Le 29 juin 2005 - L'avant-dernière
vague de notre baromètre réalisée
pour le groupe Casino et L'Hémicycle
quelques jours avant le référendum sur
le traité constitutionnel européen, montrait
le caractère paroxystique de l'inquiétude
sur l'emploi, et le manière dont vraisemblablement,
la question de l'emploi cristallisait à ce moment
crucial l'ensemble des inquiétudes sociales.
Cette nouvelle vague, réalisée les 22
et 23 juin 2005 - soit la première pour
le nouveau gouvernement de Villepin - fait état d'une relative détente
des esprits, et d'une hiérarchie des préoccupations
qui revient à un niveau dans l'ensemble comparable
à celui de mars 2005.
Une détente relative sur l'emploi et l'éducation
Par rapport au mois dernier, les préoccupations sont
en baisse significatives sur deux thèmes. D'abord,
le chômage et l'emploi : le niveau d'inquiétude
enregistré cette fois est de 73%, ce qui reste
l'un des taux les plus élevés, mais marque
un recul de 5 points par rapport au mois dernier. On
peut y voir les premiers effets du volontarisme affiché
par le Gouvernement Villepin
sur la question, mais sans doute aussi le signe d'un
climat qui n'est, malgré tout, plus aussi crispé
politiquement et socialement qu'il y a un mois.
Ensuite, l'école et la qualité de l'enseignement :
le niveau d'inquiétude enregistré aujourd'hui
est de 30%, ce qui est le plus bas score mesuré
par notre baromètre (soit depuis mars 2004).
Le recul est de 5 points depuis le mois dernier, et
de 10 points depuis le mois précédent.
Le changement de Gouvernement, de Ministre et la suspension
des « réformes Fillon »
semblent donc avoir confirmer un mouvement de baisse
déjà clairement amorcé en mai.
Un climat global moins tendu qu'il y a trois mois
Ces deux reculs visibles s'inscrivent dans un contexte globalement
moins tendu qu'il y a trois mois. Plusieurs indicateurs
en témoignent. En premier lieu, aucun domaine
de préoccupation n'atteint de maximum ce mois-ci,
alors que ce fut le cas pour le chômage et l'emploi
le mois dernier, pour l'évolution du pouvoir
d'achat et les inégalités sociales en
mars, ou encore pour la mondialisation de l'économie
et des échanges commerciaux en avril. Ensuite,
les niveaux de préoccupations mesurés
cette fois-ci sont soit stables (avec des variations
allant de -1 à + 1 point), soit en recul depuis
mars 2005.
Des disparités sociales importantes demeurent
Cette légère détente des préoccupations
ne doit cependant pas être prise pour argent comptant
d'un revirement du climat. D'abord, les inquiétudes
avaient atteint un niveau très élevé,
et malgré les reculs enregistrés, elles
le restent, notamment sur des thèmes comme le
chômage, le pouvoir d'achat, ou les inégalités
sociales. Ensuite, la tendance pessimiste qui domine
depuis plusieurs mois le moral des Français ne
s'est pas inversée, d'autres indicateurs en témoignent.
Par ailleurs, les choses peuvent être très différentes
d'une catégorie sociale à l'autre. Le
recul des inquiétudes sur le chômage, par
exemple, est net chez les catégories les moins
actives : - 16 points chez les 18-24 ans (86% en
mai, 70% en juin) ou encore - 12 points chez les 65
ans et plus (70% en mai, 58% en juin). Mais l'inquiétude
sur le chômage et l'emploi est stable ou en légère
augmentation dans les catégories d'âge
actif (25 à 64 ans) ; et elle recule dans
les catégories ouvrières et les classes
moyennes, dans les catégories à faibles
revenus, mais progresse chez les cadres et les hauts
revenus.