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La
situation dans le 15ème arrondissement de Paris :
politique
et vie locale
Le 24 février
2001 - Et si le 15e
réservait une surprise ? Exclu des arrondissements
clés du scrutin municipal, ce bastion de la droite,
dans lequel se présente Edouard Balladur face au maire
sortant René Galy-Dejean, pourrait basculer à
gauche au soir du second tour. A trois semaines du scrutin,
les jeux restent totalement ouverts en cas de duel entre l'ancien
Premier ministre et Anne Hidalgo, la candidate socialiste.
Dans l'hypothèse d'une triangulaire, cette dernière
pourrait en revanche l'emporter, et changer ainsi la donne
de l'ensemble de l'élection à Paris. Tels sont
les principaux enseignements de l'étude réalisée
par la SOFRES pour le Figaro-Magazine.
Habitué
à une confortable élection du candidat de droite
dès le premier tour, le 15e arrondissement
pourrait constituer une des surprises de l'élection
municipale, et ce à plusieurs titres. D'abord parce
qu'il n'est jamais entré jusqu'à aujourd'hui
dans la catégorie des arrondissements clés de
cette élection, à la différence des 12e,13e
et 14e arrondissements. Ensuite parce
que l'éventuelle défaite de l'ancien Premier
ministre, un temps pressenti comme chef de file de la droite,
puis comme recours en cas de défaite personnelle de
Philippe Séguin dans le 18e (hypothèse
qui s'éloigne depuis son passage en tête de liste),
constituerait une surprise de taille. Enfin parce que même
si les jeux sont loin d'être faits à quelques
semaines du premier tour (enquête réalisée
les 13 et 14 février), une victoire d'Anne Hidalgo
aurait un poids considérable sur l'ensemble de l'élection
à Paris, et un très bon score permettrait à
la gauche d'accroître le nombre de ses conseillers (17
élus dans le 15e arrondissement).
La situation
apparaît à tout le moins particulièrement
incertaine pour l'ancien Premier ministre. Il doit d'abord
faire face, au premier tour, à la concurrence du maire
sortant, René Galy-Dejean, auquel il avait cédé
sa place. Ce dernier, moins connu qu'Edouard Balladur, y bénéficie
toutefois d'une image fort honorable. Il est certes perçu
comme moins compétent et honnête que le candidat
officiel de la droite, mais plus " proche des préoccupations
des gens " (50% pour 33% à Edouard Balladur).
A cette bataille des désormais " frères
ennemis ", s'ajoute la présence d'un candidat
tibériste, Jean-Antoine Giansily.
Premier tour :
Anne Hidalgo en tête, Edouard Balladur devant le maire
sortant
Les intentions
de vote, à trois semaines du premier tour, décrivent
une situation relativement claire pour la droite. Sa division
lui interdit bien évidemment d'envisager, comme lors
des scrutins précédents, une victoire au premier
tour. Edouard Balladur devancerait ses deux rivaux, mais avec
seulement 28% des intentions de vote. La liste conduite par
le maire sortant, René Galy-Dejean, avec 15%, serait
en mesure de se maintenir au second tour, alors que celle
du tibériste Jean Antoine Giansily recueillerait 9%,
lui interdisant ainsi cette possibilité. Avec 52% des
voix, la droite traditionnelle serait certes majoritaire,
mais enregistrerait une baisse de 4 points par rapport à
1995.
Les listes
FN et MNR, créditées de respectivement 2% et
1% des intentions de vote ne seraient pas en mesure de participer
à la bataille du second tour.
La liste d'Anne
Hidalgo soutenue par le PS, le PC, le PRG et le MDC arriverait
en tête au premier tour, avec 37% des intentions de
vote, soit près de 11points de mieux qu'en 1995. La
liste des Verts, conduite par Françoise Bouillie, avec
8%, enregistrerait quant à elle un des plus bas scores
des listes écologistes dans la capitale, dans un arrondissement
où ces derniers, il est vrai, n'obtiennent jamais leurs
meilleurs scores. Mais elle ferait moins bien qu'en 1995 (10,2%).
Avec 45% des intentions de vote au premier tour, les listes
de gauche et écologiste enregistreraient toutefois
une progression de près de10 points par rapport à
1995, conforme au mouvement enregistré dans l'ensemble
de la capitale.
Une situation
très incertaine en cas de duel
Une des clés
du scrutin réside dans l'attitude du maire sortant,
René Galy-Dejean. Son maintien au second tour aurait
de lourdes conséquences : Anne Hidalgo l'emporterait
alors nettement (47%), devant Edouard Balladur (34%) et le
maire sortant (19%). En cas de duel en revanche, l'incertitude
serait maximale : aujourd'hui la candidate de la gauche
devancerait l'ancien Premier ministre par la plus courte avance :
51% contre 49%.
Ces résultats
sont le fruit de mauvais reports à droite. Certains
électeurs de René Galy-Dejean et de Jean-Antoine
Giansily préfèrent s'abstenir, ou voter même
pour la candidate de gauche. Edouard Balladur ne fait donc
pas le plein des voix à droite. Autre élément
explicatif, la personnalité de Philippe Séguin
ne séduit pas non plus les habitants du 15e :
seulement 41% en ont une bonne opinion (contre 51% une mauvaise).
En résumé, si 35% des habitants souhaitent la
victoire d'Edouard Balladur, 22% souhaitent au contraire celle
de René Galy-Dejean. L'ancien Premier ministre ne fait
donc pas l'unanimité.
Il reste que
les jeux sont largement ouverts à quelques semaines
du scrutin et qu'Edouard Balladur, indépendamment de
ces résultats, dispose de certains atouts. Il bénéficie
d'abord d'une notoriété maximale dans l'arrondissement,
à la différence de son challenger socialiste,
connue de 42% des habitants. Son image y est par ailleurs
mieux installée, et positive : 55% en ont un bonne
opinion (contre 37%), 76% le jugent compétents et 77%
honnête. Enfin, 56% des habitants pronostiquent sa victoire,
contre 22% celle de René Galy-Dejean et seulement 7%
celle d'Anne Hidalgo.
La candidate
socialiste, au premier abord, dispose de moins d'atouts. Elle
est moins connue (42%), son image y est moins installée
(21% de bonnes opinions, 7% de mauvaise et 73% de sans opinion).
Mais elle bénéficie à la fois de l'image
véhiculée par les candidats de gauche et de
la dynamique de la gauche dans la capitale, sur lesquelles
elle peut s'appuyer. 50% des habitants la perçoivent
proches de préoccupations des gens (alors que ce n'est
le cas que de 33% pour Edouard Balladur). Par ailleurs, Bertrand
Delanoë, son chef de file, bénéficie dans
le 15e d'une bonne image : 54% de
bonnes opinions, contre 25%. Enfin, une majorité relative
des habitants souhaite sa victoire à Paris, et 62%
la pronostiquent.
Des préoccupations
classiques pour la capitale
Cette étude
permet dresser un état des préoccupations de
habitants dans l'arrondissement et révèle que
le 15e ne souffre ni ne bénéficie
d'aucune particularité. Les deux premiers problèmes
jugés les plus prioritaires sont relativement classiques
pour Paris et pour une grande ville : propreté
des rues et des trottoirs (57%) et stationnement (50%). Viennent
ensuite, au même rang, les nuisances liées à
la circulation automobile et la sécurité des
habitants (43%). Notons toutefois que si les sympathisants
de droite se montrent plus sensibles aux questions d'insécurité,
ceux de gauche se préoccupent davantage des nuisances
liées à la circulation. Enfin, les problèmes
de crèches et de garderie, cités par 37% des
habitants (5e rang), sont plus largement
évoqués par les électeurs de gauche et
les jeunes. Dans un quartier où cohabitent personnes
âgées et couples de cadres supérieurs,
le manque d'espaces verts est moins cruel que dans d'autres
arrondissements de la capitale (25%). Il est vrai que l'arrondissement
bénéficie tant de la proximité du Parc
Georges Brassens (cité par 55% comme l'endroit " le
plus sympa ") que de celle du Parc André
Citroën (49%). Enfin, la rue du commerce (55%) et la
place de la convention (49%) font partis des lieux les plus
appréciés.
Stéphane
Marcel

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