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La
situation dans le 8ème arrondissement de Paris :
politique
et vie locale
Le 27 janvier
2001 - Dans un des
bastions de la droite parisienne, le 8e
arrondissement, la liste de Philippe Séguin, conduite
par Edwige Antier, devrait l'emporter aisément, que
ce soit en cas de duel ou de triangulaire, mais serait contrainte
à un second tour en raison de la progression sensible
de la gauche et de la bonne tenue du tibériste Philippe
Dominati. Tels sont les principaux enseignements de l'enquête
réalisée par la SOFRES pour Le
Figaro Magazine.
Voici un arrondissement
de la capitale qui ne devrait pas basculer, ce qui n'est pas
une surprise. Traditionnel bastion de la droite parisienne
que les habitants qualifient eux-mêmes de bourgeois
(63%), conquis aisément dès les premier tour
en 1995 avec un score record de 68,4%, le 8e
arrondissement résiste au vent de changement qui souffle
sur Paris. D'autant plus que Philippe Séguin y bénéficie
d'une assez bonne image - ce qui tranche avec les 12e
et surtout 14e arrondissements -, ce qui
profite à une candidate RPR-UDF peu connue et à
l'image peu installée.
Situation
politique : la droite, aisément
Au premier
tour, la liste conduite par Edwige Antier, soutenue par le
RPR, l'UDF et DL, recueillerait 44% des intentions de vote
et celle de son concurrent tibériste Philippe Dominati
12%, ce qui autoriserait ce dernier à se maintenir
au second tour. Avec un total de 63%, les deux listes de la
droite républicaine enregistreraient certes un érosion,
mais relativement faible (-5 points) par rapport à
1995 (68,4%). Seule la présence d'une liste dissidente
lui interdirait de l'emporter dès le dernier tour.
Car en dépit d'une progression sensible, les listes
de Bertrand Delanoë conduite par Francis Bennaroch, avec
22% des intentions de vote (+7,5 par rapport à 1995),
et celle des Verts conduite par Bertrand Jullien (8%, +2),
ne totaliseraient que 30% des intentions de vote. L'extrême
droite, présente par l'intermédiaire de deux
candidats, est créditée pour sa part de 7% des
intentions de vote au premier tour, soit 4 points de moins
que son score de 1995.
Seule la présence
de Philippe Dominati interdit donc à la droite de conserver
cet arrondissement dès le premier tour. Confrontée
à une situation nouvelle dans le 8e,
la candidate soutenue par Philippe Séguin l'emporterait
toutefois sans difficultés, que ce soit en cas de duel
(65% contre 35% à la liste de Francis Bennaroch), ou
de triangulaire : 46% contre 30% à la liste socialiste
et 24% à celle de Philippe Dominati.
On constate
toutefois que sans remettre en cause le rapport de force traditionnel,
le mécontentement des parisiens se manifeste aussi
dans cet arrondissement. En cas de duel, un tiers des électeurs
de la liste tibériste ne se reporterait pas sur celle
d'Edwige Antier, et dans l'hypothèse d'une triangulaire,
la liste Dominati améliorerait sensiblement son score
du 1er tour, bénéficiant de l'apport
des électeurs d'extrême droite, alors que la
candidate de droite officielle ne progresse que de deux points.
Même si la sociologie de cet arrondissement en fait
toujours un arrondissement de droite, le 8e
confirme trois des difficultés auxquelles sont confrontées
les listes de Philippe Séguin dans l'ensemble de la
capitale : division de la droite au premier tour (qui
peut entraîner des triangulaires), mauvais reports et
mécontentement de certains électeurs (qui entraîne
de bons scores des listes dissidentes de droite aux 1er
et second tours), enfin progression de la gauche. Dans ce
contexte, l'image personnelle des deux principales têtes
de liste joue un rôle non négligeable.
Dans le 8ème,
on constate d'abord que Philippe Séguin bénéficie
d'une popularité plus forte que dans les autres arrondissements
de Paris (51% de bonne opinions, contre 34%), et que la faible
notoriété de la candidate " locale ",
Edwige Antier, ne la pénalise pas. On peut penser qu'elle
bénéficie, au delà de la sociologie de
droite de l'arrondissement, de la bonne image de Philippe
Séguin, à la différence d'autres candidats
mieux implantés et plus connus (Nicole Catala dans
le 14e par exemple), qui pâtissent
de sa mauvaise image.
Le même
phénomène se produit pour Bertrand Delanoë.
Même si son image est ici moins favorable que dans d'autres
arrondissements (41% de jugements positifs, contre 32%), elle
reste globalement positive et profite à Francis Bennaroch,
quasiment inconnu des habitants du 8ème ,
alors qu'il était déjà candidat en 1995
et en 1989.
Au total, même
s'ils pronostiquent dans l'ensemble de la capitale la victoire
de Bertrand Delanoë (52%), les habitants du 8e
sont divisés dans leurs souhaits : 39% optent
pour Philippe Séguin, 25% pour le candidat socialiste
et 24% pour Jean Tibéri. Le fait que " seuls "
57% des sympathisants de droite se prononcent en faveur du
député des Vosges (contre 30% à Jean
Tibéri) confirme toutefois les difficultés auxquelles
il se heurte. Dans l'arrondissement, la faible notoriété
des deux têtes de liste aboutit à ce qu'un tiers
des habitants n'émette ni souhait ni pronostic. Une
majorité relative se prononce toutefois en faveur d'Edwige
Antier (respectivement 32% et 37%).
La vie locale :
un déficit d'équipements
Indépendamment
de la situation politique, le 8e, un des
plus riches arrondissements de la capitale, lieu de localisation
de nombreux sièges sociaux d'entreprises internationales
recherchant le prestige des Champs-Elysées, n'obtient
qu'une très moyenne 12e place au
classement de L'Express sur la qualité de vie à
Paris. Une situation qui s'explique notamment par la faiblesse
des équipements d'un arrondissement qui se nourrit
du passage quotidien des cols blancs et des touristes, mais
aurait tendance à oublier ses habitants. Les principaux
problèmes auxquels ils se déclarent confrontés
sont le stationnement (47%), les nuisances liées à
la circulation automobile (47%), la propreté des rues
et des trottoirs (41%) et la manque d'équipements sportifs
(38%), la sécurité des habitants n'arrivant
qu'au cinquième rang (avec 37% des citations). Davantage
évoquée par les sympathisants de droite (43%)
que de gauche (29%), elle est toutefois devancée chez
les premiers par le stationnement et fait jeu égal
avec les nuisances liées à la circulation. Des
nuisances qui leur font préférer le calme du
Parc Monceau (74% le citent comme " l'endroit le
plus sympa "), la rue Tronchet et la place de la
Madeleine (40%) ou la rue du Faubourg Saint-Honoré
(40%) aux Champs-Elysées (36%) ou à la Place
de la Concorde (32%). Pourtant, deux tiers des habitants continueraient
à y demeurer s'ils avaient la possibilité d'en
partir.
Stéphane
Marcel

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