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Les jeunes et l'automobile
Le 21 septembre 2000 - L'étude
réalisée pour la Fédération
Française des Automobiles-Clubs permet de mesurer l'importance
que revêt l'automobile aux yeux des jeunes français. Une
étude réalisée récemment par la SOFRES auprès
de l'ensemble des Français (voir " La
place de l'automobile dans la société ") montrait
que l'automobile avait une fonction utilitaire, était indispensable dans
la vie quotidienne de la population, permettant notamment de gagner du temps,
de se déplacer pour aller au travail ou faire ses courses. Ces représentations
dominent bien plus dans les représentations de l'opinion que celles relatives
au plaisir ou au sentiment de puissance que procure la voiture. Ces enseignements
sont également valables pour les jeunes.
L'importance
de la voiture dans la vie quotidienne des jeunes Près
de huit jeunes sur dix de 18 à 19 ans interrogés sont aujourd'hui
titulaires d'un permis de conduire et parmi ceux qui ne l'ont pas, 17% envisagent
de le passer. Les jeunes résidant en province, qui doivent faire plus de
déplacements, sont plus nombreux (83%) que ceux de la région parisienne
(67%) à avoir leur permis. Par ailleurs, si 55% d'entre eux déclarent
être propriétaires d'une voiture - 57% en province pour 39% en région
parisienne - 82% avouent qu'ils aimeraient " avoir une voiture vraiment
à eux ". Au total un peu plus d'un jeune sur deux est à
la fois titulaire du permis de conduire et propriétaire d'une voiture. L'usage
de la voiture est très régulier pour les jeunes. 54% d'entre eux
déclarent conduire une voiture tous les jours ou presque, pour seulement
19% d'utilisateurs des transports en commun et 7% de conducteurs réguliers
de deux roues. Les jeunes ayant le permis et propriétaires de leur voiture
en font une utilisation quasi permanente : 81% conduisent leur véhicule
" tous les jours ou presque ". Un
" instrument " utile et indispensable
Derrière cette utilisation
très régulière de la voiture, se dessinent des représentations
qui nous éloignent de certains clichés lus ou entendus à
propos des jeunes au volant. Certes, interrogés sur ce qu'ils pensent de
la voiture, 34% d'entre eux évoquent des éléments associés
aux qualités de la voiture (outil fantastique, innovation), mais 75% font
d'abord référence à son caractère utilitaire, que
ce soit son côté " pratique , utile " (41%),
sont utilité quotidienne (18%) ou la facilité qu'elle procure pour
les déplacements ou les transports (17%). 46% d'entre eux évoquent
également son caractère indispensable, que ce soit pour le travail
(19%) ou pour se déplacer lorsqu'on habite en dehors des grandes villes
(19%). On peut y voir une conception très individualiste de la vie en société
(par comparaison à des préoccupations environnementales tournées
vers la collectivité), mais on doit surtout retenir le rapport très
matérialiste et utilitariste qu'entretiennent les jeunes avec leur voiture.
Ces représentations sont certainement très proches de celles de
l'ensemble des automobilistes. Mais les jeunes ont peut-être une particularité.
Qu'ils soient étudiants ou au début de leur vie active, parfois
encore logés chez leurs parents, ils estiment qu'une voiture coûte
cher. 35% d'entre eux citent spontanément un élément négatif
relatif au coût lorsqu'on les interroge sur la voiture. Du coup, puisque
la voiture pèse certainement plus fort dans leur budget que chez des adultes
aux situations établies et disposant de revenus réguliers, on comprend
mieux leurs réactions, souvent plus négatives que celles des autres
catégories de la population, face à la flambée des prix des
carburants (voir " La question de la
fiscalité sur l'essence ").
Au
regard de la place qu'occupe la voiture dans la vie quotidienne d'une majorité
des jeunes, il n'y a rien de surprenant à constater que les utilisateurs
réguliers verraient d'un mauvais oil le fait de ne pas pouvoir utiliser
leur véhicule dans certaines situations. C'est particulièrement
vrai pour les déplacements occasionnés par le travail ou les études
(70% seraient beaucoup gênés de ne pas pouvoir utiliser leur voiture)
ou pour aller faire des courses (63%), mais ça l'est aussi pour le fait
de retrouver des amis (46%) ou sortir le soir (46%). Les seules occasions pour
lesquelles la gêne serait moins importante sont les promenades (36%) et
le sport (32%). Outre que tous les jeunes ne sont ni sportifs ni ne se promènent
régulièrement, on notera que ces deux activités peuvent être
réalisées à proximité du domicile, d'où la
moindre gêne qu'une privation occasionnerait. Un
regard peu critique sur leurs qualités de jeunes conducteurs Au
total, 75% des jeunes interrogés estiment que le fait de pouvoir conduire
a " énormément " (38%) ou " beaucoup "
(37%) changé leur vie. Dans le même temps, on constate que la plupart
des jeunes éprouvent quelques difficultés à adopter un regard
critique sur leur conduite. On sait que les jeunes sont particulièrement
touchés par les accidents de voiture, contribuant lourdement chaque année
aux nombres de tués sur les routes de France. Même si les causes
de ces accidents sont on le sait multiples, l'expérience au volant peu
avoir un rôle non négligeable. Et l'on constate que si 5% des jeunes
interrogés considèrent qu'ils étaient " un conducteur
dangereux ", 37% d'entre eux se jugent a posteriori " bon
conducteurs " à leur débuts et 58% conducteurs moyens.
Derrière ces résultats que certains jugeront réalistes et
d'autres inquiétants, on constatera toutefois que les plus jeunes, moins
critiques encore que leurs aînés, sont plus nombreux à estimer
qu'ils étaient de bon conducteurs (46% chez les 18-21 ans pour 34% chez
les 26-29 ans). L'interdiction
de la voiture en ville : démagogique et utopique Si
la voiture occupe une place centrale dans la vie quotidienne des jeunes, leurs
préoccupations pour l'environnement n'en sont pas pour autant moins grandes.
98% d'entre eux estiment que la pollution de l'air est un problème grave
(dont 54% " très grave ") et 82% jugent par ailleurs
que celle-ci augmente (dont 56% " augmente beaucoup "). Pourtant,
dans ce contexte, l'interdiction de la voiture en ville ne leur semble pas la
solution la plus adaptée. Si, sur le principe, 65% des jeunes estiment
souhaitable cette interdiction parmi eux, 46% ne l'estiment "pas possible ".
C'est dans le " pas possible " que l'on doit voir à
la fois le réalisme de la plupart des jeunes mais aussi la gêne que
cela occasionnerait pour eux au regard du caractère indispensable de la
voiture. Cette proposition qui semble relever pour eux de l'utopie est par ailleurs
jugée démagogique par une majorité des jeunes (66%), 33%
l'estimant au contraire " vraiment sérieuse ". Sur
ce sujet, les jeunes estiment possible de trouver un compromis (83%) qui permette
aux automobilistes de continuer à utiliser leur voiture en ville. Mais
au regard des habitudes, du confort et de la nécessité, notamment
pour ceux habitant en province, d'utiliser l'automobile pour se déplacer,
et de l'adhésion toujours vivace au " il est interdit d'interdire "
de leurs aînés, on voit bien que toute mesure perçue comme
attentatoire aux libertés - notamment celle de circuler - serait difficilement
vécue par les jeunes. Leur attitude est peut-être plus simplement
liée au fait que les jeunes n'ont pas conscience de polluer leur propre
environnement lorsqu'ils prennent leur voiture. Quoi qu'il en soit, d'autres mesures
qu'une interdiction seraient certainement pour eux mieux adaptée.
Stéphane
Marcel

color="#000000">Fiche technique : Etude
réalisée pour la Fédération
Française des Automobiles-Clubs (FFAC) du 4 au 9 septembre
2000 auprès d'un échantillon représentatif de 600 jeunes
âgés de 18 à 29 ans, interrogé par téléphone.
Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage)
et stratification par région et catégorie d'agglomération.
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