Le 30 novembre 2006 - « Les Enjeux du Quotidien », réalisés par TNS Sofres pour l'EPIQ, sont une série d'études traitant de sujets se situant au coeur de l'actualité et des préoccupations quotidiennes des Français. Ce 5ème volet de la saison 2006 porte sur le temps libre. Il est publié dans les titres de Presse Quotidienne Nationale, Régionale, urbaine gratuite et la presse hebdomadaire régionale. Principaux enseignements de cette étude : les Français pensent que la société dispose aujourd'hui det plus de temps libre qu’avant ; 62% des Français se disent satisfaits de la manière dont ils occupent leurs journées ; plus de deux tiers des Français jugent avoir assez de temps pour se livrer à leurs occupations ; la nature et la famille constituent deux domaines privilégiés pour un hypothétique temps libre ; enfin, l'amélioration des conditions de rémunération est préférée à l'augmentation du temps libre.
Les Français pensent que la société dispose de plus de temps libre qu'avant
Aujourd'hui, 7 personnes interrogéessur 10 pensent que les Français ont plutôt plus de temps libre qu’avant (contre 25% qui estiment qu'ils disposent de moins de temps libre). Cette vision de la répartition du temps est inégalement partagée dans la population, avec des distinctions repérables en termes de niveau de vie, d’âge et de taille du foyer principalement.
Ainsi, les individus aux revenus modestes sont 62% à penser que les Français ont plus de temps libre qu’avant. Cette proportion va croissant avec le niveau de revenu pour atteindre 84% des personnes dont les revenus sont les plus élevés. De même, plus les Français sont âgés, plus ils partagent ce sentiment (49% des 15-24 ans et 77% des 60 ans et plus). Cependant, plus la taille du foyer augmente, moins le temps libre est ressenti (76% des foyers d’1 personne, 59% de ceux de 5 personnes et plus).
Sur le plan géographique, les habitants de la Bretagne (80%), du Limousin (75%) et de Rhône-Alpes (75%) pensent dans une large majorité que les Français ont plutôt plus de temps libre qu’avant alors que ceux de l’Auvergne (65%), de l’Alsace (62%) et du Nord-Pas-de-Calais (56%), sont plus en retrait sur cette question.
Une satisfaction globale concernant la gestion personnelle du temps
62% des Français sont satisfaits de la manière dont ils occupent leurs journées, que celles-ci soient bien remplies ou qu'elles leur laissent beaucoup de temps libre (contre 37% qui en sont insatisfaits). 56% des Français s’estiment très occupés dont 35% sont satisfaits de leur situation (44% des artisans, commerçants, chefs d'entreprise, 47% des Cadres et Professions Intellectuelles) alors que 21 % se sentent souvent débordés (28% des 35-49 ans, 28% des ouvriers, 29% des employés et 30% des habitants du Nord-Pas-de-Calais).
A l'inverse, 43% trouvent qu'ils ont beaucoup de temps libre , dont 27% disent en profiter (37% des 60 ans et +) mais 16% n'en profitent pas vraiment (20% des 15-24 ans et 20% des habitants de PACA).
Plus de deux tiers des Français jugent avoir assez de temps pour se livrer à leurs occupations
Les Français estiment que dans la vie de tous les jours, ils ont suffisamment de temps pour s'occuper de leurs enfants (73 %), pour leurs activités domestiques (70%), pour s'occuper d'eux-mêmes et pour leur vie de couple (68%), pour leurs amis (66%) et pour leurs loisirs (61%).
À noter que les personnes ayant un ou plusieurs enfants âgés de 0 à 14 ans sont dans une moindre mesure satisfaites du temps dont elles disposent pour leur vie de couple (55%).
La nature et la famille : deux domaines privilégiés pour un hypothétique temps libre
Si les Français avaient plus de temps libre, 55% préféreraient le passer hors de chez eux tandis que 43% préféreraient le passer chez eux, que ce soit en famille, avec des amis ou seul. 35% souhaiteraient se promener ou être en contact avec la nature, 13% se rendraient davantage dans des lieux culturels, 4% dans des lieux conviviaux (cafés) et 3% se consacreraient au shopping.
Quant à ceux qui préféreraient passer ce temps libre chez eux, c'est essentiellement pour profiter de leurs proches (27%) et dans une moindre mesure, de leurs amis (12%).
En termes d'activités, et toujours dans l'hypothèse où les Français auraient davantage de temps libre, 35% préféreraient voyager, 27% faire du sport, 23% bricoler, jardiner. Suivent la lecture (16%), les rencontres (13%) et l'activité associative et bénévole (13%), devant des activités plus personnelles et plus casanières : écouter de la musique (9%), s'occuper de soi (9%), se reposer (8%), faire la cuisine (7%), regarder la télévision (6%).
L'amélioration des conditions de rémunération est préférée
à l'augmentation du temps libre
Six ans après le début de la mise en place des 35 heures et dans un contexte où les questions de pouvoir d’achat sont exacerbées, l’arbitrage des Français entre temps et argent penche majoritairement en faveur du second.
Parmi les actifs, 57% préfèrent une amélioration des conditions de rémunération , et 39% une réduction de leur temps de travail. Des différences existent selon le sexe : 60% des actifs masculins choisissent l'amélioration des conditions de rémunération, contre 54% des femmes actives.
De même, il existe des distinctions selon l'âge : 74% des 15-24 ans privilégient également l'amélioration des rémunérations. Les actifs de plus 50 ans semblent plus partagés que les jeunes : 51% choisissent de meilleures rémunérations, 42% une réduction du temps de travail.
En ce qui concerne la différence de perception selon le type de secteur , les fonctionnaires de l'Etat et collectivités locales se distinguent des autres salariés. Ils sont 62% à privilégier l'amélioration des conditions de rémunération à une réduction de leur temps de travail. Cette proportion descend à 57% pour les salariés d'entreprises privées et à 53% pour les salariés d'entreprises publiques.
Des différences régionales sont également perceptibles : l'Alsace et l'Auvergne sont très partagées sur la question (49% pour une réduction du temps de travail, contre 51% en faveur d'une augmentation de rémunération pour l'Alsace, 50-50 pour l'Auvergne). D'autres régions, comme Poitou-Charentes, PACA et Midi Pyrénées, sont davantage que la moyenne favorables à l'amélioration des conditions de rémunération (respectivement 79%, 66% et 65%).
Brice Teinturier