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La
situation dans le 10ème arrondissement de Paris :
politique
et vie locale
Le 27 janvier
2001 - Conquis de justesse
par la gauche en 1995 dans le cadre d'une triangulaire, le
10e arrondissement devrait connaître,
en mars prochain, une victoire aisée de la liste de
Bertrand Delanoë. Avec des intentions de vote supérieures
ou égales à 60% en cas de duel ou de triangulaire,
la liste de Tony Dreyfus l'emporterait aisément face
à une droite divisée et victime d'une forte
érosion de son électorat. Tels sont les principaux
enseignements de l'enquête réalisée par
la SOFRES pour Le Figaro Magazine.
Un futur
bastion de gauche ?
Au premier
tour, le député-maire sortant, Tony Dreyfus,
à la tête de la liste Delanoë soutenue par
le PS, le PC, le PRG et le MDC, obtiendrait 45% des intentions
de vote, soit 12 points de plus qu'en 1995. La liste des Verts
de Véronique Dubarry, avec 13,5%, améliorerait
pour sa part sensiblement le score écologiste de 1995
(7,6%), sans pour autant renouveler la performance de Daniel
Cohn Bendit aux européennes de 1995 (22,5%). Le total
des listes de gauche et écologiste (en y ajoutant la
liste LO de Marie-Adélaïde Doublet), avec 63%
des intentions de vote au premier tour, serait donc supérieur
de 22 points à celui de 1995 (40,7%) ! Une forte
progression dont font les frais les deux listes de droite
conduites par René Le Goff (21%) (candidat RPR-UDF-DL
soutenu par Philippe Séguin) et Marie-Hélène
Bry (liste Tibéri, 9%), leur total (30%) étant
inférieur de 11 points à celui de 1995 (41,1%).
Au second tour,
la liste de Tony Dreyfus l'emporterait aisément en
cas de triangulaire (60% pour 27% à René Le
Goff et 13% à Marie-Hélène Bry), et de
manière écrasante en cas de duel : 64%
contre 36%. Un score auquel la gauche parisienne est moins
habituée que la droite. Il retrouverait ainsi le total
des listes de gauche du premier tour, bénéficiant
notamment d'un très bon report des électeurs
écologistes.
Fruit de son
implantation locale, le député-maire sortant
bénéficie à la fois d'une forte notoriété
(85%), d'une popularité élevée (52% de
bonnes opinions contre 21%), et d'une très bonne image
personnelle (" compétent " 60%,
" honnête " 63%), même s'ils
est jugé moins " proche des préoccupation
des gens " (49% contre 31%). Il profite également
de la bonne image de son chef de file, Bertrand Delanoë,
qui recueille 63% de jugements positifs sur sa personne.
En revanche,
son concurrent, René Le Goff, souffre à la fois
d'un déficit de notoriété (81% des personnes
interrogées déclarent ne pas le connaître)
et d'image (93% ne se prononcent pas). Au surplus, Philippe
Séguin souffre lui aussi d'une image peu flatteuse
dans cet arrondissement (39% de bonnes opinions, contre 50%
de mauvaises).
Au total, les
souhaits et pronostics des électeurs du 10e
arrondissement sont sans équivoque : 56% souhaitent
la victoire de Bertrand Delanoë dans la capitale et 55%
celle de Tony Dreyfus dans l'arrondissement ; et respectivement
65% et 69% la pronostiquent.
Près
d'un habitant sur deux quitterait l'arrondissement s'il en
avait la possibilité
A la différence
des 12e, 14e, 8e
et 7e arrondissements, et à l'instar
du 9e, le dixième arrondissement
souffre surtout, selon les habitants, du manque d'espaces
verts (58%, 1er rang). Un problème prioritaire
à côté de celui, commun à l'ensemble
de la capitale, de la propreté des rues et des trottoirs
(57%, 2e rang). Autres priorités :
les nuisances liées à la circulation (55%, 3e
rang) et la sécurité des habitants (53%). Même
si elle n'apparaît hiérarchiquement qu'au quatrième
rang, l'insécurité se situe assez près,
en niveau, des trois premières priorités. On
constate par ailleurs que si elle préoccupe plus largement
les sympathisants de droite (75%) que de gauche (43%), la
sécurité des habitants est davantage prioritaire,
dans ces deux groupes, que dans l'ensemble des arrondissements
dans lequel nous avons déjà effectué
une enquête (cf. dossier Municipales à Paris).
Le fait que les habitants citent également le stationnement
et les crèches et garderies à un niveau élevé
(42% pour les deux, 5e rang), souligne
également les problèmes d'équipement
dont souffre le 10e, comme le confirme
la 13e place qu'il occupe dans l'enquête
de L'Express sur la qualité de vie à Paris.
De fait, à la différence des autres arrondissements,
on constate avec surprise que seulement un habitant sur deux
(46%) souhaiterait y rester s'il avait la possibilité
de partir, 29% préférant habiter dans un autre
arrondissement et 24% quitter Paris. Enfin, hormis la canal
Saint-Martin (Quai de Jemmapes, Quai de Valmy), cité
par 88% des habitants, les autres lieux de cet arrondissements
(Place de la République, grands boulevards etc.) testés
dans cette enquête apparaissent comme moins " sympas ".
Stéphane
Marcel

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