Les Enjeux du quotidien - vague 6
Les Français et l'alimentation


Le 23 février 2006 - Les Enjeux du Quotidien sont une série d'études portant sur des sujets se situant au cour de l'actualité et des préoccupations quotidiennes des Français. Cette enquête s'inscrit dans le cadre de l'EPIQ (Étude de la Presse d'Information Quotidienne). Le sixième volet porte sur le rapport des Français à l'alimentation à l'échelle collective ainsi que dans leur vie personnelle. Il est publié le 23 février 2006 dans les titres de Presse Quotidienne Nationale, Régionale, urbaine gratuite et la Presse hebdomadaire régionale. Principaux enseignements : 65% des Français estiment qu'un repas doit être avant tout convivial ; près des trois quarts d'entre eux (74%) s'estiment bien informés sur les aliments qu'ils consomment. Dans le même temps, les Français émettent un jugement partagé sur l'évolution de l'alimentation : s'ils estiment qu'il y a eu une nette amélioration de l'environnement alimentaire, ils portent un regard beaucoup plus partagé sur l'évolution de la qualité et du goût des aliments. 

Le repas, un moment convivial avant tout 

65% des Français estiment qu'un repas doit être avant tout convivial, bien avant d'être équilibré (51% de citations), savoureux (37%) ou encore naturel, bio (12%). Les aspects financiers et pratiques interviennent peu dans la perception du repas puisque seulement 9% des Français jugent que celui-ci doit être avant tout économique, et 8% rapide ou pratique. 

Dans le détail, l'aspect convivial d'un repas arrive en tête de hiérarchie chez toutes les catégories de Français. On note néanmoins un véritable clivage sociologique dans la perception du repas : les catégories favorisées apparaissent très attachées à la notion de plaisir dans le repas, qu'elle passe par l'ambiance (« convivial ») ou par le goût (« savoureux »), puisque ces deux dimensions recueillent des taux de citations particulièrement importants chez les CSP+ et les plus diplômés. Les catégories populaires sont quant à elles très sensibles à l'équilibre du repas, à l'instar des femmes, des personnes âgées de moins de 50 ans, des étudiants, de ceux qui ont des enfants de moins de 15 ans au foyer mais aussi des habitants de Bourgogne, Franche-Comté, Poitou-Charentes et Basse-Normandie. 

La perception d'une bonne information sur l'alimentation 

Près des trois quarts des Français s'estiment bien informés sur les aliments qu'ils consomment (74%), même si seuls 8% d'entre eux se déclarent « très bien » informés. Ce sentiment de bonne information apparaît très largement majoritaire chez tous, et est particulièrement prégnant chez les personnes âgées de 60 ans et plus, les retraités, les PCS-, les moins diplômés, les lecteurs réguliers de la presse quotidienne, hebdomadaire régionale ou de la presse quotidienne urbaine gratuite, et les habitants de Picardie, Bourgogne, Lorraine et Bretagne. Au contraire, les 15-34 ans, les PCS+, les plus diplômés et les habitants d'Aquitaine, du Limousin et de Haute-Normandie se sentent un peu moins bien informés que les autres sur leur alimentation. 

Les Français très attentifs à leur alimentation 

Les Français apparaissent très attentifs à leur alimentation, et plus particulièrement au prix des aliments (91% déclarent y être attentifs, dont 47% qui y sont même « très attentifs », malgré le fait que le critère économique apparaisse secondaire lorsque l'on considère le repas) et à l'aspect de ceux-ci (88% de citations, donc 41% de « très attentifs »). Viennent ensuite des niveaux d'intérêt toujours importants portés à la provenance des aliments (80%), la composition des aliments (77%), les labels et certificats (69%), le mode de fabrication des aliments (64%), les marques des produits alimentaires (62%), l'emballage des aliments (60%), et, dans une dimension moindre mais toujours majoritaire, à leur apport énergétique (55% de citations). Sur tous ces critères, certains apparaissent particulièrement attentifs à leur alimentation : les femmes, les plus âgés, les moins diplômés mais aussi les lecteurs réguliers de la presse quotidienne, hebdomadaire régionale ou de la presse quotidienne urbaine gratuite. Par ailleurs, le niveau d'attention porté à ces différents critères varie selon la catégorie sociale : ainsi, alors que les PCS - s'attachent particulièrement aux éléments les plus tangibles (le prix, l'aspect, l'emballage et la marque des aliments), les PCS+ regardent particulièrement leur composition, leur provenance ou encore les labels et les certificats. 

Nette amélioration de l'environnement alimentaire,  mais un jugement beaucoup plus partagé concernant l'évolution des aliments eux-mêmes 

Les Français perçoivent une nette amélioration de l'environnement alimentaire depuis une dizaine d'années. En effet, plus de sept sur dix estiment que les choses se sont plutôt améliorées concernant la facilité de préparation des aliments (80%), les contrôles sanitaires des aliments (78%), l'hygiène alimentaire (76%), les modes de conservation des aliments (76%) mais aussi leur diversité (72%). En revanche, ils s'avèrent plus mitigés en ce qui concerne la possibilité d'acheter de bons produits à des prix accessibles (48% estiment que les choses se sont plutôt améliorées sur ce point, 25% qu'elles se sont plutôt détériorées et 26% qu'elles n'ont pas changé) et franchement partagés sur l'évolution de la qualité des aliments (respectivement 36%, 37% et 26% de citations) ou sur celle du goût et des saveurs des aliments (32%, 33% et 35%).

Brice Teinturier



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Brice Teinturier
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