Enquête auprès des pays candidats à l'entrée dans l'Union Européenne


Le 22 novembre 2000 - Alors que la présidence française de l'Union Européenne entame sa dernière ligne droite, et que celle-ci s'est fixé pour priorité, notamment, de faire avancer les négociations avec les pays candidats à l'entrée dans l'UE, l'enquête réalisée par Taylor Nelson Sofres auprès des habitants des pays candidats à l'Union Européenne révèle que si une majorité de la population des 11 pays est favorable à l'entrée dans l'UE et en espère des bénéfices, la plupart d'entre eux s'estiment pour l'instant insuffisamment préparés.

Près de trois quarts des personnes interrogées dans les 11 pays candidats - Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Pologne, République Tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Turquie - se déclarent, en moyenne, intéressés par le processus d'adhésion à l'Union Européenne. Si l'intérêt est majoritaire dans l'ensemble des pays, il se révèle plus vif chez les roumains les hongrois et les turcs, alors que les lituaniens, les polonais et les tchèques se déclarent les moins concernés.

Dans l'éventualité d'un référendum sur l'accession à l'Union Européenne, le oui l'emporterait, que ce soit en majorité absolue ou en majorité relative, dans l'ensemble des pays interrogés. Mais si l'engouement est largement supérieur à la moyenne en Roumanie (72%), en Turquie (66%), en Pologne (62%) ou en Slovaquie (62%), on constate que les pays de la Baltique se montrent plus réservés : Lituanie 40% favorables, 28% défavorables et 33% d'hésitants, Lettonie respectivement 44%, 33% et 23% ; Estonie respectivement 46% 28% et 26%.

Et l'on constate que le niveau de préparation de ces pays, selon leurs habitants, ainsi que les bénéficies qu'ils espèrent tirer d'une adhésion à l'UE, sont variables et de ce fait jouent différemment selon les pays. Par exemple, alors que les turcs se montrent largement favorables à une entrée dans l'UE (66,5%), ils sont aujourd'hui les moins préparés, et sont ceux qui en espèrent le plus de bénéfices. La Slovénie y est quand à elle également favorable, mais dans une moindre mesure (58%), est le pays qui se déclare aujourd'hui le mieux préparé, mais espère moins que les autres en tirer des bénéfices. Les pays de la Baltique, enfin, sont plus réservés, sont parmi les moins bien préparés, et espèrent en tirer des bénéfices, mais relativement moins que les autres pays.

Cela signifie que l'analyse des facteurs préparation/bénéfice ne suffit pas, à elle seule, à expliquer pour l'ensemble des pays les freins ou les motivations à l'égard de l'entrée dans l'union européenne. Les turcs, par exemple, considèrent plus que les autres habitants concernés que leur pays n'entrera jamais dans l'Union Européenne.

Quoi qu'il en soit, d'une manière générale, la plupart des habitants interrogés pense pouvoir tirer profit d'une adhésion à l'UE, à l'exception notable de la Slovénie. Les plus optimistes sont sur ce point les turcs, les roumains et les slovaques. Près des trois quarts des habitants interrogés dans l'ensemble des 11 pays y voient des opportunités de voyages, et deux tiers (66%) espèrent en tirer profit en matière d'enseignement et de formation. Seule une minorité en attend une baisse du prix des biens de grande consommation (49%), mais sur ce point 23% sont dans l'expectative.

Même si le niveau de préparation à l'entrée dans l'UE est variable en fonction des pays, la plupart ne se considèrent pas aujourd'hui prêts à rejoindre l'Union Européenne. Dans dix domaines pour lesquels nous avons demandé aux personnes interrogées si leur pays était préparé les réponses, en moyenne, sont aujourd'hui majoritairement négatives. C'est dans le domaine de la politique agricole (67%), de la protection de l'environnement et de l'économie de marché (58% respectivement) que les pays candidats se jugent les moins préparés. Alors qu'ils se révèlent plus partagés sur la question, sensible, du droit des minorités.

Enfin, le long processus d'adhésion à l'UE, et les jugements sur le niveau d'(in)préparation expliquent que les différents pays ne se voient pas devenir membre à court terme. En moyenne, autour de 20% l'espèrent d'ici à 2003, et une majorité relative entre 2004 et 2010, les plus optimistes étant les slovènes, les polonais et les habitants de la République Tchèque (respectivement 42%, 41% et 38% en 2004-2005), les plus pessimistes les turcs (36% au delà de 2010 ou 'jamais ").

Stéphane Marcel



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