La situation dans le 11ème arrondissement de Paris :
politique et vie locale

Le 24 février 2001 - Conquis par la gauche en 1995, le 11e arrondissement devrait, selon toute probabilité, lui revenir au soir du 18 mars. Maire sortant bien implanté et bénéficiant d'une très bonne image, le MDC Georges Sarre, à la tête de la liste de gauche, y enregistre une forte progression, face à une droite divisée et en très forte baisse. Tels sont les principaux enseignements de l'étude réalisée par la SOFRES pour le Figaro-Magazine.

Le 11ème est un des six arrondissements conquis par la gauche en 1995. Georges Sarre pouvait déjà se targuer d'être le mieux élu des maires de gauche dans la capitale, ayant conquis la mairie dans le cadre d'un duel face à Alain Devaquet avec une avance confortable : 54,3% contre 45,7%.

Au soir du 18 mars, il ne devrait connaître aucune difficulté pour conquérir un deuxième mandat tant son avance est aujourd'hui considérable. Apprécié de ses habitants, fortement implanté, Georges Sarre bénéficie par ailleurs d'une très bonne image personnelle, sans commune mesure avec celle de ses concurrents. Parmi les maires sortant de gauche, il est d'ailleurs - exception faite du 18e dans lequel nous n'avons pour l'instant par réalisé d'enquête sur l'image de Daniel Vaillant - celui qui bénéficie de la meilleure image.

Georges Sarre en route vers un deuxième mandat

Au première tour, la liste de Georges Sarre, soutenue par le PS, le PC, le PRG et le MDC, arriverait nettement en tête avec 47% des voix, soit près de 7 points de plus qu'en 1995. A cette progression s'ajouterait celle de la liste des Verts conduite par Olivier Pagès. Avec 15% il améliorerait sensiblement le score de 1995 (6%) et obtiendrait ainsi un des meilleurs résultats pour les écologistes dans la capitale, sans pour autant atteindre les 22,2% de Daniel Cohn-Bendit lors des européennes de 1999.

Si l'on y ajoute les intentions de vote des deux listes d'extrême gauche (2,5% pour la liste Lutte Ouvrière, et 4% pour celle de la LCR), le total des listes de gauche et écologiste au premier tour serait largement majoritaire (68,5%), et supérieur de près de 18 points à celui de 1995.

Dans le même temps, les listes de droite enregistreraient une forte baisse (27,5% pour 40,9% en 1995), la liste conduite par Claude-Annick Tissot, soutenue par le RPR, l'UDF et DL, devançant nettement (18,5%) celle de son rival tibériste, Victor Izraël (9%). Ni ce dernier, ni le candidat du FN ou du MNR (respectivement 3% et 1% des intentions de vote) ne seraient donc en mesure de se maintenir au second tour.

A trois semaines du premier tout, la liste de Georges Sarre l'emporterait aisément face à celle de Claude-Annick Tissot : 71% contre 29%. Et dans le cas somme toute improbable d'une triangulaire, il s'imposerait avec une confortable avance : 69% pour 20% à Madame Tissot et 11% à Victor Izraël.

Au delà du rapport de force largement favorable à la gauche, et d'une dynamique conforme à celle enregistrée dans les autres arrondissements de la capitale, le maire sortant, Georges Sarre, peut s'appuyer sur son implantation et une image personnelle très positive. 94% des habitants déclarent le connaître, 71% en ont une bonne opinion (contre 13%) - soit un meilleur résultat dans cet arrondissement que son chef de file Bertrand Delanoë (69%) - et 82% le jugent compétent (contre 9%), 80% honnête (contre 9%) et 70% " proche des préoccupations des gens " (70%). Soit, sur tous ces points, des jugements meilleurs encore que ceux dont bénéficient les maires de gauche sortants dans les 3e , 10e, 19e et 20e arrondissements (nous n'avons pas encore réalisé d'enquête dans le 18e sur l'image de Daniel Vaillant).

Au total, plus que dans les autres arrondissements, les habitants du 11e souhaitent et pronostiquent la victoire de leur maire (respectivement 65% et 84%), de même que celle de Bertrand Delanoë dans l'ensemble de la capitale (respectivement 60% et 76%).

Un quartier populaire et agréable, mais qui manque d'espaces verts

Le 11e, arrondissement " populaire " (74%), est aussi décrit par ses habitants comme " agréable " (68%) et " branché " (55%). Il est vrai qu'il fourmille d'endroits " sympas ", comme la Bastille et la rue du Faubourg Saint Antoine (66%) et le boulevard Richard Lenoir (56%). Des lieux de vie animés certes mais avant tout urbains.

Car les habitants y souffrent, plus qu'ailleurs dans la capitale, du manque d'espaces verts. 52% le citent ainsi comme le problème prioritaire pour les prochaines années (deuxième rang), juste derrière la propreté des rues et des trottoirs (59%).

Le fort attachement des habitants à leur quartier (62% y resteraient s'ils avaient la possibilité de le quitter) justifie que l'on se préoccupe de la sauvegarde du Faubourg Saint-Antoine et du maintien des ateliers d'artisans. Un sujet que les habitants placent au troisième rang des problèmes les plus importants pour les prochaines années (51% des citations). Enfin, les problèmes de crèche et de garderies (45%, 5e rang) sont plus particulièrement ressentis par les sympathisants de gauche (47% pour 34% à droite), alors que la sécurité des habitants préoccupe d'abord les sympathisants de droite. Avec 72% des citations elle constitue leur première préoccupation, alors qu'elle n'arrive qu'au 7e rang chez les sympathisants de gauche (38%) et au 6e rang auprès de l'ensemble des habitants (42%).

Stéphane Marcel


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