiles et survalorisent les facteurs humains et climatiques dans
les causes d'accidents de la route.
Une
formation jugée insuffisante pour la conduite en conditions difficiles De
façon globale, les jeunes déclarent, à une très grande
majorité, qu'ils ont été bien formés pour conduire
en toute sécurité dans des conditions normales. Ainsi, 84 % se sentent
bien formés pour conduire en toute sécuritésur une
autoroute, 63 % partagent cet avis pour la conduite de nuit. On ne note guère
de différence entre les hommes et les femmes sur ces questions, ni même
selon l'âge : l'expérience de la conduite ne semble ni améliorer
ni dégrader le regard que les jeunes portent sur la formation. L'assurance
des jeunes au volant diminue en revanche nettement dans des conditions de conduite
difficiles : un peu plus d'un sur deux (53 %) pense pouvoir conduire en sécurité
par temps de brouillard mais 47 % en doutent, en particulier les hommes (47 %
contre 43 %). Ces résultats sont encore plus faibles dans le cas d'une
route verglacée ou humide : 39 % seulement se sentent sûrs d'eux-mêmes,
contre 61 % qui estiment que leur formation a été insuffisante dans
ce domaine.
Des facteurs humains et climatiques
survalorisés
dans les causes des accidents de la route
La cause
perçue comme étant la plus souvent à l'origine d'accidents
de voiture est toujours " le conducteur, sa conduite "
pour 91 % des jeunes conducteurs. Viennent ensuite, mais loin derrière,
" les conditions climatiques " avec 55 % de citations,
" le véhicule lui-même, son entretien "
arrive en troisième position avec 25 % de citations, suivi des "infrastructures
routières " avec 21 % de citations. Cette
idée est corroborée lorsque l'on teste certaines mesures pour renforcer
la sécurité des jeunes au volant. Ainsi les mesures relatives à
la formation initiale ou à l'amélioration de la formation à
la conduite déjà suivie obtiennent des avis favorables plus importants
que celles qui touchent aux véhicules eux-mêmes. Ainsi
par exemple, si 96 % des jeunes interrogés jugent " très
bonne " ou " plutôt bonne " la
mesure qui vise à " mettre en place des cours de sensibilisation
à la conduite et à ses risques dans le cadre scolaire pour les moins
de 18 ans ", ils ne sont que respectivement 69 % et 60 % à
approuver les mesures qui visent à " interdire les équipements
d'embellissement qui peuvent s'avérer dangereux en cas de choc "
et " limiter la puissance des moteurs des véhicules ". Dans
le même ordre d'idée, on constate que plus le niveau de prise de
risque est fort (conducteur du groupe 3 à " Forte prise de risque "
c'est-à-dire ceux qui déclarent avoir souvent ou parfois plus de
quatre comportements à risque au volant), moins on a tendance à
imputer la cause d'accident au véhicule lui-même et à son
entretien (19 % contre 25 % dans l'ensemble).
Une meilleure prise de conscience
qu'il y a un an de la gravité de certains comportements
On
constate globalement une meilleure prise de conscience de la gravité de
certains comportements qui touchent directement à la sécurité
au volant par rapport à septembre 1999 :
- 73 % des jeunes estiment qu'il
est très grave de "prendre le volant après un repas copieusement
arrosé" ;
- 70 % considèrent comme
très grave de "ne pas mettre sa ceinture de sécurité",
ils étaient 62 % à partager cet avis en 1999 ;
- Une majorité (54%) estime
qu'il est très grave "de prendre le volant après une nuit
de fête ", ils étaient moins d'un sur deux en 1999
(44 %) ;
- 36 % trouvent très grave
le fait de "franchir une ligne blanche pour doubler un véhicule
particulièrement lent" contre 32 % en 1999 ;
- 31 % considère que "ne
pas respecter les limitations de vitesse" est très grave (contre
29 % en 1999) ;
- Mieux encore, "rouler
plus de deux heures sans arrêter pour se reposer" est très
grave pour 17 % des interrogés, ils n'étaient que 9 % l'an dernier.
En agrégeant les 42 % de "assez grave" c'est désormais
plus d'un jeune sur deux qui a conscience que ses capacités physiques jouent
un rôle dans la sécurité au volant.
On
peut sans doute expliquer une partie de cette évolution positive par l'impact
des campagnes récentes de la sécurité routière ainsi
que la forte médiatisation du nombre élevé des accidents
au cours de l'année. Globalement,
l'indice de prise de risque au volant montre que plus on prend de risque au volant
(conducteur du groupe 3), plus on relativise la gravité de ces comportements
à risque. Tout ce passe comme si le passage à l'acte s'accompagnait
d'une moindre conscience de la gravité du comportement. On va voir en revanche
qu'en terme de comportements les choses ne sont pas aussi évidentes, en
particulier s'agissant du rapport à la vitesse. La
vitesse, un comportement à risque banalisé
Si 80 % des jeunes interrogés
considèrent comme "très grave" ou "assez
grave" de ne pas respecter les limitations de vitesse, seuls 31 % jugent
ce comportement "très grave". On notera toutefois une
amélioration de cette prise de conscience globale depuis un an (+ 7 points)
Malgré tout, s'agissant
de leur attitude au volant, les jeunes conducteurs sont encore 69% à déclarer
"souvent " ou "parfois" ne pas les respecter.
Il y a donc encore un décalage entre le jugement et les comportements.
Quel
que soit le groupe de niveau de prise de risque auquel on appartient, la vitesse
est le comportement à risque le plus répandu, que l'on soit très
prudent, peu prudent ou pas prudent du tout.
Ainsi, même parmi les jeunes
les plus prudents (groupe 1 "Faible prise de risque" c'est-à-dire
ceux qui déclarent avoir moins de trois comportements à risque au
volant), la majorité (51 %) déclare souvent ou parfois ne pas respecter
les limitations de vitesse alors que, comparativement, dans le même groupe,
ils ne sont que 2% à déclarer prendre le volant "souvent"
ou "parfois" après un repas copieusement arrosé.
Il en va de même lorsque
l'on teste la mesure consistant à limiter la puissance des moteurs des
véhicules. Cette dernière arrive en dernière position parmi
la batterie de mesures proposées pour améliorer la sécurité
des jeunes conducteurs, avec 60 % de jeunes estimant que c'est une bonne mesure,
contre 39 % estimant le contraire. Là encore, parmi les plus prudents,
seulement 26 % pensent qu'il s'agit d'une "très bonne"
mesure.
Tant
du point de vue de la gravité perçue que des mesures à prendre
pour améliorer la sécurité au volant, les dépassements
de vitesse demeurent davantage excusés que les autres comportements car
ils apparaissent moins faire partie d'un comportement global imprudent :
que l'on soit prudent ou pas, les jeunes pensent que chacun dépasse de
temps en temps la vitesse limite et qu'il n'y a pas lieu de s'en alarmer. Une
demande de responsabilisation encadrée Posséder
le permis de conduire est bien souvent synonyme de liberté et d'indépendance
pour les jeunes mais aussi d'entrée dans la vie adulte. En conséquence
et à la vue de ces résultats, on constate d'une part qu'il y a chez
les jeunes conducteurs un désir de responsabilisation au volant, mais que
d'autre part, ils admettent que soient portées des atteintes à leur
liberté. Les jeunes montrent ainsi une réelle disposition à
accepter des mesures de sensibilisation, mais aussi et surtout des mesures coercitives,
en particulier sur la question de l'alcool au volant.
Ainsi, 97% des jeunes plébiscitent
la mesure visant à "généraliser les opérations
de désignation d'un conducteur ne buvant pas d'alcool lors des sorties
en soirées". On constate même qu'une majorité (57%)
trouvent cette mesure "très bonne". Par ailleurs, 92%
trouvent bonne la mesure qui consiste à équiper les véhicules
d'alcootests qui empêchent le démarrage en cas de taux d'alcoolémie
trop élevée, 60 % l'estiment très bonne, 96 % partagent cette
idée chez les 18-21 ans. Dans cette logique, 88 % pensent qu'il serait
bien d'installer des panneaux électroniques aux endroits dangereux permettant
à chaque conducteur de connaître la vitesse à laquelle il
roule ; c'est encore plus vrai pour les 18-21 ans qui sont 95% à y
être favorables.
S'ils
sont prêts à être responsables, ils souhaitent que cette démarche
s'inscrive dans certains cadres permettant par exemple un complément de
formation, facteur de réassurance au volant. 89% partagent le même
avis s'agissant de mettre en place des stages obligatoires et réguliers
de formation à la conduite pour jeunes conducteurs. Toutefois,
on note un bémol à l'acceptation de certaines atteintes à
la liberté. Ainsi, l'instauration d'un permis provisoire qui serait à
confirmer à l'issue de deux années n'est pas une mesure qui rencontre
une franche adhésion puisque seuls 14% des interrogés la considèrent
très bonne contre 25 % qui s'y opposent. De
la même manière, s'agissant de limiter la puissance des moteurs de
véhicules, seuls 22 % estiment cette mesure très bonne, 39 % ne
l'approuvant pas. C'est encore plus vrai pour les garçons, ces derniers
étant moins d'un sur deux à trouver très bonne ou plutôt
bonne cette mesure (45%), contre 76% des filles. Les
garçons sont également moins favorables que les filles à
ce que l'on interdise les équipements d'embellissement qui peuvent s'avérer
dangereux en cas de chocs (63% contre 76%). Enfin,
seuls 67 % des jeunes conducteurs interrogés approuvent l'idée de
rendre obligatoire l'apprentissage de la conduite accompagnée à
partir de 16 ans. Une des explications réside, sans doute, dans la crédibilité
de la formule qui, aux yeux des interviewés, n'est pas une garantie en
terme de bonne formation à la conduite.
Stéphane
HARROUCH / Didier WITKOWSKI
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