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Le palmarès
des grandes villes françaises
Le 22 février 2001
- A l'occasion des élections municipales, Le Nouvel Observateur
a souhaité dresser un palmarès des grandes villes de France en interrogeant
les habitants de 10 villes (Bordeaux, Lille, Lyon, Montpellier, Nantes, Nice,
Paris, Toulouse et Strasbourg) sur leur perception de la gestion municipale dans
10 domaines d'action. Ils ont également été amenés
à se prononcer sur leur satisfaction de vivre là où ils habitent
et sur leur attrait à l'égard de différentes villes de France.
Les jugements des habitants dans
chaque ville, et sur les 10 domaines d'action, permettent d'établir un
bilan de l'action de la municipalité. Les notes moyenne s'échelonnent
de 12,5 pour Nantes à 9,9 pour Marseille et sont donc quasiment toutes
supérieures ou égales à 10. Par ailleurs, au sein des dix
villes, on constate que la hiérarchie est relativement claire entre les
deux premières villes, Nantes et Toulouse, (moyenne respective de 12,5
et 12,1) et les deux dernières (Marseille 9,9 et Nice 10). Pourtant, ce
classement ne dit rien sur les chances des municipalités sortantes d'être
reconduites au soir du 18 mars, si l'on en croit les enquêtes d'intentions
de vote réalisées dans ces villes.
Nantes en tête du classement
Ce qui est vrai pour Nantes,
première ville au palmarès, dont la gestion municipale est largement
saluée par les habitants, et dont les sondages laissent penser que Jean-Marc
Ayrault devrait s'y imposer facilement, ne l'est pas pour Toulouse. Alors qu'elle
est deuxième au palmarès, avec une note moyenne de 12,1, la succession
de Dominique Baudis y est moins aisée que prévu pour Philippe Douste-Blazy,
menacé par François Simon. A contrario, si la note moyenne de 10,5,
qui place Paris au 8e rang sur 10, semble conforme au changement
annoncé par les sondages dans la capitale, il en va tout autrement pour
Nice et Marseille. Respectivement 9e et 10e,
elles obtiennent des notes de 10 et 9,9 sur vingt, c'est à dire sensiblement
moins que la moyenne des 10 villes (11,07). Pourtant, les sondages réalisés
dans ces deux villes montrent que Jean-Claude Gaudin devrait sans difficulté
conquérir un deuxième mandat, de même que Jacques Peyrat,
mais avec plus d'incertitudes pour ce dernier toutefois.
Plusieurs explications à
cela. En premier lieu, le bilan de l'équipe en place n'est pas le seul
facteur du choix des électeurs, et dans certains cas le maire sortant ne
se représente pas (Toulouse, Lyon, Lille). Le candidat du même camp
qui lui succède n'est donc pas toujours comptable de la gestion de son
prédécesseur. Deuxièmement, l'offre concurrente peut ne pas
satisfaire les électeurs. Troisièmement, indépendamment de
la gestion municipale, la sociologie de la ville peut se traduire par la reconduction
d'un " camp politique ", de même que le projet ou la
personnalité du candidat. Enfin, le bilan établi ville par ville
(la moyenne sur les 10 domaines d'action testés) peu être trompeur
dans le mesure où il ne prend pas en considération l'importance
qu'accordent les habitants à chacun des domaines dans l'appréciation
globale de l'action de la municipalité sortante. Ainsi, la moyenne de 9,9
obtenue par Marseille est certes construite à partir de mauvais résultats
obtenus en matière de circulation (7,8 sur 10) ou d'impôts locaux
(7,9), mais de scores forts honorables sur la vie culturelle et l'animation (12,4),
les équipements sportifs et la vie sportive (12,2) ou encore le développement
économique (11,3).
Les impôts, la circulation
et l'insécurité
sont les domaines les moins bien jugés
L'analyse des jugements par domaine
permet, dans ces dix villes (ce qui signifie que le constat n'est pas forcément
valables dans des villes de taille moyenne ou dans des communes rurales), de dresser
un état de l'insatisfaction à l'égard de la gestion municipale.
Et l'on constate qu'en moyenne, l'action des municipalités sortantes est
particulièrement saluée dans trois domaines : la vie culturelle
et l'animation de la ville (note moyenne de 13,4), les équipements sportifs
et la vie sportive (13,1) et le développement économique (13). On
peut penser que le niveau d'équipement et la vie culturelle sont particulièrement
importants s'agissant des principales villes de France, et que la reprise économique
suggère une amélioration locale de l'activité économique.
A l'opposé, trois domaines obtiennent des notes moyennes inférieures
à 10 et sensiblement en retrait par rapport à la moyenne globale :
les impôts locaux (8,7), la circulation et le stationnement (9,1) et la
sécurité (9,6). Sur le niveau des impôts locaux, on notera
la situation atypique et enviable de Toulouse (11,2) et les plus mauvais résultats
enregistrés par Lille, Nice (7,5) et Marseille (8,7). En matière
de circulation et de stationnement ce sont Nantes et dans une moindre mesure Strasbourg
qui font cette fois-ci figure d'exceptions (11,7 et 10,8), Nice (6,8) Bordeaux
(7,8) et Marseille (7,8) étant les moins bien jugées. Enfin, si
en matière de sécurité Strasbourg et Nice (8,1) obtiennent
les moins bons résultats, Nantes (11,3) et Bordeaux (11) s'en sortent mieux
que les autres.
Paris aux derniers rangs sur
5 domaines
Parmi les villes dont les résultats
seront suivis avec attention les 11 et 18 mars prochains, Paris et Lyon présentent
deux situations très différentes. En moyenne, Paris obtient une
note moyenne de 10 sur 20, inférieure à la moyenne générale.
Si la gestion de l'équipe municipale est perçue très positivement
en matière de vie culturelle et d'animation (14,1 pour 13,4 en moyenne
dans les 10 villes), et si Paris obtient des résultats légèrement
meilleurs en matière d'impôts locaux et de sécurité,
il en va tout autrement dans les autres domaines. Paris se situe en effet au dernier
rang en matière de logement social, de crèches et de garderies,
et d'équipements pour les personnes âgées ; et à
l'avant dernier pour la circulation/le stationnement (devant Marseille) et les
équipements sportifs (devant Nice). C'est à dire que dans 5 domaines
d'action sur 10, Paris se situe en queue de classement.
Lyon la " centriste "
se situe pour sa part dans une position médiane. Jamais en tête,
mais jamais dernière sur les 10 domaines de l'action municipale testés,
elle obtient toutefois une note moyenne de 10,9, inférieure à la
moyenne globale (11,7). Obtenant des scores légèrement supérieur
- à peine - en matière de développement économique
(13,3 pour 13 en moyenne) et de propreté et d'environnement (10,8 pour
10,5), les résultats de l'équipe municipale sont proches de la moyenne
sur les autres domaines. Deux d'entre eux sont moins bien notés toutefois :
les crèches et garderies et les équipements pour les personnes âgées.
Cette enquête permet également
de faire le point sur la satisfaction des habitants à l'égard de
leur vie dans chaque ville, leurs souhaits de mobilité, ainsi que sur l'attrait
des autres villes.
D'une manière générale,
la satisfaction l'emporte, la note moyenne de satisfaction s'établissant,
pour les 10 villes, à 13,5 sur 20. Mais l'on constate que la satisfaction
est particulièrement élevée et supérieure à
la moyenne chez les nantais et les toulousains, alors qu'à l'opposé
Paris, Nice et Lille obtiennent des résultats inférieurs à
la moyenne. Ceci à des conséquences sur les souhaits des habitants :
si respectivement 80% et 79% des habitants de Nantes et Toulouse souhaitent continuer
d'y habiter à l'avenir, ce n'est le cas " que " pour
61% des lillois et 62% des parisiens. Dans ces deux dernières villes, c'est
chez les jeunes de moins de 35 ans que la volonté de partir est la plus
forte. Chez les parisiens, ce sont les villes du Sud qui ont le plus grand attrait :
ils souhaiteraient habiter à Toulouse (33%), Montpellier (28%) ou Nice
(23%). Idem pour les lillois : 31% opteraient pour Montpellier, 24% pour
Toulouse, 21% pour Bordeaux et 20% pour Nice.
Partir ? Sous le soleil
évidemment
Au total, le soleil, la qualité
de vie et le dynamisme des villes du Sud en font des villes particulièrement
attrayantes. Sur l'ensemble des personnes interrogées dans les 10 villes,
soit 4000 personnes, les choix des habitants se porteraient d'abord sur Toulouse
(33%) et Montpellier (30%). Viennent ensuite Nice (24%) et Bordeaux (20%). Les
deux villes les moins tentantes sont Lille et Strasbourg, avec respectivement
5% et 7% des citations. Mais le clivage Nord-Sud ne suffit pas, à lui seul,
à expliquer les choix des personnes interrogées. Marseille ne bénéficie
pas du même attrait que ses voisines méditerranéennes (14%)
et Paris conserve un potentiel d'attraction non négligeable.notamment chez
les Niçois et les Toulousains. Nantes, première au palmarès
pour la gestion municipale et la satisfaction des habitants est certainement victime
de sa localisation géographique : elle n'est citée comme destination
privilégiée que par 12% des personnes interrogées.
Stéphane Marcel

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