Le 20 octobre 2005 - Les Enjeux du Quotidien, réalisés par TNS Sofres, sont une série d'études portant sur des sujets se situant au cour de l'actualité et des préoccupations quotidiennes des Français. Le quatrième volet porte sur les attentes des Français à l'égard du gouvernement et est publié le 20 octobre 2005 dans les titres de Presse Quotidienne Nationale, Régionale urbaine gratuite et la Presse hebdomadaire régionale. Principaux enseignements : les Français sont nettement préoccupés par l'emploi et estiment qu'il doit être une priorité d'action pour le Gouvernement (65%). En deuxième position viennent soit l'école et la qualité de l'enseignement (37%), soit la santé et la Sécurité sociale (36%) comme sujets d'inquiétude pour les Français. Enfin, leurs attentes en matière de lutte contre le chômage sont élevées. Ils se montrent favorables à des solutions qui réduisent à la fois le rôle de l'Etat et renforcent la protection des salariés.
Le chômage : priorité n° 1 pour le Gouvernement
Les deux tiers des Français (65%) estiment que le chômage et l'emploi doivent être aujourd'hui les priorités du Gouvernement, largement devant tous les autres sujets. Le chômage et l'emploi arrivent en tête des préoccupations de tous les Français, et plus particulièrement chez les 25-34 ans (qui viennent d'entrer sur le marché du travail avec toutes les difficultés liées au premier emploi), les ouvriers, les employés et plus généralement ceux qui pensent qu'ils ont un risque de perdre leur emploi dans les mois qui viennent. Citons enfin ceux qui ont des enfants de moins de 15 ans dans leur foyer et les habitants de Picardie, Midi-Pyrénées, Franche-Comté, Basse-Normandie et Limousin (ces régions n'étant pourtant pas celles où le taux de chômage est le plus fort).
Viennent ensuite, citées par plus d'un tiers des Français, des attentes concernant l'école et la qualité de l'enseignement (37%) et la santé et la Sécurité sociale (36%), ces deux sujets étant très marqués sociologiquement : l'école s'avère être surtout un sujet de préoccupation pour les femmes, les jeunes (surtout les 15-34 ans et ceux qui ont des enfants au foyer), les catégories les plus aisées (CSP+, les plus diplômés, les plus hauts revenus) et les habitants d'Ile-de-France, de Picardie et de Rhône-Alpes. En revanche, les femmes, les 35 ans et plus et les plus défavorisés (CSP-, les moins diplômés, les revenus les plus faibles) apparaissent plus en attente d'une action dans le domaine de la santé et de la Sécurité sociale.
Dans le détail, notons que certains sujets, qui recueillent au global des taux de citations moindres (24% pour la sécurité et l'environnement, 22% pour le financement des retraites et les inégalités sociales, 18% pour l'évolution du pouvoir d'achat, 13% pour l'immigration et la construction européenne, 8% pour la culture et 5% pour l'armée, la défense nationale) demeurent des préoccupations spécifiques de certaines catégories, et peuvent même parfois venir bousculer le « trio de tête » constitué par l'emploi, l'école et la santé. Ainsi, la sécurité des personnes et le financement des retraites sont deux attentes fortes des retraités, des personnes âgées de 60 ans et plus et des moins diplômés, les habitants de Franche-Comté, de PACA et de Corse apparaissant particulièrement sensibles à la sécurité tandis que ceux de Lorraine attendent plus fortement des actions du Gouvernement sur le financement des retraites. Les jeunes et les catégories supérieures apparaissent quant à eux particulièrement soucieux de l'environnement et des inégalités sociales, les habitants de Poitou-Charentes et d'Auvergne se différenciant par des taux de citations plus forts que les autres sur l'environnement tandis que ceux de Bourgogne, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées semblent plus préoccupés par les inégalités sociales.
Cette attente de lutte contre le chômage s'inscrit dans un contexte où une personne qui travaille sur quatre s'estime personnellement menacée par la perte de son emploi. En effet, 26% des interviewés déclarent avoir un risque de perdre leur emploi dans les mois qui viennent. Certains apparaissent particulièrement inquiets : les 15-24 ans, les CSP- (surtout les ouvriers), les salariés du secteur privé, les moins diplômés, les plus faibles revenus mais aussi les habitants de Bretagne, PACA et Corse et Lorraine.
Les solutions pour lutter contre le chômage : la quadrature du cercle pour le Gouvernement
Les Français prônent des réductions de charge pour les entreprises et l'État : en effet, lorsqu'on leur présente des alternatives en leur demandant la solution qui leur semble la plus efficace pour lutter contre le chômage, 70% d'entre eux plaident pour la réduction du poids de l'Etat dans l'économie (contre 24% pour l'embauche de fonctionnaires) et 60% privilégient l'allégement des charges des entreprises (contre 29% la baisse des impôts des Français). Seuls les 15-24 ans apparaissent très partagés sur ces deux sujets, tandis que les CSP+, les salariés (ou anciens salariés) du secteur privé, les hauts revenus, les lecteurs réguliers de la presse quotidienne ou hebdomadaire régionale et ceux qui estiment que la construction européenne doit être une priorité du Gouvernement sont au contraire particulièrement favorables à ces choix.
Ils refusent toutefois l'assouplissement du code du travail : ainsi, 62% estiment que, pour lutter contre le chômage, il est préférable de renforcer la protection des salariés plutôt que d'assouplir le code du travail (seulement 32% de citations). Ils sont aussi 62% à privilégier une meilleure protection des emplois français par rapport aux autres pays de l'Union européenne (contre 34% pour un renforcement de la lutte contre le chômage au niveau européen). Sur ces deux alternatives, les attentes de protection émanent surtout des femmes, des CSP-, des salariés (ou anciens salariés) d'une entreprise publique, des moins diplômés et des plus faibles revenus, tandis que seuls les cadres et professions intellectuelles supérieures et les plus hauts revenus expriment des avis contraires.
Enfin, les Français sont soucieux de préserver le pouvoir d'achat : ils optent ainsi largement pour la solution qui consiste à augmenter les salaires pour inciter les gens à retrouver un emploi (78%, contre seulement 13% qui préfèreraient baisser les salaires pour rendre les entreprises françaises plus compétitives), quitte à travailler plus (55% estiment qu'il faut plutôt augmenter la durée du travail, 28% la diminuer).