Exclusion et pauvreté :
regards croisés des maires et des Français



Le 27 février 2008 - A la veille des élections municipales, notre enquête réalisée pour Le Secours Catholique porte sur l’exclusion et la pauvreté vue par les maires et les Français. Cette étude avait déjà été menée auprès des maires en 1995 et en 2001. Principal enseignement : plus d'un élu sur deux (51%) estime que sa commune compte davantage de personnes en difficulté que par le passé. Aux yeux de la population et des élus, les seniors, les jeunes sans emploi et les femmes seules avec enfants sont les catégories qui éprouvent le plus de difficulté.

Populations en difficulté : une situation dégradée, principalement dans les villes

A la question « Dans votre commune, diriez-vous que les personnes en situation de pauvreté et d’exclusion sont actuellement… », 11% des maires répondent « en très grand nombre » (ils étaient 5% en 2001 et 8% en 1995), contre 31% des Français. Toutefois, les observations des maires varient selon la taille de leur commune : lorsque celle-ci compte plus de 5000 habitants, ils sont près de 50% à estimer que les populations en difficultés sont en grand nombre dans leur commune. De plus, les maires se déclarant politiquement à gauche dressent un tableau plus pessimiste que ceux se déclarant à droite (26% contre 3%).

Ajoutons que les élus observent une dégradation de la situation : 51% d’entre eux estiment que leur commune compte davantage de personnes en difficulté que par le passé. Encore une fois, les résultats varient selon la taille de la commune et la tendance politique du maire.

Populations en difficulté :
les seniors, les jeunes sans emploi et les femmes seules avec enfants en tête

En première position, les jeunes sans emploi sont, selon les Français et les maires, ceux qui éprouvent le plus de difficulté. Suivent les femmes seules avec des enfants, les chômeurs de longue durée, les personnes ayant un emploi précaire et les personnes âgées. La perception des difficultés des personnes âgées par les maires a nettement augmenté entre 2001 et 2008 (+19%) alors que celle des chômeurs de longue durée a sensiblement diminué (-16%). Concernant les personnes âgées, la prise de conscience consécutive à la canicule de l’été 2003, peut expliquer en partie les résultats obtenus ici. Les maires ne sont que 2% (contre 22% des Français) à citer les Sans Domicile Fixe comme faisant partie d’une des trois catégories qui ont le plus de difficultés. Toutefois, les maires des communes de plus de 10000 habitants sont 17% à les citer.

En terme d’évolution, selon les maires, la situation s’est dégradée pour les femmes seules avec enfants (4%), les personnes ayant un emploi précaire (43%), les chômeurs de longue durée (29%), les personnes âgées (27%) et les personnes âgées (27%). En revanche une grande majorité s’accorde à penser que les immigrés et les Sans Domicile Fixe n’ont pas vu leur situation changer ces dernières années. La même question posée en 2001 avait donné lieu à des réponses nettement plus optimistes. Ce résultat doit sans doute s’analyser en prenant en compte un contexte général beaucoup plus optimiste en 2001 qu’aujourd’hui. Ainsi, alors qu’en 2001, 32% des Français déclaraient avoir l’impression que les choses allaient en s’améliorant en France, ils n’étaient plus que 15% à faire preuve de cet optimisme en février 2008. (baromètre TNS Sofres-Figaro Magazine, février 2008).

La question du logement : une préoccupation majeure

Les maires et les Français sont majoritairement acquis à l’idée de la nécessité de construire de nouveaux logements et ouverts sur les mesures à prendre pour y parvenir. Les maires sont 93% (dont 52% très favorables) à se dire favorables aux logements en accession à la propriété, 81% à se dire favorables à la construction de logements sociaux (dont 32% très favorables). L’hébergement d’urgence arrive en troisième position avec 61% de maires favorables, majoritairement dans les grandes villes. Ce fort taux de réponses favorables révèle une prise de conscience et une forte préoccupation autour de la question du logement.

Lorsqu’on demande aux maires et aux Français s’ils sont favorables à différentes mesures qui permettraient la construction de logements, la bonne volonté est de mise. Seule mesure moins consensuelle : l’hébergement sur le territoire de la commune des gens du voyage (59% des maires et 47% des Français y sont défavorables). Enfin, les maires citent principalement cinq freins majeurs à la construction de logements sociaux : l’augmentation des coûts de construction et de l’immobilier foncier, le manque d’engagement de la part de l'État, le manque de terrains disponibles, l’image négative des logements sociaux auprès de la population et le manque de volonté de la part de certains maires.

Carine Marcé et Marie-Colombe Afota


Fiche Technique

Sondages effectués du 13 au 20 février 2008 auprès des maires et les 20 et 21 février auprès des Français. Enquêtes réalisées par téléphone auprès d’un échantillon national de 400 maires, représentatif de l’ensemble des communes de France et auprès d’un échantillon national de 1000 Français représentatif de l’ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, interrogés en face-à-face à leur domicile par le réseau des enquêteurs de TNS Sofres. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage PCS) et stratification par région et catégorie d’agglomération.


Plus d'informations :
Carine Marcé / Guillaume Petit / Anne Hipolite
Département Stratégies d'Opinion
Tél : 33 (0)1 40 92 44 92 / 46 90 / 47 33
Fax : 33 (0)1 40 92 46 60
Politique&Opinion@tns-sofres.com 
Municipales 2008

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