Le 29 septembre 2006 - Malgré une très légère amélioration, l'immense majorité des Français (86%, - 2 points par rapport au mois de janvier) considèrent qu'il est difficile, aujourd'hui en France, de trouver un logement. Si une majorité de Français (56%) considère que la place du logement et de l'urbanisme dans l'action gouvernementale est importante, seulement 21% d'entre eux jugent efficaces les mesures prises par le gouvernement pour apporter des solutions en matière de logement au cours des quatre dernières années. Enfin, au fur et à mesure que les échéances électorales de 2007 se rapprochent, les questions relatives au logement et à l'urbanisme progressent nettement dans la hiérarchie des préoccupations. Tels sont les principaux enseignements de notre étude réalisée pour Nexity.
Le diagnostic sur la situation du logement en France reste très négatif
Malgré une très légère amélioration, l'immense majorité des Français (86%, - 2 points par rapport au mois de janvier) considèrent qu'il est difficile, aujourd'hui en France, de trouver un logement. Depuis le début de l'année 2005 (première mesure du baromètre), ce sont par conséquent près de 9 Français sur 10 qui partagent ce point de vue sombre et désormais pérenne.
Ce sentiment est largement partagé par l'ensemble des catégories de la population et culmine auprès des professions intermédiaires (92%), des sympathisants de gauche (90%), des habitants des agglomérations de plus de 100 000 habitants (92%).
Malgré une prise de conscience du problème du logement par le gouvernement,
son action souffre d'un jugement sévère
Une majorité de Français (56%) considère que la place du logement et de l'urbanisme dans l'action gouvernementale est importante, signifiant par là même que l'exécutif a pris conscience de la nature et de l'ampleur du problème. Les sympathisants de droite (69%) en sont logiquement davantage convaincus que les sympathisants de gauche (52%).
Si la prise de conscience est effective, les solutions restent encore largement à trouver et à être mises en ouvre : seulement 21% des Français en effet jugent efficaces les mesures prises par le gouvernement pour apporter des solutions en matière de logement au cours des quatre dernières années. Certes, ce résultat est en légère amélioration depuis le début de l'année (+ 3 points) mais 73% des Français continuent de juger les actions entreprises inefficaces.
Le pronostic s'assombrit à nouveau
Après un léger sursaut d'optimisme au début de l'année, les pronostics s'assombrissent à nouveau : ainsi, 31% (- 3 points) pensent que les choses vont plutôt s'améliorer tandis que 32% (+4 points) se prononcent en faveur d'une dégradation probable de la situation.
Le pronostic est moins pessimiste quand les interviewés répondent à l'échelle de leur propre ville mais la tendance est exactement la même : 36% se prononcent en faveur d'une probable amélioration (- 4 points depuis le mois de janvier) et 22% pronostiquent une dégradation (22%, + 4 points).
La pérennisation des problèmes de logement ajoutée à l'inefficacité perçue de l'action du gouvernement explique largement ces inquiétudes de l'opinion et ses difficultés croissantes à se projeter dans un avenir meilleur sur ce point.
Au fur et à mesure que les échéances électorales se rapprochent, les questions relatives au logement et à l'urbanisme progressent nettement dans la hiérarchie des préoccupations
Dans ce contexte, il n'est pas surprenant de constater que c'est précisément la question du logement et de l'urbanisme qui progresse le plus (29%, + 5 points) dans la liste des thèmes dont les Français souhaiteraient que l'on parle dans la perspective des élections présidentielle et législatives de 2007.
Ce sujet figure désormais en 6ème position des thèmes de campagne, après les préoccupations socio-économiques (l'emploi, les retraites, les pouvoir d'achat, la santé publique et l'assurance maladie) et l'éducation nationale et bien avant les questions d'immigration, de justice, de sécurité, d'environnement et d'impôts.
Ce sont les catégories les plus jeunes (36% auprès des 18-24 ans, 35% auprès des 25-34 ans), les employés (36%), les ouvriers (34%), les urbains (31% des habitants des villes de 20 000 à 100 000 habitants, 33% de ceux qui habitent dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants, 36% des résidants en région parisienne), et les locataires (37%) qui se montrent les plus désireux de voir cette thématique abordée. Ces clivages dessinent les différents fractures de la France du logement (fracture générationnelle, fracture sociale et fracture géographique) et dressent in fine le portrait d'une France inégalement touchée par ce problème important.
Sur cette question du logement, les responsables politiques n'échappent pas à la défiance générale vis-à-vis des dirigeants politiques même si les opinions se clivent en fonction des affiliations partisanes
Exceptée Ségolène Royal qui bénéficie sur ce sujet d'un score de confiance majoritaire (59%), les autres personnalités recueillent la confiance de moins d'un Français sur deux : Jean-Louis Borloo (46%), Nicolas Sarkozy et Jack Lang (40%), Dominique Strauss Kahn (36%), François Hollande et Lionel Jospin (35%), François Bayrou (33%), Laurent Fabius (29%), Dominique de Villepin (27%) et Jean-Marie Le Pen (11%).
Au-delà de ces résultats d'ensemble, les opinions sont fortement structurées en fonction des sympathies politiques des interviewés, ce qui invite fortement à examiner les réponses selon cette grille d'analyse.
Auprès des sympathisants de droite, deux personnalités se détachent très nettement : Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo qui bénéficient tous deux de la confiance de 70% des sympathisants de droite. Viennent ensuite, à niveau moindre, Dominique de Villepin (51%) et François Bayrou (43%).
Les sympathisants de gauche placent quant à eux en tête Ségolène Royal (79%), suivie de Jack Lang (57%), François Hollande et Lionel Jospin (53%).
Ces résultats extrêmement clivés montrent à quel point cette question, véritable enjeu de société, constitue désormais, à l'aube de la campagne de l'élection présidentielle, un enjeu éminemment politique.
Le recours à la sphère publique est jugé salutaire
L'immense majorité des Français (83%) se disent favorables à une intervention plus forte des pouvoirs publics pour encadrer le prix des loyers et des transactions pour faire face aux difficultés actuelles du logement. La gravité de la situation semble telle que le recours à l'interventionnisme public est plébiscité. Fait notable, avec de légères nuances, cette opinion est partagée par toutes les catégories de la population sans exception.
Parce que la confiance est plus forte dans les échelons locaux que l'échelon national, ce sont les collectivités locales qui sont désignées par 42% des Français pour se charger d'encadrer le prix des loyers et des transactions immobilières, l'Etat recueillant quant à lui des faveurs de 32% de la population.
Si cette proposition recueille une adhésion aussi massive, c'est parce qu'elle est perçue comme « une bonne chose car cela permettra d'accèder plus facilement à un logement » par 74% des interviewés, seul 16% considérant que « c'est une mauvaise chose car cela constitue une atteinte à la liberté du marché et au droit de propriété ».