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La situation politique à Lyon
dans la perspective des élections municipales
Le 1er Juillet 2000 - À
huit mois des élections municipales de mars 2001, la gauche peut emporter la ville
de Lyon dirigée aujourd'hui par Raymond Barre qui n'est pas candidat à sa propre
succession : tel est le principal enseignement du sondage réalisé par la
SOFRES pour le Figaro-Magazine du 20 au 22 juin 2000 auprès d'un échantillon de
800 électeurs représentatif du corps électoral lyonnais.
Gérard COLLOMB, candidat pour
la quatrième fois à la mairie de Lyon, pourrait bien cette fois s'installer dans
le fauteuil de maire de la ville. Il se présente à la tête d'une liste d'union
réunissant la quasi totalité des forces de gauche : socialistes, communistes,
verts. et rassemble dès le premier tour entre 41 % et 42 % des voix soit une progression
de 15 points par rapport aux résultats de 1995.
Inversement à droite, la situation
est particulièrement confuse avec quatre listes en lice qui se disputent la même
part du gâteau. Sont en effet candidats, sous l'étiquette droite :
- Michel MERCIER, UDF, Président
du conseil général du Rhône qui a reçu l'investiture officielle de l'UDF.
- Henry CHABERT, député RPR proche
de l'ancien maire Michel NOIR dont les listes en 1995, avec 26 % des suffrages
avaient sérieusement concurrencé les listes de Raymond Barre (30 %) mais qui depuis
sa mise en examen en février a vu sa cote de popularité dégringoler.
- Jean-Michel DUBERNARD, député
RPR, chirurgien spécialiste des greffes de la main qui a passé une alliance avec
Christian Philip UDF, adjoint au maire.
- Enfin, Charles MILLON, ancien
ministre, député de l'Ain, très contesté depuis son accord avec le Front national
pour conserver la présidence du Conseil régional.
Cette multiplicité des candidatures,
loin de renforcer le potentiel électoral de la droite modérée, ne rassemble qu'entre
45,5 % et 46,5 % des suffrages selon les hypothèses contre 56 % en 1995 pour les
listes Barre et Chabert. A cette situation
complexe se greffe une autre inconnue : à qui le RPR apportera-t-il son soutien,
le cas de Lyon n'ayant pas été tranché ?
Cet aspect n'est pas sans conséquence :
la SOFRES a testé successivement trois cas de figure : soutien du RPR à Henry
Chabert, soutien du RPR au couple Dubernard / Philip, et enfin, soutien du RPR
à Michel Mercier. Dans les trois cas, la liste qui bénéficie du soutien RPR devance
les deux autres : ainsi Michel Mercier recueille 8 % des voix s'il est uniquement
soutenu par l'UDF tandis qu'Henry Chabert soutenu par le RPR en recueille 14 %,
MM. Dubernard et Philip 11,5 % et Charles Millon 12 %. Lorsque M. Mercier est
également soutenu par le RPR il recueille alors 15 % des voix devant les trois
autres listes : 11 % pour Ch. Millon, 10,5 % pour MM. Dubernard/Philip et
10 % pour H. Chabert.
L'hypothèse d'une candidature
d'Anne-Marie Comparini n'apparaît pas comme la panacée pour rassembler les voix
de droite : Madame Comparini recueille 30 % des voix et M. Millon 15,5 %
dans l'hypothèse où les autres candidats de droite se laisseraient convaincre
de se retirer.
Dernier élément, le Front national
ne semble pas en position de se maintenir au second tour. Il se situe dans l'enquête
juste ou légèrement en dessous de la barre des 10% .
Dans ce contexte d'émiettement
de la droite modérée et en situation de duel au second tour, Gérard Collomb pourrait
donc l'emporter : il ferait jeu égal avec Michel Mercier et Anne-Marie Comparini,
et devancerait de peu Henry Chabert et le duo Dubernard-Philip (51% contre 49%).
La compétition pour la désignation
du maire de la deuxième ville de France reste toutefois ouverte. La droite peut
se ressaisir en cas de retrait de certains des candidats actuellement en lice
et bénéficier ainsi d'un surcroît de notoriété et de légitimité qui pourrait faire
la différence dans une situation serrée et dans une ville, rappelons-le, sociologiquement
de centre-droit. Dans le même temps, le retrait de certains candidats - notamment
de l'ancien Président du Conseil Régional - pourrait profiter au candidat du Front
national et offrir ainsi une triangulaire au second tour favorable au candidat
de la gauche plurielle. Une chose est sûre : la poussée de la gauche dans
une ville détenue depuis longtemps par le centre-droit ne souffre d'aucune contestation
et vient confirmer l'évolution enregistrée depuis les municipales de 1995.
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